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Désordre public

4 février 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN </B>

Le thème de l?insécurité occupait déjà une place importante dans le débat public. Au vu des événements survenus ces derniers jours, on peut penser que le pays est maintenant engagé dans une escalade préoccupante. Entre la spectaculaire irruption de huit bandits dans le poste de police d?Abercrombie et la bagarre sanglante qui a opposé deux clans à Olivia une semaine plus tard, diverses formes de violence, allant jusqu?à l?assassinat, ont été enregistrées en sept jours. La préoccupation du public est légitime.

Les discours officiels tiennent désormais compte de l?aggravation du phénomène. Coup sur coup, lors de ses trois dernières sorties publiques, le Premier ministre a tenu à faire état de la paix et l?ordre publics. Les deux premières fois, il a annoncé sa détermination à prendre des mesures fortes pour contrôler la situation. Puis, vendredi dernier au Morne, il a affirmé que «mo ena tou lintensyon mat sa problem law and order la. Mo ena tou l?intention, mwa personelman». Il évoque une révision du «Bail Act» pour prévenir la récidive. Il réclame des changements structurels au sein de la police. Il demande que davantage de policiers soient munis d?une arme. Manifestement, le Premier ministre ne considère pas que la situation actuelle est sous contrôle.

Le commissaire de police reconnaît également l?existence de problèmes liés à la criminalité organisée. Lors d?une de ses très rares rencontres avec la presse, il a annoncé, mercredi dernier, une réorganisation des forces de l?ordre impliquant le redéploiement de pas moins de 225 effectifs. Sa rencontre avec la presse est en soi exceptionnelle. On se souvient qu?il n?avait pas réagi même quand le Bureau des statistiques avait fait le constat suivant en août dernier : ?The number of homicides and related offences in the Republic increased by 13,4 %? and sexual offences edged up by 33, 8 %...?

Le commissaire Ramanooj Gopalsingh ne peut, pour autant, assumer seul la responsabilité de la dégradation de la situation. Le moins qu?on puisse dire, c?est qu?il n?a pas été soutenu par les dirigeants politiques depuis l?arrivée des travaillistes au pouvoir. D?abord, il y a eu la réhabilitation de Prem Raddhoa, ancien n° 1 de la «Major Crime Investigation Team», un acte qui a amoindri l?autorité du commissaire et alimenté une grande frustration chez lui. Ensuite, la dissolution de deux unités de la police, l?«Anti-Piracy Unit» et la Police des Jeux, décision qui aurait profondément «irrité» le commissaire. Finalement, il y a le sentiment d?impuissance qu?éprouvent le commissaire et les policiers sur le terrain devant les ingérences des politiciens à chaque fois qu?un activiste proche du pouvoir est interpellé.

Si la tendance actuelle n?est pas inversée, le thème de l?insécurité sera sans doute au c?ur de la prochaine campagne électorale. Seule la baisse du pouvoir d?achat pourrait inquiéter les électeurs davantage que la hausse de la criminalité.

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