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DROGUE L’Afrique accro

29 juin 2006, 00:00

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L’Organe international de contrôle des stupéfiants, qui dépend des Nations unies, a rendu public son rapport annuel récemment, alors que la planète célébrait la Journée mondiale de la lutte contre la drogue. Celui-ci confirme la tendance mise en évidence dans le précédent : l’Afrique occupe une place grandissante dans les circuits du trafic de la drogue. La cocaïne d’Amérique du Sud à destination du marché européen, voire nord-américain, transite plus que jamais par le golfe de Guinée et l’Afrique de l’Ouest. En revanche, le document se montre moins alarmiste s’agissant de la consommation. La poudre blanche ne trouve de consommateurs que dans les villes et les centres touristiques. Mais les rapporteurs n’excluent pas un futur phénomène de contagion.

Le cannabis reste pourtant la drogue dont “la culture, le trafic et l’abus sont les plus répandus” sur le continent. Avec 12 000 t en 2004, soit 28 % du total mondial, l’Afrique est le deuxième producteur mondial de marijuana (l’herbe) après l’Amérique du Nord. Le Maroc détient pour sa part 40 % du marché mondial de la résine de cannabis. 80 % du hachisch fumé en Europe provient du royaume chérifien. Les auteurs du document soulignent toutefois que la lutte engagée par les autorités commence à porter ses fruits : les cultures illicites ont diminué de 10 % en 2004 et la superficie des terres consacrées au cannabis a été sensiblement réduite. Mais beaucoup d’efforts restent à faire pour convaincre les producteurs de choisir des cultures alternatives.

<B>Laboratoires clandestins</B>

En matière de psychotropes et d’amphétamines, 2005 aura été une très mauvaise année. L’Afrique du Sud conforte sa première place pour la consommation de Mandrax. Et certains produits sont désormais – c’est une nouveauté – fabriqués en Afrique du Nord. Trois laboratoires clandestins de production d’ecstasy et de diazépam ont ainsi été démantelés en Égypte. L’augmentation de la consommation de ce type de drogues concerne les cinq grandes régions du continent. Parallèlement à la production locale, des millions de comprimés de médicaments contrefaits en provenance d’Inde et de Chine sont écoulés annuellement en Afrique.

Le Bureau des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) a aussi que l’Afrique était devenue un point de transit pour le trafic de drogue, ce qui entraîne une hausse de la consommation de produits stupéfiants sur le continent.

Dans ce nouveau rapport, l’UNODC a affirmé que le continent, et notamment l’Afrique de l’Est, est rapidement devenu le foyer du trafic de cocaïne, de mandrax et d’autres substances chimiques élaborées en raison du manque de moyens de lutter contre les cartels de la drogue puissants.

Lors d’une conférence de presse, le représentant de l’UNODC, Carsten Hyttel, a déclaré qu’il y avait une augmentation du trafic de drogue dans toutes les régions d’Afrique, notamment au Kenya et au Maroc où d’importantes quantités sont saisies.

Il a précisé que les tendances sur le marché mondial de la drogue évoluaient dans le bon sens mais que les gouvernements devaient intensifier leurs efforts pour réduire l’offre et la demande.

Il a expliqué qu’en raison d’une surveillance accrue par les forces de l’ordre au Kenya, les trafiquants utilisent les pays d’Afrique de l’Ouest pour faire passer de la cocaïne depuis l’Amérique latine vers l’Europe et, dans une moindre mesure, vers l’Amérique du Nord, comme le montrent les saisies effectuées.

En 2004, les autorités kenyanes ont saisi 1,1 tonne de cocaïne, une quantité record qui suggère que les trafiquants utilisaient principalement l’Afrique de l’Est comme route de transit.

Ce changement des routes traditionnellement empruntées pour le trafic de drogue est attribué au renforcement des contrôles aux Pays-Bas et en Espagne, où la drogue circulait par tonnes.

M. Hyttel a souligné que même si la consommation de drogue restait limitée en Afrique, son augmentation était devenue une source de préoccupation.

En Afrique de l’Est, l’UNODC a noté d’importantes saisies à Nairobi, Dar es Salaam et Addis-Abeba, mais la qualité élevée de la drogue transitant par le Kenya est inquiétante.

“La qualité de l’héroïne transitant par le Kenya s’est considérablement améliorée ces dernières années, passant de l’ héroïne brune de mauvaise qualité à de la blanche”, a déclaré M. Hyttel.

Le rapport accorde une attention particulière au cannabis, la drogue la plus consommée au monde. Selon les estimations, 162 millions de personnes, soit 4 % de la population ayant entre 15 et 64 ans, en ont consommé au moins une fois en 2004.

Enfin, selon ce rapport, la production mondiale d’opium a diminué de 5 %, tandis que la production de cocaïne est restée stable.

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