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Divine bonté !
Dans la presse dominicale nous apprenons (l?express du7 janvier 2007) que M. Dhaneshwar Soobrah, directeur général de la DWC et membre du Mangal Mahadev Trust Fund (MMTF) est venu apprécier l?avancement des travaux sur la statue géante de Shiva, située à Grand-Bassin et érigée en 21 mois, soit huit mois de plus que prévu.
La statue est certes grandiose et ce que j?aurais particulièrement noté dans la réalisation de celle-ci c?est la finesse du travail réservé pour le pagne qui couvre l?aire se situant entre les reins et les genoux. Mais ce n?est pas ce qui s?y cache là qui m?intéresse, ni d?ailleurs la raison d?installer un paratonnerre sur la statue (n?est-ce pas blasphématoire de prétendre ainsi «protéger» quelqu?un d?un éventuel signe de déplaisir divin ?), mais plutôt autre chose, comme d?apprendre que «le revêtement du sol, les travaux de tuyauterie et d?éclairage ont coûté Rs 5 millions à la DWC».
Car, voyez-vous, globalement, j?aimerais bien savoir ce que coûtent réellement toutes ces initiatives humaines pour s?assurer une écoute de l?être supérieur et m?assurer que nous en avons pour notre argent. Et si Rs 5 millions de roupies ont bien été dépensées par la DWC pour assurer un environnement matériel «à niveau» dans ce cas-ci, j?aimerais bien des réponses de mes représentants parlementaires aux questions suivantes :
La DWC (ou d?autres départements du gouvernement) ont-ils une mission d?assurer des travaux pour des sites religieux ? Si oui, selon quel alinéa, de quelle loi parlementaire est-ce autorisé, précisément ? Subsidiairement, combien a été dépensé, depuis SSR, à ce titre, pour chacune des grandes religions «officially recognised» ?
Mes députés à moi (ils sont 70 payés et pensionnés ; pas trois) pourraient-ils tenter de nous dire ; la DWC n?ayant, malgré sa pieuse dévotion aujourd?hui révélée, été sauvé ni de ses pertes, ni de sa perte, si le pays se serait porté mieux si nous avions construit un peu moins et de manière un peu moins clinquante tant d?édifices religieux et dépensé, alternativement, nos maigres ressources dans, mettons, une «world class education» ou une route déhalant le bouchon journalier de Port-Louis ou encore quelques bonnes poignées de logements décents pour les squatters en devenir ?
Si par extraordinaire M. Soobrah (autant directeur général de la DWC que membre du MMTF, portant ainsi un double chapeau, style rodriguais) s?était mal exprimé et que la DWC était seulement un contracteur pour la MMTF, il serait dans ce cas intéressant de comprendre de M. Soobrah s?il n?y avait pas conflit d?intérêts à utiliser les services de la DWC pour ces travaux particuliers. Car, enfin, la DWC est bien une organisation publique, rappelons-le, dont toutes les pertes depuis sa création ont été financées par vous et moi, les contribuables, sans paroles et sans protecteurs divins. Enfin du moins par ceux qui paient et qui ne font pas de chagrin à M. Sudhamo Lal de la MRA.
Cette nouvelle dominicale nous annonce aussi, en passant, qu?«il reste maintenant à orner les parterres de belles plantes endémiques». Pour tout vous dire, je trouve cette idée un tantinet irrespectueuse envers nos politiciens?
<B> PUCK</b>
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