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Diététique ?

15 avril 2007, 00:00

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Si la gastronomie est l?art du bien manger, la diététique est l?art du manger bien. L?une raffine sur les plaisirs de la table, l?autre se soucie d?abord de chercher dans la nourriture une source de santé ? tout en ne négligeant pas le point de vue de l?agrément gustatif. Il y a une idée fausse à combattre : c?est que le « Bio », comme on dit aujourd?hui, « ce n?est pas bon ». Un exemple très simple : le sucre roux (ou brun) non ou peu raffiné est meilleur que le sucre blanc. D?ailleurs, dans les meilleurs restaurants, l?on vous sert le café avec du sucre roux. Il a un bon goût de canne, alors que le blanc est piquant mais sans saveur, parce que c?est un sucre traité, « blanchi », et donc pas naturel. La consommation de ce sucre brun fut lancée par Gaylord Hauser, qui prônait, dès les années cinquante, les vertus de la levure de bière, le jus de pruneau, le pain complet et le germe de blé. Dans son livre « Vivez jeune, vivez longtemps », il développait cette idée que le médecin grec Hippocrate avait déjà énoncée : « L?homme creuse sa tombe avec ses dents. »

À la même époque, en France, Raymond Dextreit animait le Mouvement « Nature et Santé », avec de nombreux ouvrages sur la santé par la nature ? dont j?ai pu vérifier récemment que la diffusion dans le public... se portait très bien, (d?ailleurs, Dextreit reste toujours très actif). Car ce retour aux sources de la nature n?a pas cessé de se répandre au sein d?un public informé et soucieux de sa bonne forme physique qui admet fort bien que si l?on veut « garder une âme saine dans un corps sain », on ne peut pas avaler n?importe quoi. Tout cela s?est popularisé aujourd?hui dans la presse, avec un certain nombre de magazines consacrés au maintien d?un bon état physique à partir de ces principes. J?ai connu une époque où les originaux qui achetaient ? plus cher ! ? ces produits bizarres passaient pour un peu « dérangés ». D?ailleurs les boutiques en question étaient rares, et l?on ne s?y pressait pas. Les choses ont évolué : aujourd?hui, même les grandes surfaces ont leur rayon « Produits biologiques. »

Parallèlement, l?expansion de la culture physique, le « culturisme » avec des gens comme Marcel Rouet, a fait beaucoup pour apporter de l?eau au moulin de la santé par l?exercice raisonné et l?alimentation saine et fortifiante, (on n?en était pas encore à ces déplorables tricheries du dopage). L?idéal qui animait un Marcel Rouet était l?exemple d?harmonie de la statuaire grecque. On n?en était, là non plus, pas encore à ce grotesque « body building », (le nom n?est-il pas aussi ridicule que la chose ?) dont l?idéal est de gonfler les pratiquants à éclater...

Si le mot « diététique » évoque fâcheusement la « diète », il ne désigne pas le manger-bien par le régime, la privation. Il a pris une connotation actuelle plus positive et rassurante : comment se nourrir agréablement et intelligemment. Revenir un peu à cette idée que l?homme primitif répondait, en mangeant, à un besoin de survivre en utilisant les produits à sa portée : viande crue, végétaux et racines, puis graines, sans les complications de la cuisine. Par la suite, heureusement, l?art de la cuisine a consisté à rendre le besoin plus agréable. L?invention s?en est mêlée, et le temps aidant, on en est arrivé aux innombrables « recettes » que nous connaissons. En ce domaine, comme en beaucoup d?autres, il suffit de trouver un équilibre, à la fois la satisfaction d?un plaisir et le respect de nos fonctions organiques.

Comme disait Valère, l?intendant de ce rapiat d?Harpagon, dans la pièce de Molière : « Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger. » Mot qui enchante Harpagon, mais qui exaspère Maître Jacques, le chef cuisinier au fourneau et qui réclame de l?argent pour préparer un repas de réception.

Malgré la grande diffusion, de nos jours, des impératifs diététiques, on s?aperçoit que nos théoriciens de la table prêchent dans le désert pour un grand nombre de gens. L?obésité précoce démontre que les adolescents se gavent de sucreries édulcorées, de boissons et de gâteaux sucrés ? notamment aux Etats-Unis ? dans un pays qui compte pourtant un Gaylord Hauser, un Dr Atkins et beaucoup d?autres spécialistes de la question...

Il n?y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il faudrait dès l?école, inculquer aux enfants que « l?on devient ce que l?on mange », et que les parents suivent, évidemment, et donnent l?exemple...

Encore un cas de figure où la liberté, ce n?est pas la liberté de faire n?importe quoi. Malheureusement, en ce domaine, les temps sont à l?opposé de ce qu?il serait raisonnable : on mange mal et trop, on s?alcoolise, et l?on ne prend pas assez d?exercice plysique. Trop de viande, trop de friture, trop de féculents ; pas assez de légumes verts et de fruits frais, etc...

On commence à comprendre pourquoi la gourmandise fait partie des « Péchés capitaux » !

Dans son livre très documenté « Je mange, donc je maigris », Michel Montignac nous apprend comment « manger mieux sans pour autant manger triste ».

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