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Dites-le avec les plantes

26 avril 2008, 00:00

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Petite histoire. Et signe qui ne trompe pas. Dans le calme de Pamplemousses, une nouvelle unité de soins vient d?ouvrir ses portes. Il s?agit de la clinique ayurvédique attachée à l?hôpital du Nord. Elle a été inaugurée jeudi dernier, 17 avril.

Parmi les premiers patients : les employés de ce nouveau service. Après avoir raconté comment il compte 39 ans de service, comment il a subi une chirurgie cardiaque et comment, à la suite de cela, «aster mo fer bann zafer leze leze», le Hospital Attendant, Ashanand Gooljar déplie soigneusement l?ordonnance qu?il conserve au fond de la poche de sa blouse blanche. «Sa medsinn la pe fer godam dan mo vant».

Le ton est donné. Le personnel est détendu. Causant, accueillant. Prenant le temps de faire un tour dans le jardin. D?ouvrir un fruit du badamier à l?aide d?un caillou, pour croquer la noix qui est à l?intérieur.

Dans ces lieux à l?abondante tranquillité, où les feuilles tombent dans un silence peu brisé, cela fait plaisir d?entendre des employés satisfaits. La Female Hospital Servant lance spontanément : «Lanvironman bon».

Anti-hôpital. Pour thérapie à base de plantes. Le bien-être à la clinique ayurvédique commence dès la cour. Pas d?allers et venues incessantes. Pas de parking bruyant. Plutôt un parc. Presque un avant-goût du Jardin de Pamplemousses.

Cela tombe bien. La clinique ayurvédique de l?hôpital du Nord est située à Pamplemousses. Pas dans l?enceinte de l?établissement, mais trois minutes plus bas, juste après l?arrêt d?autobus vers Port-Louis. Inaugurée le 17 avril, cette clinique ayurvedique et «panchkarma» est la première du genre dans le service public.

Elle occupe un local discret au fond du grand jardin auparavant réservé aux quartiers des médecins étrangers. Désormais, ils ne sont plus les seuls à profiter de cet espace où tout n?est que calme vert, habité par des multipliants, des badamiers, des palmiers, des papayers et des arbres à fleurs.

Dans la salle d?attente, aucune trace de la caractéristique «loder lopital», ce qui n?empêche pas les lieux d?être nets. Il y a d?ailleurs deux salles d?attente, l?une à l?intérieur, l?autre devant l?entrée. Fraîche et ombragée.

<B>40 patients par jour</B>

A la mi-journée hier, trois patients attendent leur tour, avec chacun sa carte jaune à la main. On s?y raconte ses petites misères. «Ayo do, mo gagn enn douler dan mo lipie.» On enlève sa chaussure, on baisse un peu sa chaussette. Et on se trouve soulagé rien qu?en parlant.

Jusqu?à ce que vienne son tour d?être examiné par Rhitambhar Gopaul, Ayurvedic Medical Officer. Elle nous explique la spécificité de son service : «Le ?panchkarma? c?est une branche de l?aryurvedique qui élimine les toxines. C?est aussi bien pour les malades que pour les gens en général.» Dans l?absolu, «panchkarma» signifie «panch», c?est-à-dire cinq et «karma», action.

«Pour le moment nous ne proposons que deux des cinq étapes, c?est-à-dire les massages à l?huile (oilation) et la sudation, ou thérapie à la vapeur. Cela veut dire que ce sont les traitements applicables aux patients en externe», poursuit le Dr Gopaul.

A la question sur la fréquentation de l?établissement depuis son ouverture, elle le chiffre à, «40 patients par jour pour le moment». Avant d?ajouter que l?ayurveda est une thérapie « sans danger», «apaisante» et indiquée «pour toutes les maladies excepté les urgences». Les pathologies aussi variées que le diabète, l?hypertension, les maladies de la peau, l?asthme et autres maladies respiratoires, la constipation etc? sont traitées par ce service. Elle affirme que ses services fonctionnent comme pour l?allopathie ? c?est-à-dire avec prise de sang et test d?urine préalables ? mais traités avec les principes ayurvédiques. Et des médicaments à base de plantes et de minéraux.

Il est bien évident qu?il s?agit là de médecine que cet ayurveda-là n?a rien à voir avec ce qui est pratiqué dans les spa et autres salons de beauté. «C?est vrai que c?est en vogue», reconnaît la doctoresse. mais «chez elle», un massage thérapeutique, actuellement prescrit seulement dans les cas d?arthrite et des douleurs aux articulations dure de 10 à 15 minutes, ou pour les maux de tête, avec pour contrainte d?être pratiqué sur trois jours consécutifs. Il faudra attendre pour le «shirodhara», technique basée sur l?huile qui coule goutte à goutte sur le corps.

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