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Droit de grève : les syndicats s?opposent au bulletin secret

3 septembre 2007, 00:00

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Les syndicalistes se mobilisent pour contester certaines dispositions de l?Employment Relations Bill (ERB) et l?Employment Rights Bill. C?est plus particulièrement la clause ayant trait au droit de grève qui met les syndicalistes en rogne. Pour qu?une grève soit déclarée légale, il faudra à l?avenir que la majorité des membres d?un syndicat décide de le faire par bulletins secrets au lieu de la voie de mains levées. Pour organiser une grève, il faudra qu?elle soit plébiscitée par plus de 50 % des membres d?un syndicat, d?après les dispositions de l?ERB.

Une pratique qui, selon les syndicalistes, est susceptible de décourager les travailleurs à faire grève. Pour eux, il faudra que les syndicalistes aient le droit de déclencher une grève de façon spontanée. L?Employment Relations Bill stipule que le ministre du Travail et des relations industrielles doit être préalablement informé de la tenue d?une grève dix jours à l?avance.

Les dirigeants des 13 fédérations syndicales qui se sont réunis, samedi, à l?Unity House, à Beau-Bassin ont pris la décision de mettre sur pied deux comités pour analyser les deux projets de loi qui remplaceront l?Industrial Relations Act et le Labour Act. Ces deux comités présenteront leurs propositions au gouvernement au plus tard le 12 octobre prochain dans un mémoire.

En attendant, les dirigeants syndicaux ont pris la décision de déposer une protestation officielle au Bureau international du travail (BIT) et à l?International Trade Unions Confederation. Ils vont demander à ces deux instances de prendre position contre le fait que l?organisation d?une grève devrait à l?avenir être votée par voie de scrutins secrets.

Dans une déclaration à l?express, hier, Radhakrishna Sadien, président de la Governement Servant?s Association (GSA), a déclaré que l?article ayant trait à l?organisation d?une grève est ambigu. ?Il faudra une majorité absolue pour organiser une grève. Qu?est-ce que cela veut dire ? Est-ce que cela veut dire que cela concerne uniquement les travailleurs qui sont syndiqués ou tous les travailleurs ?? se demande le président de la GSA. Le syndicaliste n?apprécie pas non plus le fait que le Premier ministre aura la prérogative de faire avorter une grève. Le chef du gouvernement peut, par exemple, avoir recours à une injonction pour stopper une grève s?il juge qu?elle mettra en péril l?intérêt supérieur du pays.

Son point de vue est partagé par Cassam Kurreeman, président du Mauritius Labour Congress. Pour lui, les procédures pour organiser une grève deviennent plus difficiles car le gouvernement peut effectuer une demande à un tribunal pour le maintien d?un minimum de service dans le pays en cas de force majeure, surtout en ce qui concerne les services de santé et de sécurité intérieure. Le syndicaliste annonce aussi qu?il entend protester contre le fait que pour créer un syndicat il faudra maintenant 30 membres au lieu de sept.

<B>?Plus dangereux que l?Ira?

Réagissant à la publication de l?ERB, l?ancien ministre du Travail et des relations industrielles, Showkutally Soodhun, a déclaré que ce projet de loi est ?plus dangereux? que l?Industrial Relations Act de 1973. ?Cette loi attaque directement la démocratie industrielle.? Selon lui, cette nouvelle loi va à l?encontre de la convention 87 du BIT sur la négociation collective car il encourage la classe patronale à discuter directement avec les travailleurs au lieu de passer par les syndicats.

?Une bonne relation industrielle n?a jamais existé sans les syndicats. C?est en fait une loi qui ne protège pas les syndicats.? L?ancien ministre du Travail déclare aussi que la nouvelle loi n?oblige pas un employeur à donner la raison pour laquelle il peut mettre à la porte un salarié pour avoir participé à une activité syndicale.

Parlant du droit de grève, il argue que les procédures pour aboutir à cette action syndicale deviennent plus longues et fastidieuses. ?C?est une véritable forme de dictature. Les travailleurs n?auront plus droit à la parole.?

Pour ce qui est de l?ERB, il trouve que cette loi devient ?plus flexible pour les patrons?. Désormais, dit-il, le dimanche sera considéré comme un jour de travail normal. Cette section impliquera l?amendement de l?Industial Expansions Act qui régit les conditions de travail dans la zone franche du textile.

Showkutally Soodhun conclut que cette loi n?encourage pas les travailleurs car elle ne fait pas provision pour une ?portable pension? et qu?aucune compensation n?est prévue pour tout renvoi injustifié. ?Insécurité d?emploi, stress au travail, méfiance permanente entre l?employeur et l?employé, voilà ce que cette loi prévoit.?

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