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Dopage ou règlement de compte ?

26 octobre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est de la bouche du CTS Eric Dudoit que le jeune Etienne Germain a appris, mardi matin, qu?il aurait été contrôlé positif lors du récent tour de l?île Maurice alors que la procédure officielle stipule bien que le coureur doit être informé en premier lieu afin de préparer sa défense dans l?attente d?une décision finale.

Un CTS qui a lui-même pris connaissance de la mauvaise nouvelle par un fax laconique transmis par la fédération mauricienne de cyclisme (FMC) alors que là aussi la procédure impose une confidentialité totale.

La nouvelle a, bien entendu, fait l?effet d?une bombe dans le milieu du cyclisme péi. Et rendu un peu plus difficile les relations déjà tendues entre la FMC et le comité régional.

Tout commence en mars dernier, lorsque le jeune Etienne Germain (fils de l?illustre Jeannick et petit-fils du légendaire Gabriel Chefiare) décide, sur proposition de son médecin traitant, de se faire extraire une dent de sagesse pour résoudre un problème physique récurrent. Le coureur du VCSD s?exécute en toute confiance et prend rendez-vous auprès du docteur Jean-Paul Goertz, spécialiste en chirurgie maxillo-faciale.

L?opération a lieu le 4 mai sous anesthésie locale. Dans la foulée, le spécialiste lui prescrit du Solupred pour calmer les douleurs post-opératoire. Là encore, le coureur s?exécute en toute confiance. Sans se douter que le Solupred et la méthylprednisolone, substance inscrite sur la liste des produits dopants, ne font qu?un. ?C?est le même médicament mais sous deux noms différents?, reconnaît un spécialiste de la place.

?Discrédit sur le vélo péi?

Retenu dans la sélection locale, Etienne Germain s?envole en septembre pour le Tour de Maurice, la conscience tranquille. Dès leur arrivée dans l?île soeur, alors que la course n?est même pas commencée, les coureurs réunionnais, sauf Etienne Germain, absent de l?hôtel à ce moment précis, sont curieusement soumis à un contrôle antidopage. Vainqueur de la dernière étape, le licencié du VCSD n?échappe cependant pas à la règle. Un mois plus tard, la sentence tombe. Il est déclaré positif à la méthylprednisolone. Une information dévoilée au CTS et non au coureur lui-même comme le prévoit le règlement international.

?Il y a trop de zones d?ombre dans cette affaire, avoue d?emblée Michel Bénard, vice-président du VCSD. Tout d?abord, la procédure habituelle a été complètement bafouée. Le coureur n?a été informé de rien alors que son nom est déjà étalé sur la place publique. Je ne vais pas passer par quatre chemins, au VCSD on se pose la question de savoir à qui profite le crime.?

?Comment se fait-il qu?une accusation aussi grave est dévoilée dans la presse mauricienne le jour même où la FMC transmet les résultats de l?analyse par fax au CTS, poursuit-il. Il y a pour moi, une volonté délibérée de traîner quelqu?un dans la boue et de jeter le discrédit sur le cyclisme réunionnais.? Sans vouloir ajouter de l?huile sur le feu et par conséquent rendre un peu plus difficiles les relations déjà tendues entre la FMC et le comité régional, le vice-président du VCSD fait le lien avec ce ?qui s?est passé? aux Jeux des îles et un peu plus tard au Tour de la Réunion.

A Madagascar, après le triplé historique de nos représentants dans la course en ligne, Yannick Lincoln, patron incontesté du peloton mauricien, avait porté de graves accusations sur un site internet français à l?encontre des vainqueurs réunionnais. Dans la foulée, le comité régional s?était opposé à la participation du coureur mauricien au Tour de la Réunion. Créant du même coup un incident diplomatique entre les deux îles soeurs.

Pour Michel Bénard, les deux affaires sont liées. Anthony Chefiare, technicien reconnu sur le plan local, n?en dit pas moins. ?On ne peut pas porter gratuitement des accusations aussi graves alors qu?il existe une procédure légale et officielle. En ce sens, on est obligé de s?interroger d?autant que le rapport d?analyse du laboratoire sud-africain comporte plusieurs anomalies. Maintenant, comme j?ai eu l?occasion de le dire à Etienne (Germain), tant qu?il ne reçoit pas un courrier officiel de la Fédération mauricienne, tout ce qu?on peut dire ou entendre ici et là n?ont aucune valeur.?

Toujours est-il que le petit monde du vélo péi en prend un sacré coup sur la tête lorsqu?on le croyait à l?abri de ces pratiques douteuses qui ont déjà terni l?image du cyclisme international.

Michel ZITTE Le Quotidien de la Réunion

GROS PLAN

Quel taux ?

Si l?on se fie au résultat du laboratoire sud-africain de Bloemfontein, le taux de Methylprednisolone relevé dans le sang d?Etienne Germain s?élève à 1,017 %. Suffisant pour que la fédération mauricienne l?accuse de dopage. Sauf que l?AFLD (agence française de lutte anti-dopage), contactée par nos soins, fixe le seuil autorisé à 1,17 %. Ce qui innocente le jeune coureur du VCSD. Mais on n?en est pas là. Tout sera un peu plus clair lorsque la FMC transmettra le courrier officiel à Etienne Germain, , comme le règlement international le stipule. Affaire à suivre donc.

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