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Difficile vainqueur, Prodi veut former le nouveau gouvernement

13 avril 2006, 00:00

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Silvio Berlusconi a refusé, avant-hier, de reconnaître la victoire revendiquée par l?union de la gauche aux législatives de dimanche et lundi en Italie, et contesté les résultats publiés par le ministère de l?Intérieur pour les deux Chambres du Parlement.

Après avoir obtenu la majorité à la Chambre des députés, la gauche a été officiellement proclamée gagnante au Sénat. Selon des résultats officiels fournis par le ministère de l?Intérieur, la coalition des partis de gauche a obtenu 342 des 630 sièges à la Chambre des députés et 158 sur 315 au Sénat.

?Gouverner pour réconciler le pays?

?Personne ne peut dire aujourd?hui qui a gagné les élections en Italie?, a réagi le président du conseil sortant, Silvio Berlusconi, lors d?une conférence de presse donnée en fin d?après-midi. ?Prodi a été irresponsable de se déclarer vainqueur?, a-t-il poursuivi, en évoquant de ?nombreuses irrégularités? lors du scrutin, notamment à l?étranger. ?Nous n?hésiterons pas à reconnaître la victoire politique de nos adversaires quand les votes seront vérifiés?, a néanmoins assuré Silvio Berlusconi.

?Il est grave d?insinuer que l?issue des élections aurait été faussée, modifiée ou manipulée?, lui a répondu dans un communiqué l?Olivier, principale composante du centre-gauche italien.

Les partisans de Romano Prodi devront néanmoins composer avec cette nouvelle donne électorale, résultat de la réforme controversée du scrutin, qui a littéralement divisé le pays en deux camps opposés. Et la décision de la droite de contester les résultats des élections risque d?attiser les tensions provoquées par la virulente campagne électorale.

Une situation qui n?est pas forcément défavorable à Silvio Berlusconi, et qui lui a permis de suggérer la formation en Italie d?une grande coalition gouvernementale, sur le modèle de celle au pouvoir en Allemagne. ?Je pense que ce serait une preuve d?humilité de la part de chaque camp, mais aussi de responsabilité. Je ne pense pas qu?il soit bon pour le pays de continuer ainsi dans une sorte de guerre civile?, a-t-il ajouté lors de sa conférence de presse. ?Il Cavaliere? a assuré que si la gauche et la droite s?entendaient sur une telle coalition, il ne nourrirait aucune ambition personnelle.

Romano Prodi a rejeté cette option, tout en faisant preuve d?une volonté de réconciliation. ?à partir de maintenant, une page se tourne. Nous sommes restés longtemps sur le fil du rasoir, mais au final la victoire est arrivée. Nous devrons gouverner de manière sereine pour réconcilier le pays. Et nous allons commencer tout de suite à travailler?, a-t-il assuré.

À titre de première mesure ?de rupture?, le leader de la gauche s?est engagé à retirer les troupes italiennes de l?Irak dès sa prise de fonctions.

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