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Dharam Gokhool et Mgr Piat campent sur leurs positions

28 février 2006, 20:00

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Un objectif commun, mais deux voies opposées pour espérer y parvenir. Il est peu probable que Dharam Gokhool, ministre de l’Education, et Mgr Maurice Piat, évêque de Port-Louis, soient un jour sur la même longueur d’onde en ce qui concerne la réforme de l’éducation. A l’inauguration officielle du collège Lorette de Bambous-Virieux, leur divergence était visible.

A l’heure des discours d’abord. Les deux personnalités ont chacune défendu son point. “L’éducation est là pour faire chaque humain grandir comme un humain. Elle est là pour développer notre humanité, ce qui ne veut pas dire remplir uniquement la tête avec de la connaissance. Il est préférable d’avoir une tête bien faite qu’une tête bien pleine. Il faut pouvoir apporter sa contribution à la société”, considère Mgr Piat.

Vivre ensemble

Selon lui, le but de l’éducation “doit nous apprendre à acquérir une colonne vertébrale morale. Elle doit faire des gens de différents milieux, de différents niveaux et de différentes capacités vivre ensemble. Pa dir nou pa kapav, me ki nou kapav. Dan l’edikasyon zame dir napa kapav”, ajoute-t-il.

Le ministre de l’Education partage sa vision qui est de soutenir ceux qui en ont besoin. “Nous sommes d’accord sur ce point. La voie que nous choisissons peut être différente mais l’objectif est le même”, dit Dharam Gokhool.

“Le nouveau système de grading comprenant le A+ correspond à cette philosophie qui est de déverrouiller le potentiel de l’enfant, tirer le meilleur de lui-même, sans tenir compte de communauté, de classe ou de religion. Le seul critère sera le mérite basé sur la performance”, avance Dharam Gokhool.

Pour ce dernier, le message que veut faire passer le gouvernement est simple. “Il y a 100 points à obtenir dans chaque sujet et nous disons –go for the 100 marks - visez l’excellence. Nous voulons motiver tous nos enfants à faire mieux. Nous ne voulons pas privilégier les meilleurs au détriment des slow-learners. Le nouveau système est une opportunité offerte à tous de faire mieux et elle est ouverte à tous”, précise-t-il.

A plusieurs reprises, Maurice Piat a indiqué que le nouveau système de grading incitera une trop forte compétition, qui désavantagera tous les écoliers pour diverses raisons et en particulier ceux qui sont moins performants. Implanter un collège Lorette à Bambous-Virieux était un besoin.

Dans ce petit village de la côte Sud-Est, les soeurs de Lorette ont favorisé la création de l’établissement, malgré toutes les réticences. “Des personnes nous ont dit : Fer dan lavil kot pou gayn zelev ek bon not, mais moi je vois que tous les enfants peuvent réussir aux examens. Chaque personne a une grande capacité, mais il faut des gens qui ont la foi dans le coeur, qui croient dans la valeur de chaque personne”, déclare Mgr Piat. L’allusion est claire.

Une fois la cérémonie officielle terminée, les deux antagonistes ont chacun continué à défendre ses positions. Pendant une dizaine de minutes, Dharam Gokhool et Mgr Piat se sont parlé pour tenter de se convaincre l’un l’autre. “Nous avons le même objectif mais vous brisez les routes qui y mènent”, devait même indiquer Mgr Piat.

“Batteries à plat”

A la fin de cette conversation, Mgr Piat devait lâcher, se tournant vers Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie et de la Pêche, qui était présent en tant que député de la circonscription, “mes batteries sont à plat. Je n’ai plus de courage”.

Bambous-Virieux est le premier collège de Lorette à être mixte. Actuellement, cet établissement compte près de 200 élèves et pourvoit des cours jusqu’à la Form IV. C’est au 6 avril 1973 que remontent ses origines lorsqu’est inauguré le centre Notre-Dame. Une trentaine de filles y suivent alors des cours de cuisine et de couture.

Un an plus tard, un département pour garçons sera ajouté. “En 2001, le centre est transformé en centre préprofessionnel et sera rattaché au Lorette de Mahébourg”, explique Soeur Marie-Ange Lim, la Provinciale de Lorette. En 2003, le centre est converti en collège Form I à V. A la fin 2004, le bâtiment arrive à sa capacité d’accueil maximale. Il est devenu évident qu’il fallait construire. Deux ans plus tard, la construction des nouveaux locaux, au coût de Rs 25 millions, est terminée.

L’établissement, dont la manageuse est Maryse d’Espaignet et la directrice Chantal Dijacques, est le septième portant le nom de Lorette à Maurice. Les autres sont situés à Port-Louis, Vacoas, Rose-Hill, Quatre-Bornes, St-Pierre et Mahébourg.

La création de ce collège de Form I à V répond à la volonté de l’Eglise d’implanter davantage d’établissements secondaires dans des zones défavorisées. C’est ainsi qu’un collège St-Mary’s est en construction à Bambous, que le BPS Fatima de Triolet sera transféré vers Goodlands avant la fin de l’année et que le St-Esprit de Rivière-Noire devrait voir le jour probablement en 2007.

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