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Du rêve au cauchemar?

28 août 2004, 20:00

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En Une aujourd?hui, une actualité chasse l?autre : après l?euphorie d?Athènes, place à l?horreur à St-Paul.

Aujourd?hui, nos héros nationaux, Stéphan et Jonathan, retournent au pays, après nous avoir fait chavirer de bonheur. Mais la fête est gâchée?L?Etat est bouleversé, en état de choc.

Pourtant la semaine écoulée a été des plus exaltantes. Scotchés devant nos écrans de rêve télévisé, nous avons tous vibré ensemble, dans une rare extase nationale. Et du coup, le pays s?est requinqué, nous avons oublié la mélancolie quotidienne, notre déprime économique.

Buckland et Chimier, Milazar aussi, le temps d?une course ou d?un saut, ont chassé les images ternes qui nous habitaient : celles des scènes de licenciement dans la zone franche, des menaces internationales qui guettent notre sucre et notre textile. Nos champions ont aussi ? et surtout - superbement mis en veilleuse les sempiternels aboiements de nos politiciens, qui préparent activement les prochaines législatives.

Le sursis a pris fin vendredi, de manière abrupte. Alors que le doute subsiste quant à l?origine de la terrible explosion de Grand-Baie, un nouveau drame vient nous abattre. Sans le savoir, une dizaine de jours durant, le paisible quartier de St-Paul abritait un charnier, où se décomposaient dix cadavres?du jamais vu à Maurice. Personne n?arrive encore à expliquer ce qui a bien pu se passer entre les quatre murs de cette maison, à l?allure banale.

Après les thèses contradictoires de Grand-Baie (et ses dégâts collatéraux), les autorités jouent la carte de la prudence. Le Premier ministre, d?habitude prompt à tout commenter, ne tente aucun commentaire, si ce n?est quelques mots de sympathie pour les proches des victimes de ce terrible drame.

Et alors que la population s?interroge, la guerre des chiffres économiques reprend de plus belle, sur toile de fond d?une campagne électorale, qui a déjà démarré. Paul Bérenger et Pravind Jugnauth ont d?autres préoccupations: blanchir un tableau qu?ils ont eux-mêmes noirci de leurs déclarations les unes plus alarmistes que les autres. Au même moment, Navin Ramgoolam rajoute une couche de peinture « dramatique » pour dépeindre notre économie. A chacun ses chiffres, ses explications, son objectif?

Rideau rêve sur le rêve, réveillons-nous, nous faisons face à la dure réalité, avec son lot de contradictions politiques, de découvertes macabres?Ainsi va la vie : le bonheur, aussi éphémère soit-il, c?est le répit dans les inquiétudes.

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