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Douze familles plongées dans le désespoir
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Douze familles plongées dans le désespoir
Plus aucune promesse ou assurance ne peut leur redonner l?espoir. Depuis un an et demi, douze familles de Vuillemin, Quartier-Militaire, attendent pour obtenir leurs titres de propriété ou une maison de la National Housing Development Company (NHDC).
La mort du petit Jean Paul Ziggy Sardouce, un an et demi, dans l?incendie de la maison de sa maman, Nadège, le 30 septembre, plonge davantage ces familles dans le désespoir. Elles ressentent plus que jamais ?l?indifférence des autorités? face à leurs mauvaises conditions de vie : elles habitent toutes dans des logements de fortune, en bois et en tôle, qui ne sont pas pourvus d?eau et d?électricité.
?Si on avait l?électricité, on n?aurait jamais eu un enfant brûlé vif. Nadège a laissé une bougie allumée parce que son enfant ne pouvait rester dans le noir. Ce malheur aurait pu m?arriver, moi qui suis mère d?un enfant d?un mois?, s?indigne Amanda Moorghen, celle qui avait retriré le petit Ziggy de la cabane en flammes. Mère de quatre enfants, Amanda dépend d?une maigre pension du gouvernement pour nourrir sa famille.
Dans un article publié dans l?express Est du 22 février 2005, l?ancien secrétaire parlementaire privé de la circonscription de Moka-Quartier-Militaire, avait annoncé la décision du gouvernement d?alors de régulariser la situation de ces familles qui occupent depuis 1999 un terrain de l?Etat, à proximité de l?unité de traitement du tout-à-l?égout du village. Jusqu?à présent, aucune de ces familles n?est devenue propriétaire de son terrain.
?On buvait l?eau de la rivière?
?Avant, on buvait l?eau de la rivière et on tombait souvent malade. Grâce à Deven Nagalingum, un point d?eau a été installé pour nous permettre de nous approvisionner à tour de rôle?, explique Amanda Moorghen.
Après ce drame, Nadège est allée vivre chez des parents à L?Assurance, Dagotière. ?Elle ne voudra jamais revenir vivre à l?endroit où son enfant est mort. Maintenant, moi aussi j?aurais préféré avoir une maison de la NHDC ailleurs. Ici, c?est comme en Ethiopie. Même le service de voirie ne passe pas. Ou nous a oubliés dans cette partie du village ?, fulmine-t-elle.
?Durant ces deux dernières années, j?ai payé une somme totale de Rs 1300 pour avoir mon contrat. Mais jusqu?à présent, je n?ai rien eu. Pour cette raison, je ne peux avoir une fourniture d?eau ou d?électricité?, se plaint Lisette Sylvie, mère de deux enfants qui gagne sa vie en travaillant dans des plantations de légumes du village.
Patrict Sylvie, père d?une fille de 11 ans et coupeur de cannes, a failli connaître le même drame que la famille Sardouce. Sa maison avait été également détruite par un incendie.
Quartier de Lumière, une organisation non-gouvernementale, qui aide ces familles depuis plus de deux ans, aurait voulu s?engager dans un projet de reconstruction de leurs maisons. Cependant, l?ONG bute sur un gros problème : aucune des familles ne possède des titres de propriété.
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