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?Doom?
Apprendre, lorsqu?on lit la critique d?un film, qu?un des rares moments intéressants se trouve être dans le commencement du générique du début n?annonce généralement rien de bon pour la suite. C?est hélas le cas pour Doom, film adapté du jeu vidéo à succès dans une réalisation signée Andrej Bartowiak à qui l?on doit quelques non-événements notables comme Cradle 2 the Grave ou Exit Wounds. Et, ce générique est à ce point original, comparé au reste, qu?il mérite d?être raconté.
Cette fois, le logo de la compagnie distributrice, la Universal, n?apparaît pas avec les lettres U-N-I-V-E-R-S-A-L placardées devant la Terre, mais devant la planète Mars. À partir de là, plongeon depuis l?espace intersidéral jusqu?au sous-sol martien et à l?intérieur d?un centre de recherches entre les murs duquel des scientifiques terrifiés se font déchiqueter par des monstres que nous ne voyons pas. Le film nous les montrera plus tard, et il appartiendra au spectateur de décider s?ils sont terrifiants ou pas.
Par contre, nous ne verrons jamais la surface de Mars, pas plus que nous ne verrons d?engins spatiaux. Astuce du scénario : nous sommes en l?an 2046 et le commando de sauvetage mené par Dwayne Johnson, alias The Rock arrive sur Mars non pas au moyen d?un vaisseau spatial mais par téléportation (plus ou moins comme dans la série Stargate), et presque toute l?action se passe dans des corridors souterrains semblables, mal éclairés. Ce qui permet évidemment de réduire les dépenses, côté décors et accessoires. La production fait quand même un petit effort concernant les armes : pour les super-monstres, The Rock a recours à une arme étiquetée ?BFG?, pour ?Big F?king Gun? ; c?est une sorte de super-grosse carabine qui vous transforme un alien en gelée.
Doom n?a d?autre vocation que celle d?être un film de baston. Une fois averti sur ce point capital par la bande-annonce, on ne s?attend pas à être saisi d?émotion par un drame humain. Un simple prétexte suffit, du moment qu?il y a des tirs d?arme automatique sur des créatures mutantes, moult effusions de sang et un taux suffisamment élevé de décès à la minute.
On ne s?attend pas non plus à des personnages fouillés, profondément humains ou même intéressants pour la bonne raison qu?on n?aimerait pas avoir à les regretter lorsqu?ils meurent subitement et brutalement. Sur ces deux points, Doom répondra aux attentes. L?attrait principal de ce genre de film est dans l?action, c?est-à-dire le jeu de massacre.
Les influences de films comme Alien ou Alien 2 sont plus qu?évidentes lorsqu?on suit les personnages dans les corridors. Malheureusement Andrej Bartowiak n?est ni Ridley Scott, ni John McTiernan et, en plus, tout est si mal éclairé qu?on a du mal à suivre les bagarres. Le réalisateur nous gratifie aussi d?une longue séquence d?action en ?caméra subjective? : vue de la perspective du joueur ; les mutants surgissant de tous les coins sont éliminés au fusil d?assaut, à l?arme de poing et à la tronçonneuse, exactement comme dans le jeu.
Effet qui retombe à plat, puisque, non seulement la séquence arrive à un mauvais moment, mais qu?en plus, rien n?est moins intéressant que de regarder une partie de Doom sans pouvoir y jouer soi-même. Le nom de Wesley Strick (Les Nerfs à Vif, Batman) lié au scénario assure quand même quelques développements plutôt intéressants dans la trame. Les acteurs sont convenables, surtout Karl Urban. Ce qui vient placer Doom un peu au-dessus des Resident Evil, Mortal Kombat et autres, mais qui ne suffit pas pour en faire un bon film.
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