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D?un collège à l?autre

12 janvier 2008, 00:00

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D?un collège à l?autre

<B>Par Patrick HILBERT</B>

«World Class Quality Education.» Le terme est devenu un leitmotiv dans les discours du ministre de l?Education. Mais entre ce qui est dit par les politiciens et ce qui se pratique en réalité, il y a parfois un fossé infranchissable. C?est malheureusement le cas au niveau de l?éducation secondaire. La disparité entre le public et le privé est énorme. Elle démontre que l?inégalité des chances est une criante et triste vérité dans nos collèges.

Entre l?enfant qui entre dans une école secondaire appartenant à l?Etat et celui qui se retrouve dans un établissement opéré par le privé, les grands pontes de la République ont fait leur choix. Actuellement, l?Etat dépense en moyenne un peu plus de Rs 33 000 pour un jeune qui poursuit son éducation dans un collège d?Etat alors que son camarade qui va dans le privé non-payant ne vaut aux yeux de l?Etat que Rs 20 000 en termes de subventions.

Faut-il en conclure que nos enfants n?ont pas la même valeur ? Alors que l?éducation est l?outil d?inclusion par excellence, voilà encore une preuve qu?elle est utilisée comme une arme d?exclusion. Après les terribles examens de fin du premier cycle scolaire, qui ont pour vocation première de départager les meilleurs des moins bons, voilà que ces derniers se retrouvent sur les bancs de collèges qui n?en ont que le nom. Alors qu?ils auraient dû avoir un meilleur soutien pour pouvoir recoller avec les autres, on les condamne une fois de plus à rester derniers du peloton. Depuis 2003, le ministère de l?Education sait, grâce à un rapport effectué par le «Management Audit Bureau» (MAB), que 13 collèges sont «substandards» et 10 autres ne sont pas aux normes minimales. D?autres encore s?en sortent avec justesse. Certes, deux ou trois d?entre eux ont mis la clé sous le paillasson, mais les autres sont toujours là et fonctionnent dans les mêmes conditions. Ensemble, ils abritent plusieurs milliers d?étudiants. Ce que demandent les managers n?est pas déraisonnable. Ils veulent ni plus ni moins que leurs collégiens soient traités de la même façon que ceux des «State Secondary Schools» en instaurant la parité entre les deux types d?enseignement. Une requête boudée par les ministres de l?Education successifs. La Fédération des managers des collèges privés soupçonne le ministère d?attendre patiemment que ces établissements meurent d?une mort lente par souci d?économie. Elle a le sentiment que le ministère pense que payer une compensation au propriétaire d?un collège ayant atteint le seuil critique de 175 étudiants coûte moins que de financer le départ de celui qui en a 350. Si tel est vraiment le cas, les autorités éducatives se trompent lourdement. Dans un autre rapport, datant de l?année dernière celui-là, le MAB avance que «les coûts pour financer la fermeture d?une école substandard coûterait moins que de payer des subventions à ces écoles sur le long terme». Cela fait qu?il est «impropre que des fonds publics soient utilisés pour garder ces écoles vivantes». Et pour bien enfoncer le clou, les rédacteurs du rapport précisent que les «étudiants de ces collèges sont profondément pénalisés» et qu?il s?agit ici d?une «discrimination innée». La vérité dort dans un tiroir.

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