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Divergences d?opinion sur des dossiers sensibles

17 janvier 2004, 20:00

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Le brainstorming des dirigeants de l?alliance Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mau- ricien prévu pour dimanche prochain au Domaine Les Pailles, pourrait fort bien virer à la tempête. Pour peu que certains aient le courage de dire tout haut ce qui se chuchote entre quatre murs.

Les divergences ne manquent pas, même si en surface, les états-majors prétendent que tout va pour le mieux. Même si le secrétaire général du MMM déclarait en fin de semaine que « les deux partis s?entendent magnifiquement ».

Au premier rang des dossiers qui suscitent les récriminations : l?Icac. Paul Bérenger, Premier ministre et leader du MMM, et le secrétaire général, Ivan Collendavelloo, ont dit pis que pendre de cette commission. Pas plus tard que la semaine dernière, Paul Bérenger disait, en parlant de cette institution, qu?il n?est plus qu?une question « de jours et non de semaine ». La semaine s?est cependant écoulée et rien n?a changé. C?est à se demander si le plus amoché de la semaine n?est pas le Premier ministre lui-même.

Après avoir invité Navin Beekarry et Gérard Bisasur à se comporter « en hommes d?honneur » et à rendre leur tablier, le secrétaire général du MMM consent maintenant à « accorder une dernière chance » à cette institution.

Même si Pravind Jugnauth s?est gardé de se prononcer sur la question, alors que l?on croyait que les carottes étaient cuites pour le tandem Beekarry-Bisasur, tout le monde sait que la direction du MSM était peu disposée à céder sur ce dossier. Car, selon un responsable du MSM, toute remise en cause de la composition actuelle de l?Icac signifierait « un désaveu du choix personnel de l?ancien Premier ministre. »

La démarche entreprise en début de semaine par l?Icac concernant le dossier MCB-NPF ( Voir en pages 8 et 9) a toutefois modifié la donne. Elle a surtout contraint le MMM à mettre un bémol à ses récriminations. Un autre membre du bureau politique de ce parti trouve que la commission « fine mette ène coulou are Bérenger ».

Autre sujet de discorde : la gestion de la MBC. Alors que dans le passé tout ce qui touchait à cette corporation relevait exclusivement du Premier ministre, les choses ont, semble-t-il, changé avec la récente passation des pouvoirs au sommet de l?Etat. Le MSM,dit-on, tient à conserver un droit de regard sur tout ce qui concerne cette station.

Choix des remplaçants

Tandis que les échos en provenance de l?hôtel du gouvernement indiquaient, à la fin de la semaine dernière, un changement imminent à la tête de la station de la rue Pasteur, rien ne s?est ensuite passé. Un proche de la majorité soutient que « les deux principaux alliés butent surtout sur le choix des éventuels remplaçants. »

Pour ceux qui ont assisté, lundi matin, au Réduit, à la présentation des v?ux de la présidence au corps journalistique, la durée de la conversation entre Sir Anerood Jugnauth et Toriden Chellapermal, le directeur général de la MBC-Tv, en dit long sur les relations entre les deux.

Mais il n?y a pas que le choix des hommes à placer à la tête de certaines institutions qui inquiète l?alliance. Les points de vue au sein de la majorité divergent également sur d?autres dossiers, entre autres, la représentation proportionnelle, l?attribution des places dans les collèges confessionnels, la Muslim Personal Law.

Le MSM qui avait au tout début du présent mandat accepté l?idée d?introduire une dose de proportionnelle dans notre mode de scrutin, s?est quelque peu cabré après les premières élections régionales tenues en septembre 2002 à Rodrigues. Il l?a fait savoir à qui de droit après avoir lu l?interview de Bérenger accordée le 4 janvier à l?express-dimanche.

Pour ce qui est des relations Etat-Eglise, le MSM joue cette fois la prudence, même si le Premier ministre se dit préoccupé par le sentiment de frustration suscité au sein du diocèse catholique par le récent jugement du Conseil privé. Il s?était brûlé les doigts fin 1995 à propos de la mise en pratique des recommandations du Select Committee sur la place à accorder aux langues orientales en fin d?étude du cycle primaire et n?entend pas refaire la même erreur. Un ministre du MSM confie à ce sujet qu?il « n?est pas question de suivre Bérenger aveuglément sur le dossier concernant la répartition des places dans les collèges confessionnels. »

Pas de « time-sharing »

Parmi les autres points sur lesquels les dirigeants de l?alliance peinent à obtenir le consensus, l?Integrated Resorts Scheme. A ce jour une dizaine de projets de construction de villas de luxe destinées aux étrangers et aux Mauriciens friqués ont été présentés au Board of Investment. Au départ, ces villas devaient être vendues et non louées. En effet, répondant à une Private Notice Question du leader de l?opposition, le 26 juillet dernier, Paul Bérenger était on ne peut plus catégorique. « Il n?est nullement question de time-sharing », disait-il. Or les dernières indications veulent que certains promoteurs auraient récemment sollicité auprès du Premier ministre l?autorisation de pouvoir faire du « time-sharing ».

Requête que le MSM entend contester de toutes ses forces. « Pas question de céder à de telles demandes car ce serait empiéter sur ce que les hôtels sont en mesure d?offrir », explique un membre influent du MSM.

A ajouter à cette liste de dossiers sensibles, la Muslim Personal Law que les gouvernements successifs ont évité de trancher depuis plus d?une dizaine d?années et sur laquelle le MSM a toujours exprimé des réserves.

Autant de dossiers donc qui mériteraient d?être à l?agenda de la rencontre de dimanche prochain au Domaine Les Pailles. Mais en politique, plus qu?en toutes choses, les divergences ne sont pas toujours évoquées devant tout le monde et droit dans les yeux.

Quand les travaillistes poussent à la roue

Requinqué par la victoire de son candidat Rajesh Jeetah, le Parti travailliste (PTr) prépare déjà ses batteries pour les prochaines élections générales. Si à ce jour le leader des rouges, parti en vacances à Londres, ne s?est pas manifesté, les seconds couteaux ne se gênent pas pour capitaliser sur le malaise qui a commencé à se poindre au sein de la majorité.

Même si, jusqu?ici, des responsables du Labour évitent d?aborder de front la question d?une éventuelle recomposition de la plateforme rouge-mauve, Arvin Boolell laisse comprendre que ce parti n?entend pas pour autant rester les bras croisés. « Nous ferons tout pour minimiser les risques. » Entendez les risques de défaite.

Il est d?avis que les choses vont mal au sein de l?alliance gouvernementale. « Le ver est déjà dans le fruit. Il n?y a qu?à écouter ce qui se dit chez l?électorat du MSM sur les raisons de la défaite de Prakash Maunthrooa pour comprendre que c?est la débandade ». Et d?ajouter que les rouges comptent « mettre le paquet pour accueillir ceux qui se sentent mal à l?aise au sein du MSM » tout en précisant qu?il n?est «pas question d?avoir affaire à Pravind Jugnauth.»

Tout faire pour contrer le MSM et son leader Pravind Jugnauth. C?est du moins l?impression qui se dégage des différentes déclarations des rouges. En effet, après avoir ciblé Paul Bérenger tout au long de la dernière campagne partielle, le PTr semble avoir changé son fusil d?épaule. Il concentre actuellement ses critiques contre Pravind Jugnauth. Il n?y a qu?à lire l?interview accordée en fin de semaine à un hebdomadaire par James Burty David pour s?en convaincre. Le responsable de la communication chez les rouges n?y va pas de main morte. Il juge que « le MSM est du passé » et parle de « règlement de comptes » entre les deux principaux partenaires de la majorité. Il voit tout recours à la proportionnelle comme un moyen pour le MMM « de se débarrasser du MSM. »

Comme quoi tous les moyens sont bons pour semer la zizanie chez l?adversaire.

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