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Drôles de dames…

24 juin 2004, 20:00

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Mesdames, si vous vous ennuyez à la maison. Rejoignez une association féminine. En tout cas celles qui l’ont fait à Case-Noyale ne le regrettent pas. Leurs après-midi et leurs week-ends sont partagés entre de bons moments de détente et le sport. Eh oui ! Les dames savent bien taper dans un ballon de football ou lancer des boules.

Les rayons du soleil caressent agréablement la peau en cette fin d’après-midi d’hiver.Des rires fusent à l’arrière du centre communautaire où un boulodrome a été aménagé. Surprise ! Il n’y a point d’hommes. Quelques dames, membres de l’association féminine de Case-Noyale s’activent sur le boulodrome. Elles attendent leur pour lancer la boule.

Liseby Langue se tient debout dans un cercle. Elle tient fermement deux sphères d’acier dans ses mains. Elle a le regard fixé sur la petite boule expédiée à quelques mètres devant elle. La concentration est de mise. Mais les commentaires ne manquent pas alors que le photographe tente de fixerce geste sur pellicule “To pou dan zournal demain”, lance l’une d’entre elles. Et encore une fois, c’est le fou-rire.

“To net fourni rié toi”, ajoute une autre à l’intention de son amie Gina Dessalles. Le lancer de Liseby est presque parfait. Mais chacun essaie de faire mieux. Le groupe n’est pas au complet cet après-midi. Les contraintes familiales en sont pour quelque chose.

Il y a quand même Pamela Lahache, Loraine Reine de Carthage, Véronique et Thérèse Dessalles. Marie-Violette Dessalles, présidente de l’association, est aussi présente. “Non, je ne veux pas jouer aujourd’hui. Les gens vont voir comment je suis habillée et ce n’est pas une tenue pour jouer à la pétanque”, dit-elle. Son élégance l’empêche d’être sur le boulodrome car elle s’est endimanchée. Elle ne veut même pas être dans la photo-souvenir malgré l’insistance de ses amies.

Les 27 membres de cette association ont entrepris des démarches auprès de l’International Fund for Agricultural Development pour construire le boulodrome. La détermination et le désir d’apprendre ont fait le reste. “Nous voulions savoir jouer. Alors nous avons demandé conseil aux hommes. C’est très simple et combien agréable !” commente Loraine.

Les boulistes hommes répondent positivement à l’appel de l’association féminine. Grâce à quelques parties mixtes, les femmes apprennent vite la leçon. “ J’ai regardé attentivement comment font les hommes et ensuite je les ai imités”, déclare Véronique.

Liseby est la meilleure aux yeux de ses amies. Son aisance ne laisse aucun doute quant à son potentiel. D’ailleurs, ce n’est pas sur un coup de chance qu’elle a décroché une médaille aux Jeux de l’Ouest.

L’appétit vient en mangeant. Une partie de pétanque entamée est difficile à arrêter. Il faut penser aux enfants. Une partie qui débute à 16 h 30 se termine forcément vers 17 h 30. Mais avec regret. “S’il n’y avait pas le repas à préparer, nous aurions pu rester jusqu’à fort tard”,dit Gina.

Le temps a fait son oeuvre. Il est faux de croire qu’il faut avoir des jambes de 20 ans ou encore être un homme pour jouer au foot. Véronique et quelques amies le prouvent sur le terrain du village. Quand le temps le permet, elles n’hésitent pas à chausser les crampons. Il ne faut pas croire, non plus ,que les associations féminines n’organisent que des causeries. Outre le sport, des excursions ont aussi la part belle dans leurs activités.

Quoi qu’il en soit, avec ces drôles de dames, la thérapie du rire est souvent pratiquée. Elles en font chaque jour la contagieuse démonstration.

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