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Dilo pourri

3 février 2007, 00:00

Par

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il y a eu de l?orage ! Il a plu ! Les réservoirs ont dû se remplir ! Les nappes phréatiques, n?en parlons pas : ça déborde ! Nous pouvons donc tous «switch off» de la question, mettre au repos le problème, nous remettre au gaspillage, tolérer l?intolérable légèreté affichée dans notre gestion de l?eau et oublier les prédictions que nous serons, en 2030, un pays « déficitaire » en eau par rapport à la demande?..

Ainsi va l?île Maurice, qui ne parle du « problème » de l?eau que du moment où il y a des restrictions et des « coupures », qui envisage ses défis de trafic routier des années après avoir dépassé le seuil du supportable, qui s?intéresse aux dysfonctionnements sociaux les plus aigus seulement quand ça a explosé après Kaya, qui envisagera sérieusement la question du traitement de nos déchets humains quand le premier cas (mortel) de choléra ou de typhoïde fera la «une» de nos journaux et qui évoquera sans passion, ni esprit retors l?avenir économique du pays (de l?ouverture et de la productivité à tout prix !), seulement quelques années après que nous ayons été obligés de remplacer le riz par la patate !

Dans quel pays normal est-il effectivement possible de révéler à la population que 80 % de l?eau collectée par le monopole étatique qui s?occupe de gérer nos ressources en eau «DISPARAÎT» (L?express du dimanche 14 janvier 2007) et ne voir absolument PERSONNE s?en offusquer ?

Dans mon pays, bien sûr !

Cette déclaration de M. Harry Boolauck, directeur général de la CWA, est tout simplement stupéfiante ! Mais il va plus loin. Beaucoup plus loin. Il accuse tout simplement les consommateurs de toutes catégories, allant des squatters aux grands hôtels. «Vous serez étonnés de savoir qui sont ces gens qui procèdent ainsi pour s?alimenter en eau.» Ah oui ? Etonnez-nous alors, puisque que la CWA appartient à l?Etat et que l?Etat, ce n?est certainement pas 70 députés qui se chamaillent à longueur de journée, ni même 40 000 fonctionnaires qui nous tournent en bourriques bien trop fréquemment pour que nous réagissions encore, mais bien vous et moi, contribuables, tax-payers, tondus de toutes sortes !

Vous vous rendez compte ! Déjà que nous savions que 40 à 45% de l?eau collectée et filtrée par la CWA était « perdue » dans des fuites de tuyauterie sans que l?on ait apparemment pu réduire ce pourcentage depuis 30 ans, maintenant l?on nous annonce qu?entre 35 et 40 % de cette même eau est VOLÉE. Voyez plutôt M. Harry Boolauck pointer du doigt : «? ceux qui ne sont pas responsables, au point de croire que voler de l?eau des conduits de la CWA est normal » et qui devant le constat que le vol est un délit pénal constate que : « La loi est une chose, mais sur le terrain, il en va autrement. Gran, gran politiciens pa finn capav met l?ordre dans sa zafer la.»

Nous voilà donc dûment informés et embouchés !

Il y a encore des régions de l?île sans eau courante, 24 h sur 24.

45 % de l?eau de la CWA se perd en FUITES.

35 % de l?eau de la CWA est VOLÉE et personne n?est puni.

On ne veut pas privatiser, ni ne peut-on investir dans la réduction des fuites et du vol d?eau.

Chaque année, à partir de septembre-octobre, l?on parle du niveau des réservoirs mais pas de ce qui les vide à 80 %, impunément. (Remarquez que les fuites, au moins, alimentent les nappes souterraines : c?est peut-être cela le plan miracle d?«économiser» l?eau ?).

Les fuites ne peuvent, de toute manière, se réparer sans «overtime» (la semaine de 35 heures devrait donc aider?. Pourquoi alors s?arrêter en si bon chemin, aux «normes» françaises et ne pas y aller franchement pour les ?24 heures ?)

Nos politiciens sont incapables d?y mettre de l?ordre.

A quoi sert donc Mr Boolauck (et ses prédécesseurs !), le ministre des Infrastructures publiques (et les ministres des Travaux publics qui l?ont précédé), les divers cabinets ?

A aller dans les cocktails ? A assister à des réunions importantes à l?étranger avec billets de première classe et per diem en devises lourdes ? A voyager en limousine, avec estafette, en nous mettant aux arrêts et au garde à vous quand ils veulent bien se déplacer vers leurs « biros » bien graissés ? A découvrir, retrouver ou rester au « pouvoir » , sans pouvoir rien y faire ?

On finira par le croire !

Assez gaspiller du temps ! Il faut des résultats ! PUBLIEZ, pour commencer, les noms de ceux qui font «disparaître» 80 % de l?eau de la CWA : ministres, directeurs, ingénieurs, voleurs?

PUCK

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