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Echec annoncé

30 juillet 2008, 00:00

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<B>Par Nico PANOU</B>

Les discussions à Genève sur l?avenir du commerce international ont piétiné. Les délégations des pays représentés à l?Organisation mondiale du commerce (OMC) n?ont finalement pas réussi à trouver un terrain d?entente. A quelques heures de la fin des discussions, les divergences se sont faites de plus en plus profondes. Des observateurs de cette situation disaient que les chances de succès du cycle des discussions de Doha étaient minces. L?accord souhaité par l?OMC avant la fin de la journée n?est pas arrivé.

Bien que l?on aurait souhaité partager avec le ministre des Finances, son exubérance de la fin de la semaine dernière, le réalisme nous dicte la conduite à tenir. Alors que la majorité des pays ? développés, émergents ou en développement ? campaient toujours sur leur position, et que le directeur de l?OMC, Pascal Lamy, s?évertuait à les maintenir à la table des négociations, la délégation mauricienne savourait sa victoire. Victoire dans quel domaine ? A moins que Maurice n?ait décidé de se dissocier du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP) auquel le pays appartenait jusque-là.

Les enjeux de Maurice sont énormes. L?avenir des produits d?exportation du pays, à savoir le textile, le sucre et les produits de la mer, en dépend. Le but des négociations est de baisser les barrières tarifaires et d?éliminer les subventions sur les produits agricoles et manufacturiers. L?institution compte libéraliser les échanges mondiaux et établir entre pays pauvres et pays riches, un commerce équitable.

Les pays du groupe ACP, dont le ministre des Finances a même coordonné les séances de travail à Genève, réclament une suppression des subventions versées par les pays développés à leurs agriculteurs. D?autre part, ils désapprouvent l?ouverture du marché de l?Union européenne aux produits agricoles venant des pays de l?Amérique latine. Ces pays craignent une concurrence féroce sur le marché européen des produits en provenance de l?Amérique latine. Les entreprises de ces pays sont nettement plus compétitives que celles des pays africains, pour diverses raisons. Au nombre d?elles, le coût relativement faible de la main-d??uvre. Espérons qu?à Genève, la raison l?emporte sur la passion, et que Maurice, en tant que pays du groupe ACP, tire son épingle du jeu.

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