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Dix vols supplémentaires nécessaires par semaine

3 février 2004, 20:00

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LE MONDE de l?aviation et du tourisme est en ébullition depuis l?annonce qu?une deuxième compagnie aérienne française pourrait desservir Maurice. Après les rebondissements de ces derniers jours et les négociations menées à Paris la semaine dernière, il est difficile de dire qui, de Corsair ou de Star Airlines, atterrira à Plaisance.

Les avis divergent sur la question. Pour les uns Corsair serait bien placé tandis que pour d?autres rien n?est encore joué. A l?ambassade de France on opte d?ailleurs pour cette version : rien n?est décidé. Une autre réunion prévue dans deux mois entre les autorités mauriciennes et françaises devrait permettre d?éclairer la situation.

Par contre, les milieux proches du dossier s?accordent à dire que la deuxième compagnie aérienne française pourrait démarrer ses opérations au début de novembre.

Dans la conjoncture, outre les intérêts particuliers des uns et des autres, la vraie préoccupation du secteur privé est qu?un seul vol additionnel par semaine sur l?Europe ne saurait suffire, qu?il s?agisse de Corsair ou de Star Airlines.

Selon une analyse partagée avec le gouvernement samedi dernier, le secteur privé estime qu?il y aura à la fin de l?année, 2 000 lits supplémentaires dans le parc hôtelier local comparativement à novembre 2003. Ceci s?explique essentiellement par la réouverture de l?Oberoi et de la Plantation ainsi que l?entrée en opération programmée de quatre nouveaux établissements : le Taj à Flic-en-Flac, l?Indigo à Bel-Ombre, l?hôtel du MTTB dans la même localité et un nouvel hôtel d?affaires au Caudan à Port-Louis.

En partant du principe qu?un touriste passe environ neuf jours à Maurice, il faudrait, pour remplir les 2 000 lits additionnels, entre neuf ou dix vols supplémentaires par semaine en gros, sachant que le taux de remplissage des avions tourne autour de 70 à 75 %.

La question est de savoir sur quel marché il faudra mettre ces vols supplémentaires pour remplir les avions et les hôtels ? S?ils ne se prononcent ni pour ni contre un vol supplémentaire sur la France, les hôteliers font ressortir que le marché français stagne.

On peut arguer toutefois, qu?il stagne parce que Maurice a fait le plein dans la catégorie de ceux pouvant se payer un billet d?avion sur Air France ou sur Air Mauritius. Une nouvelle compagnie pratiquant des prix plus bas pourrait ouvrir Maurice à une nouvelle clientèle.

Destination exclusive

Cette perspective rouvre le débat sur l?image de Maurice comme destination exclusive. Associer le nom de Maurice à celui d?une compagnie de charter serait nuisible à notre image soutiennent les uns.

Pour d?autres, moins dogmatiques, la clientèle exclusive et celle moins fortunée peuvent cohabiter. Un observateur attentif de l?industrie touristique fait remarquer que les hôtels de luxe locaux se remplissent moins aisément que les hôtels moins huppés. ?Il faut se demander à nouveau si nous sommes vraiment une destination de luxe et exclusive?, déclare notre interlocuteur.

Ceci dit, il est un fait qu?il faut cibler de manière plus intelligente nos marchés, et partant, notre politique d?accès aérien et notre stratégie de promotion qui doivent faire un tout cohérent. Les marchés britannique, espagnol et allemand progressent. L?Angleterre, l?Allemagne, l?Espagne et l?Italie réunis représentent un marché de 200 millions d?individus environ contre 60 millions en France.

Les Maldives qui ne sont pratiquement desservies que par des compagnies de charter ont progressé de 15 % avec 139 000 touristes italiens contre 30 000 seulement à Maurice. ?Il ne faut pas être obsédé par le marché français. Revoyons toutes nos options avant de dégager une stratégie où la politique d?accès aérien irait de pair avec la stratégie touristique?, commente un hôtelier.

Avec le débat créé autour de l?arrivée d?une autre compagnie aérienne française, l?impression qui se dégage est que ce développement n?est pas le résultat d?une initiative des autorités mauriciennes mais davantage la conséquence des réglementations de Bruxelles.

Le secteur privé souhaite que ceci soit l?occasion d?un vrai débat sur la politique d?accès aérien. La dizaine de vols supplémentaires que nécessite la croissance du parc hôtelier n?est qu?un début. Si le tourisme est appelé à retrouver des taux de croissance de 10 % afin d?être le moteur de la croissance nationale, il faudra bien davantage.

Le message semble être passé lors de la réunion de samedi entre le gouvernement et le secteur privé. Les participants indiquent que sur l?essentiel, le privé et le gouvernement sont sur la même longueur d?onde. Reste à étudier les moyens pratiques de concrétiser cette vision. Des consultations avec toutes les parties concernées soit les hôteliers, le gouvernement, Air Mauritius et la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) seront organisées à brève échéance pour repenser toute la stratégie de l?aérien par rapport au tourisme.

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