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Diego Garcia, l?interdite

30 septembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Alors que les batailles juridiques autour des Chagos s?éternisent à Londres, que les revendications mauriciennes pour la souveraineté de cet archipel sont renvoyées (à la tribune des Nations unies) aux calendes grecques, le Pentagone maintient la base militaire de Diego Garcia loin des caméras des médias, soient-ils américains ou autres.

Massimo Calabresi, correspondant de Time Magazine, en a fait l?expérience au début du mois. Il voulait profiter du passage éclair de George Bush à Diego Garcia, le temps qu?Air Force One se ravitaille en carburant, pour faire un reportage de l?île militarisée. Le président américain revenait de l?Iraq et faisait route pour l?Australie.

Quand Bush a atterri, il a eu droit à une haie d?honneur sur le tarmac de Diego Garcia. Les journalistes, eux, ont été tout de suite emmenés dans un auditorium, alors que le président s?entretenait avec les différentes troupes US. « When I tried to leave the building to look around, some courteous airmen said I didn?t have the proper clearance », écrit Massimo Calabresi, dans son article, Postcard : Diego Garcia, publié dans le dernier Time Magazine.

« But if I wasn?t going to do any reporting on the expulsion of Chagossians or on terrorist suspects like the Indonesian al-Quaeda leader Hambali, who is believed to have been held on the island, I at least wanted proof I?d been there (?) I still wanted evidence », ajoute Calabresi. Mais peu après, sans qu?il ait eu le temps de réaliser son scoop journalistique, il a été reconduit, avec les autres membres de la délégation, à bord d?Air Force One.

Qui a décollé après une escale de 90 minutes seulement.

Cet incident, que d?aucuns pourraient qualifier d?anodin, nous rappelle aussi la stricte surveillance militaire ayant entouré ceux qui ont visité, l?année dernière, la terre de leurs ancêtres. Sur les autres îles des Chagos, Peros Banhos et Salomon, la surveillance est toutefois moins intense que sur Diego Garcia.

Après Guantanamo, ce manque de transparence autour de cette base militaire, capitale pour toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, préoccupe de plus en plus les ONG militant pour les droits de l?homme ici. Plusieurs études académiques évoquent le cas de Diego Garcia, à Londres comme aux États-Unis.

Ainsi, selon l?un des plus virulents critiques de la base méconnue, Brian Cloughley, ancien de l?Onu spécialisé sur les affaires militaires, l?administration US « maintains a nuclear weapons' storage site on Diego Garcia. They have created a prison there to which non-persons are taken, probably to endure God-knows what savagery from interrogators. The International Red Cross, that last bastion of freedom on which the world can rely for truly neutral observation on human rights, is forbidden to set foot on the atoll ». Loin d?une carte postale, avec beaucoup de béton, de quoi faire frémir plus d?un?

Nad SIVARAMEN (des États-Unis)

LE FORCING CHINOIS

La Chine, avec sa diplomatie ouvertement agressive, veut à tout prix contrôler l?océan Indien (OI), et elle met les bouchées doubles. C?est le constat convergent de John Price, ancien ambassadeur US à Maurice (2002-2005), et de James Mancham, ancien président des Seychelles, exprimé cette semaine à l?université d?Utah.

Selon Mancham, les États-Unis font, depuis quelques années, une grave erreur stratégique en Afrique et dans la zone OI, ou certaines ambassades ont été fermées, dont celle des Seychelles. « That sends the wrong message. In the meantime, China has expanded its presence in Africa and the Seychelles. And Chinese President Hu Jintao ? president of the world?s most populous country ? recently visited the Seychelles, one of the world?s smaller countries with just 82,000 people. »

Selon l?ancien ambassadeur Price, connu comme un proche de George Bush : « Most ambassadors don?t spend any time in these countries (where embassies were closed). » Basé à Maurice, il se rendait aux Seychelles et aux Comores trois à quatre fois l?an : « That?s one thing the State Department does not encourage, because it?s not in the budget. I spent my own money to do these things. »

Et c?est Mancham qui a conclu sur une note d?alerte : «The United States is in Diego Garcia. If the Chinese come to the Seychelles, they will neutralize the importance of Diego Garcia. »

Et Price d?ajouter, « We?re not paying attention. We?re distracted. »

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