Publicité

Déblocage régional

14 janvier 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le concept était pertinent, l?initiative louable mais, après 20 ans d?existence, force est de constater que le fonctionnement et les objectifs de la Commission demandent à être revus. Un certain respect sacramentel du principe de la régionalisation a amené les Etats de l?océan Indien à mettre en place la Commission de l?océan Indien (COI). Or, depuis quelques années déjà, il a été constaté que cette institution fonctionnait en dessous de ses possibilités. Des membres du comité des sages de la Commission le soulignent à juste titre dans la présente édition. S?il est vrai que quelques initiatives, prises ici et là, et quelques sollicitations la légitimisent dans son rôle, il n?en demeure pas moins que la COI est aujourd?hui à la croisée des chemins.

A la croisée des chemins comme tous les blocs régionaux surtout ceux dont le rayonnement ne peut en aucun cas rivaliser avec les blocs puissants et influents. L?apparent immobilisme de la politique régionale des pays de la zone n?a fait qu?affaiblir la COI. L?histoire nous enseigne que sans une forte volonté politique, les stratégies de regroupement ne demeurent au mieux que des v?ux pieux. C?est ainsi que le discours sur une identité indiaocéanique est demeuré jusqu?ici très différent d?une île à l?autre. Il y a eu, à cet effet, un réflexe économique, une motivation en affaires qui ont sabordé la réflexion sur la question identitaire.

L?histoire nous enseigne aussi que, sans quelques Etats fonceurs, les blocs arrivent difficilement à se constituer et encore moins à démontrer leur fonctionnalité. Aujourd?hui, et cela met en exergue tout l?égoïsme qui a caractérisé les dirigeants régionaux qui ne s?illustrent que par des soucis nationalistes et par un manque flagrant de conviction dans le concept de la régionalisation, tous ces dirigeants vendent l?océan Indien comme une passerelle. L?évolution de la situation politique à Madagascar a également servi de coup de fouet. Subitement, on réalise qu?il y a une synergie régionale qui est possible.

Il s?agit, dans ce contexte, de relever un défi qui est celui d?inventer une communauté? Tant aux plans identitaire, économique que culturel, entre autres. Cette idée-là est-elle envisagée? Dans ce que nous disent les membres du comité des sages, l?espoir est permis. Le modèle démocratique s?étend d?une île à l?autre de la région. Des figures régionales peuvent de plus en plus jouer aux médiateurs dans les conflits politiques qui pourraient exister au sein d?une île de la zone. Les conditions semblent graduellement se réunir pour un avenir océan Indien. Désormais, il importe de faire la démonstration d?un esprit de solidarité tout en mettant l?accent sur une nécessaire intégration économique.

Il importe de sortir de la simple logique originelle du symbole pour un partenariat effectif. Le principal obstacle jusqu?ici a été une volonté vacillante. Les spécificités de la région font que les modèles étrangers de regroupement auront peu de pertinence pour l?océan Indien. Il n?est ici ni question d?élargissement ou de droit d?intervention? Il importe davantage de parler d?un déblocage de mentalités pour que le bloc régional devienne une réalité. Que cette nouvelle communauté, qui a en commun tant de références identitaires, culturelles et sociales, témoigne d?une dynamique qui nous permette de nous inscrire dans des projets plus ambitieux et de traiter un peu plus en égaux avec d?autres zones, influentes ou non. En un mot, il s?agit de croire en une destinée régionale.

Publicité