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Dev Hurnam transféré à la prison de Richelieu

1 mai 2007, 00:00

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À la New Wing de la prison de Beau-Bassin, où se trouve actuellement Dev Hurnam, condamné à six mois d?emprisonnement, les gardiens ne cessent de pester contre? le nombre de visiteurs que reçoit l?avocat. ?Ils sont tous avocats et sont ses amis mais prétendent être les avocats du détenu. Nous n?y pouvons rien?, dit un gardien. Qu?à cela ne tienne, ils n?auront peut-être plus à s?en plaindre, puisque Dev Hurnam pourrait être envoyé à la prison de Richelieu.

C?est ce qu?affirment les gardiens affectés à la prison de Beau-Bassin eux-mêmes. Si le commissaire des prisons (CP)

L. Vijayanarayana n?était pas disponible pour une confirmation, Rama Valayden, ministre de la justice, a confirmé la nouvelle en affirmant que ?ce n?est pas un traitement de faveur? et en précisant qu?il s?agit là d?une décision de l?administration pénitentiaire.

En effet, le choix de transférer un détenu est strictement du ressort de l?administration pénitentiaire ? en théorie. Le transfert de Hurnam ? dont l?arrestation date de vendredi après-midi ? de la New Wing de la prison de Beau-Bassin devrait se faire incessamment.

?Peu dangereux?

De cette New Wing tristement célèbre à cause de nombreux incidents dans un passé pas très lointain, Hurnam rejoindra les quelque 140 ?pensionnaires? de la prison ouverte. Richelieu est un lieu où réhabilitation et réinsertion ne sont pas de vains mots. La prison de Richelieu est le lieu où sont envoyés les condamnés que les autorités pénitentiaires jugent ?peu dangereux? et qui ne risquent pas de s?enfuir. À un moment, ceux condamnés pour des délits de drogue n?y étaient pas admis. Il semble, selon un gardien de prison, que ce n?est plus le cas : ?Tou ale aster?, affirme-t-il. Dans le temps, certains prisonniers politiques y étaient aussi logés.

Comme l?appellation open prison le laisse entendre, la sécurité y est minime. L?administration du lieu est basée sur la confiance. Le chanteur Marclaine Antoine a fait un séjour à Richelieu, de même que Ponsamy Pongavanam qui, lui, y est resté dix ans. Gérard Tyack y est quant à lui, toujours en détention.

Dev Hurman s?est semble-t-il fait à l?idée de purger sa peine, qui sera d?un peu moins de six mois car il est éligible à une remise de peine d?un tiers de sa sentence. Son dernier recours est la grâce présidentielle mais ce recours ne donne pas droit à un condamné à une suspension de sa sentence en attendant qu?une décision soit prise.

Il y a trois ans, en avril 2004, Dev Hurnam avait organisé un ?rassemblement de la vérité? à Triolet après que la Cour suprême lui eut donné gain de cause dans cette même affaire. L?avocat avait affirmé être victime ?d?une clique dans le judiciaire? qu?il rendait responsable de tous ses problèmes avec la justice. Comble de l?ironie pour Dev Hurnam, trois ans après, c?est le Conseil privé ? celui-là même qui avait ordonné sa libération sous caution en juillet 2004 après qu?il eut passé trois mois en détention ? qui le renvoie derrière les barreaux. Sa mise en détention, en 2004, faisait suite à des ?aveux? d?Antoine Chetty, selon lesquelles Hurnam avait commandité une agression contre le Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen.

Et les démêlés de Dev Hurnam avec la justice ne sont pas terminés; il comparait jeudi en cour intermédiaire sous une accusation de complot en vue de sectionner le poignet du Senior Puisne Judge.

DÉMENTI

Me Hawoldar : ?Je ne sais d?où vient cette rumeur?

■ La forte rumeur selon laquelle un avocat ? en l?occurrence Me Siddhartha Hawoldar ? se préparait à jurer un affidavit en Cour suprême pour dire qu?il avait témoigné en 2000 que Hurnam n?avait pas donné de faux alibi, a été démentie par le principal concerné. ?Je ne sais pas d?où vient cette rumeur, elle n?est absolument pas vraie?, nous a affirmé Me Hawoldar. Avant qu?elle ne soit démentie, cette rumeur a fait réagir beaucoup d?avocats, dans la mesure où une telle démarche n?aurait, selon nos informations, eu aucun effet sur le jugement du conseil privé.

ANECDOTE

?Mo avoka dan prizon vot oner?

■ La scène se passe devant la magistrate du tribunal correctionnel de Port-Louis hier. La salle est bondée et la présidente de séance expédie les affaires courantes.

À l?appel de son nom, un homme, la cinquantaine, s?approche d?un pas mal assuré pour prendre place dans le box des accusés. La magistrate se penche sur le dossier qu?on vient de lui présenter. À ce stade de l?affaire, la présence de l?avocat de la défense est nécessaire et elle demande à l?accusé :

? Kot ou avoka ?

? Li pas la.

? Kot li ete ?

? Mo pas kone, monn rod li, mo pann trouv li.

La magistrate semble outrée des aises que prennent certains hommes du barreau.

? Li pann donn ou enn let ? Li pou gaygn problem ar mwa.

? Mo pa finn kapav zwen ar li.

? Ki sann la ou avoka ?

? Se misie Dev Hurnam. Li dan prizon vot oner !

Alors que des éclats de rire fusent dans la salle, la magistrate tente tant bien que mal de dissimuler un sourire. L?affaire a été renvoyée à une date ultérieure pour que le prévenu soit assisté d?un avocat.

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