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Duval ne rira pas des malheurs du MMM
Au tour de Gaëtan Duval de se prêter au jeu des questions de la presse indépendante, en ce lendemain, non pas de Fête du Travail avec meetings publics mais sans briani, mais de rencontre en catimini de Boodhoo/Beedassy avec SSR/SVR, chez Ringadoo, aux Quatre Bornes.
Gaëtan Duval refuse de prendre un malin plaisir d?assister à la cassure du MMM. Il se souvient trop bien de la profonde souffrance éprouvée par lui de voir son PMSD se désagréger, en 1973, et surtout de voir le ravissement de ses adversaires et détracteurs, dont un certain Paul Bérenger, devant l?écroulement de son PMSD. Il ne trouve pas la force de rire des malheurs de Bérenger, perdant pratiquement un militant sur deux et passant du fauteuil de grand argentier à celui de chef de l?Opposition.
Duval rappelle qu?il avait prédit, à RFO, que Bérenger ne pourrait pas travailler avec le PSM d?Harish Boodhoo. Ils ont des méthodes de réfléchir et de travailler trop différentes, pour ne pas dire incompatibles. Leurs philosophies diffèrent. Le communalisme s?est greffé sur leurs divergences. Des militants se sont vantés devant Duval : Péna simin ki Juddoo ek Utchanah quittent Bérenzer ! Ils l?ont pourtant fait. Vishnu Lutchmeenaraidoo vote l?expulsion du PSM du gouvernement et le lendemain se rallie à un gouvernement MSM-PSM, pour occuper le fauteuil ministériel de Bérenger, son ancien leader. Pour Duval, ce sont des choses inacceptables, même en politique, même à Maurice.
Il dit avoir longtemps cru que les militants, pour avoir lutté si longtemps ensemble, pendant les années de braise, formeraient un bloc monolithique incassable. Il a suffi de seulement neuf mois et de deux crises pour étaler, au grand jour, leur extrême vulnérabilité.
Ce que craint davantage Gaëtan Duval c?est le manque totale de confiance de la population en l?ensemble de la classe politique qui en résultera. Qui peut lui donner tort à ce propos ? Cette façon de faire peut favoriser des tentations dictatoriales et même une perte de confiance dans le principe même de la démocratie.
Duval est favorable à de nouvelles élections législatives car il est toujours souhaitable de rendre à l?électorat son droit souverain de choisir librement ses représentants à la législature. Mais il n?entend pas pour autant bousculer outre mesure Anerood Jugnauth qui s?efforce tant bien que mal d?agir pour le mieux, en des temps bien difficiles. Mais si Jugnauth pense qu?il est préférable, en de telles conditions, de convoquer de nouveau aux urnes les électeurs, il ira au-devant d?une des plus chères aspirations de Gaëtan Duval. Ce dernier précise même qu?il n?y a rien de plus « dégueulasse » que de devoir siéger dans un Parlement où le Premier ministre et le chef de l?Opposition ont des comptes personnels à régler aux dépens des intérêts majeurs de la nation. (N.B. : Ce n?est pas le moment de faire semblant de dormir, Gaëtan !)
Le PMSD ne change pas. C?est là son principal défaut. C?est là sa principale qualité. Depuis 1970, il ne cesse de répéter que Maurice a besoin de la plus vaste coalition nationale possible, pour susciter le plus grand enthousiasme au sein de la population.
Le 11 juin 1982, Duval et SSR ont reçu la raclée électorale de leur longue carrière politique. Ils n?ont plus d?ambitions démesurées. Aux prochaines législatives, une chose est certaine, il n?y aura pas de Groupe Eliézer François, ni de RPL, pour empêcher la réconciliation PTr/PMSD, attendue par tous. Et l?élection partielle municipale de Beau-Bassin III le prouvera à tous. A Vacoas, le PTr n?espérait pas faire un score aussi honorable (une défaite par seulement 90 voix) après sa raclée du 11 juin 1982.
Le PSM est un parti du Centre aux yeux de Duval. Il est même plus proche du PTr que de Jugnauth. Si ce dernier situe son MSM à la gauche du MMM, il perd toute chance de s?allier avec le PSM, avec le PTr et a fortiori avec le PMSD. (Et pan ! pour les Travaillistes voulant se situer à... gauche du MMM de Paul Bérenger).
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