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Devoirs et déboires

3 décembre 2005, 20:00

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Stop ! Je dis stop ! À l’avalanche de devoirs sous laquelle nous, parents, sommes ensevelis jour après jour. Assez ! Ces devoirs, c’est devenu ma hantise, mon angoisse, que dis-je mon cauchemar quotidien. J’avais oublié à quel point la première année du primaire était éprouvante pour les nerfs. Entre l’apprentissage de la lecture, les exercices d’écriture et les dictées, je ne m’en sors plus. D’abord, impossible de tout faire en un temps record. Oui, parce qu’entre le moment où l’on rentre à la maison et celui où l’enfant se couche, il faut aussi caser le dîner, la toilette (si vous croyez que se déshabiller, se doucher et se laver les dents, ça ne lui prend que cinq minutes, vous vous fourrez le doigt dans l’œil, c’est minimum une demi-heure et dix rappels), l’histoire du soir et un câlin. Le tout en deux heures chrono, si on veut qu’il dorme suffisamment pour être en forme le lendemain.

Mais tout ça, c’est rien à côté de la séance proprement dite. Quoique je fasse, ça se termine en drame. Et vous savez pourquoi ? D’abord, parce qu’à six heures du soir, un enfant de 6 ou 7 ans, qui est debout depuis 12 heures dont six passées à l’école, n’est plus capable de se concentrer. Même la mienne qui est plutôt du genre monté sur ressort dès le saut du lit, commence à donner des signes de faiblesse. Vous me direz qu’elle a encore assez d’énergie pour me faire tourner en bourrique… oui mais ça, c’est une seconde nature, inépuisable chez les enfants. Ensuite, parce que de votre côté, vous n’avez pas jeté votre part au chien (qu’il faut penser à nourrir entre les devoirs et le dîner) question boulot. Résultat : au bout d’une demi-heure (temps limite de concentration chez un enfant de cet âge-là), ça dégénère. Vous perdez patience, elle se braque, vous criez, elle pleure. D’autant que le comble, c’est que plus les textes deviennent difficiles, moins ils semblent passer de temps dessus à l’école. Je ne sais pas si les profs sont en retard sur le programme ou pressés d’en finir, mais le fait est que les enfants n’assimilent plus convenablement. Du coup, le soir, ils ont encore plus de mal. Et qui en fait les frais ? Les parents, bien sûr, à qui l’on demande de se transformer au pied levé en pédagogue aguerri. Ben désolé, en ce qui me concerne, j’ai pas les compétences.

De deux choses l’une : ou les devoirs ont été conçus spécialement pour les mères qui ne travaillent pas, ou bien c’est un truc inventé par des sadiques qui veulent nous en faire baver, selon le principe « y’a pas de raison qu’ils ne trinquent pas eux aussi ».

En tout cas, moi, c’est décidé, je rends mon tablier. Parce que j’ai pas envie que les deux heures que je consacre par jour à ma mouflette deviennent un véritable enfer pour elle. Rashid Beebeejaun, le vice-Premier ministre, a bien raison de plaider pour un changement de mentalité et d’attitude en matière d’éducation. Le bourrage de crâne, c’est bon pour les robots. Péter les plombs aussi.

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