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Diwa : plus de pluies que de dégâts
Les feuilles et les arbres traînent çà et là dans l?île? Dans le Sud, le radier de Macondé est encore une fois inondé. Le cyclone Diwa n?était pourtant pas d?une grande intensité. Mais il a mis à terre plusieurs arbres, et surtout des bananiers dans les villes. Un immense arbre (plus connu sous le non de pied la fouche) à Vallée-Pitot, qui a survécu à de nombreux cyclones, n?a d?ailleurs pas résisté aux rafales.
Même scénario à Coromandel aux environs d?une tabagie. Un grand arbre lorgne la route? En attendant les collectivités locales pour l?enlever, cet arbre risque d?être un danger pour les automobilistes, surtout la nuit. Ce qui amène un habitant de cette région à dire : ?Cyclone la inn surtout fair dega ar pie. A cauz sa bann maladie la, nu espere pa pou lais sa bann zarb ek feilaz la un peu partout pour plusieurs jours.?
Pour d?autres, la préoccupation est tout autre : la flambée des prix des légumes. ?Pomme d?amour inn fini vinn Rs 100. Incroyable. Couma nu pou faire?, s?inquiète Dev, un habitant de la capitale,.
Dans un des quartiers résidentiels de Quatre-Bornes, il était visible qu?une tempête était passée par là. C?est le désordre complet. Les feuilles des manguiers sont partout. De même que les longanes?. Ce qui ne manque pas de réjouir quelques jeunes en balade post-cyclonique pour ramasser les fruits et patauger dans les flaques d?eau.
Sans conteste, Diwa a été généreux en eau. D?où les accumulations, d?eau un peu partout dans les villes, surtout à Quatre-Bornes, à Curepipe et dans les villages. ?Nous avions bien besoin de pluie. Mais les accumulations d?eau causent de gros inconvénients. C?est toujours la même chose à Curepipe qui connaît souvent un temps pluvieux?, soutient Sophie.
?Nu finn viv enn veritab martyr?
Elle n?est pas la seule à se plaindre. A Port-Louis, les inondations n?ont pas manqué de perturber quelques habitants. ?Tou nou zafer inn trempe et nu finn viv ene veritab matyr pendant sa cyclone la?, soutient cette mère de famille de quatre enfants.
Dans le Nord, la cour des écoles, notamment celle de l?école primaire de Grand-Baie, ressemblait davantage à une piscine qu?à une cour de récréation.
Un habitant du morcellement Swan, prévisionniste météo amateur, a enregistré pas moins de 135 millimètres de pluie pour la seule journée de samedi. Le pont de Solitude était légèrement inondé mais était resté néanmoins praticable. A Terre-Rouge, un champ de cannes était en partie submergé. Alors qu?à Chitrakoot, à Vallée-des-Prêtres, il fallait encore une fois craindre un glissement de terrain.
Mais les grosses pluies ne semblent pas avoir trop dérangé les affaires des fleuristes de Bonne-Terre. Les rosiers ont tenu le coup alors que les fleuristes vendaient surtout les anthuriums, sans doute plus résistants.
A la foire de Quatre-Bornes, l?agitation habituelle n?y était pas. Pas beaucoup de marchands, encore moins d?acheteurs. Sauf quelques touristes qui ont bravé le mauvais temps pour ne pas rater une escale incontournable de leur séjour. D?ailleurs, Diwa, pour eux, c?était plutôt la frustration que la peur. Guy et Geneviève de Nice font partie de ceux-là.
Leur premier séjour à Maurice s?est déroulé presque entièrement dans la grisaille, le crachin et finalement les trombes d?eau. Ils ont passé la journée de samedi dans leur hôtel à Grand- Gaube. Hier, ils n?avaient qu?une hâte : regagner Grand-Baie et se dégourdir les jambes.
Il est aussi vrai que les périodes de cyclone ont la fâcheuse tendance d?attirer les gens hors de leur maison. Nous sommes à Tyack, à quelques kilomètres de Midlands. Tandis que le cyclone s?éloigne, il laisse derrière lui de violentes rafales agrémentées de généreuses trombes d?eau. Parcourant la côte Sud à la recherche de dégâts, nous découvrons une population en ébullition. Alors que la mer de Beau-Champ se révolte.
Quelques pêcheurs, venus s?assurer que leur bateau est à sec, discutent. Certains en profitent pour attraper quelques poissons dans la baie de Macondé. Les plages de Case-Noyade démontraient une joyeuse ambiance. Certains venus s?y détendre pour le déjeuner, et d?autres, pour une partie de football. Ils ne s?inquiétaient nullement des possibles dangers.
Quelques filaos ont été déracinés, d?autres arbres obstruaient les routes comme à Baie-du-Cap? Mais un coup de main des pompiers et de la force policière et les routes sont déblayées.
Sur la route côtière à Case-Noyale, un accident spectaculaire s?est produit samedi soir. Un habitant de Roches-Noires avait loué une voiture pour un week-end. ?Il était 19 h 45 environ, raconte-t-il. Nous étions cinq personnes. En amorçant un virage, volant inn decontrole, nu loto inn devire !? Heureusement, personne n?a été blessé, à part quelques éraflures. Et un remorqueur a vite fait de mettre le véhicule sur le bas-côté de la route. Comble de malchance : ?Dimounn inn coquin deux de nou laroue loto !? Le propriétaire s?est empressé de sauver les deux roues restantes. Même en temps cyclonique, les voleurs s?affairent?
Pessimisme pour la récolte sucrière 2006
Après avoir compilé plusieurs données climatiques pour le mois de février et en incluant le passage récent du cyclone Diwa, la Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) se montre plutôt pessimiste. Selon Jean-Claude Autrey ?la récolte 2006 ne s?annonce pas sous de bons auspices?. Il a précisé que les premières prospections indiquent un niveau important de lacération de feuilles mais pas de casse au niveau des tiges dans les champs. Les plantations de cannes surtout celles de vierges, dites de grande saison, faites de janvier à mars 2005 et qui étaient bien établies avec des tiges adultes en pleine phase de croissance ont été sujettes à la verse sous la pluie et le vent de Diwa. Ces cannes sont aplaties à 30 degrés du sol notamment dans le centre de l?île et dans les endroits exposés comme les pentes de montagne. La canne aurait moins souffert si le vent avait changé de direction, mais les fortes rafales de 80 km/hr ont non seulement affecté le feuillage, mais aussi l?enracinement des touffes. ?ll est à prévoir que la canne marquera un temps d?arrêt dans sa croissance en raison des effets conjugués du vent et de la pluie et aussi de l?accumulation d?eau dans les champs compte tenu de la forte pluviosité du mois de février ? 99 % de la moyenne pour ce mois.? La durée de ce temps d?arrêt au niveau de la canne dépendra des conditions climatiques dans les jours à venir. Le directeur du MSIRI a précisé que comme la canne était à fin février en retard dans sa croissance par rapport à l?année dernière à pareille époque, ?il est à prévoir que le retard ira en s?empirant, surtout si d?autres tempêtes tropicales ou cyclones affectent l?île ?.
De la grisaille jusqu?à demain
Un temps maussade, un ciel gris et des pluies intermittentes qu?a connus le pays ces derniers jours ne nous quitteront pas de sitôt. La grisaille devrait se poursuivre dans plusieurs régions du pays notamment sur le plateau central et le nord du pays. Et ce, jusqu?à demain. Mais ce temps maussade ne devrait pas persister jusqu'à la fin de la semaine, comme l?avaient au départ pensé des techniciens de la station nationale de météo de Vacoas. Un haut responsable de la météo ajoute que le soleil fera même une timide percée dans l?Ouest et certaines régions des Plaines-Wilhems dès demain.Les dernières données révélent une perturbation située à 800 km au nord-ouest de Maurice qui est quasi stationnaire. Mais elle n?évoluera pas en dépression tropicale. Cette perturbation qui s?étend de Tromelin jusqu'à Madagascar a tendance à s?affaiblir mais elle a une très forte concentration de bande nuageuse.
La météo compile également les chiffres de la pluviométrie après le passage de Diwa. Elle attend d?autres chiffres émanant des sucreries qui devraient lui parvenir aujourd?hui. Mais d?ores et déjà l?on sait que le pays a enregistré plus de 100 mm de pluies en 24 heures, voire jusqu'à 200 mm, dans certaines régions. Jeet Munbahal, responsable du département technique de la Central Water Authority a indiqué que la majorité des nappes phréatiques et réservoirs est remplie à 100 % à l?exception de Mare-aux- Vacoas dont le taux avoisine les 85 %. Avec les eaux qui continuent de ruisseler dans les différents canaux et qui convergent vers ce réservoir, la barre des 90 % au niveau du taux de remplissage de ce réservoir devrait être dépassé d?ici mardi. Le barrage de Midlands, et les réservoirs de La Nicolière, Piton-du-Milieu, La Ferme sont remplis à ras bord.
5 000 foyers privés d?électricité
Les équipes du Central Electricity Board (CEB) étaient sur le pied de guerre pour rétablir le courant dans les endroits affectés par les rafales du cyclone. ?Nous espérons que d?ici ce soir (hier), la fourniture d?électricité sera rétablie chez les familles?, affirme le directeur général, Ravin Dajee. Mais c?est durant la journée de samedi que le réseau électrique a été affecté. Selon le directeur général, samedi, plus de 5 000 familles étaient privées d?électricité. Les régions les plus touchées : le Ward IV à Port-Louis, l?Est notamment Quatre-S?urs, Deux-Frères ainsi que la région de Flic-en-Flac. Le hotline de la CEB avait été pris d?assaut. Ainsi, à cause des encombrements sur la ligne, tous les appels n?ont pu aboutir. ?Les équipes du CEB sont intervenues dans ces endroits pour rétablir le courant?, affirme Ravin Dajee. Ce dernier précise cependant que ?mises à part, des branches qui sont tombées sur des lignes, on devrait bien pouvoir s?en sortir?.
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