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Drogue dans les collèges : Constat alarmant !

24 août 2007, 20:00

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Un collégien sur deux a déjà fumé ou a pris de l?alcool. Un élève sur cinq a déjà consommé du gandia, de l?héroïne ou d?autres psychotropes. Ce sont les conclusions d?un rapport («Youth Health Risk Behavior in Mauritius : prevalence and determinants») commandé par plusieurs ministères. L?enquête a été faite auprès de 1 000 jeunes en 2006.

Si ces chiffres peuvent paraître irréalistes, certains faits survenus ces dernières semaines attestent toutefois que la drogue se répand bel et bien dans nos collèges.

En début de semaine, un enseignant d?un collège d?Etat dans la région de Port-Louis a pris un élève en possession de substance illicite. Il a préféré ne pas signaler le cas à sa direction et l?affaire s?est arrêtée là.

Le mois dernier, cinq élèves ont été pris à l?arrière du Bambous State Secondary School (SSS) pendant qu?ils se roulaient des joints. L?affaire passe en cour le 20 septembre.

Le 22 juin, l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) a arrêté un enseignant de 27 ans de l?Emmanuel Anquetil SSS, à Mahébourg, pour trafic de drogue. Suspendu depuis, la police le soupçonne «de vendre également aux collégiens».

Said Ameerbeg, senior research officer au Mauritius Institute of Health et auteur du rapport susmentionné, n?est nullement étonné par l?envergure de la consommation de drogue en milieu scolaire. « Je suis la consommation de drogue depuis longtemps et les conclusions de mon rapport reflètent la réalité du terrain.»

<B>Riche ou pauvre Peu importe</B>

Au niveau des organisations non-gouvernementales, ce n?est pas la surprise non plus. «Le consommation est certainement en hausse. Concernant le gandia, la prolifération est en grande augmentation. Quant au brown sugar, il fait son chemin petit à petit dans nos écoles. Nous avons également constaté que les gens qui viennent chez nous pour se faire soigner sont de plus en plus jeunes», commente Imran Dhannoo, directeur du centre Idrice Goomany.

Contrairement aux idées reçues, le problème n?est pas propre à des régions spécifiques. «Cinq ans de cela, on pouvait dire que c?était l?affaire des villes et de alentours. Ces jours-ci, il n?y a plus de différence, même si c?est encore toujours un tout petit peu plus élevé en ville», constate Said Ameerbeg.

Rajen Chamroo, porte-parole de la Fédération des managers des collèges privés, fait la même analyse. «Selon nos informations, beaucoup d?enfants consomment. Alors qu?il y a quelques années, l?on parlait de cas isolés, aujourd?hui, nous entendons parler de beaucoup plus de cas.»

Riche ou pauvre, peu importe. La drogue est là pour tous, même si les habitudes changent selon le milieu. «Je pense que les choses ont évolué à ce niveau. Là encore nous pouvions dire qu?elle était plus présente dans les milieux défavorisés, mais aujourd?hui, et après avoir fait l?enquête, je dirai que la consommation est plus élevée parmi les gens aisés.», soutient Said Ameerbeg. « Le problème est tout aussi présent dans les collèges d?élite que dans les petits établissements », confirme Imran Dhannoo.

A la police, l?on avoue qu?il est difficile d?établir la vérité. «C?est tout à fait possible qu?il y ait un problème, mais les enseignants préfèrent protéger leur institution. Ils préfèrent cacher cela aux autorités pour garder l?image de l?école intacte», confie un haut gradé de l?Adsu aux Casernes centrales. Cela est confirmé par le recteur d?un collège d?Etat près de la capitale. «Certains profs ont peur. C?est le silence. Est-ce que je peux demander aux profs de fouiller dans les sacs des élèves et aux étudiants de rapporter ce que font leurs amis ?»

Alors que certains recteurs font leur possible pour conscientiser les élèves, tel n?est pas le cas partout, indique Imran Dhunnoo. «Les collèges privés et catholiques font beaucoup de prévention. Mais nous déplorons que l?unité anti-drogue du ministère de l?Education ne soit pas très active.»

Au ministère, l?on indique que le nécessaire est fait. «L?Adsu et la Natresa font des causeries dans certains collèges d?Etat.»

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