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Deuxième nuit sous la tente pour les sans-logis

23 juillet 2005, 00:00

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Elles sont 76 familles à avoir forcé des maisons de la National Housing Development Company (NHDC) de Camp-Levieux, Stanley, à la veille des élections. Elles ont obéi, jeudi, à l?ultimatum gouvernemental d?évacuation desdits logements. Et ont, hier, passé une deuxième nuit sous la tente au pied du Corps-de-Garde. Mais contrairement à la veille, plus de la moitié de ces familles ont dormi sous une marquise montée sur le terrain de football de la localité avec l?assentiment du maire de Beau-Bassin-Rose-Hill.

La marquise a été louée par Xavier-Luc Duval, vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, à la suite d?une intervention de Guy Arékion, président de l?organisation non gouvernementale Awake, et directeur du Tourism Employees? Welfare Fund. Le ministre Duval se propose d?ailleurs d?écouter les doléances de ces sans-logis cet après-midi à 13 heures.

Depuis qu?ils sont à la rue, ces derniers ont bénéficié de l?accompagnement humanitaire de l?Eglise catholique, notamment des s?urs Franciscaines et de mouvements religieux tels que l?Eglise chrétienne de Curepipe. Le politique Cehl Meeah leur a également offert des tentes. Plusieurs travailleurs sociaux et des habitants de l?endroit leur ont rendu visite pour voir dans quelle mesure ils peuvent se montrer solidaires.

Il y a fort à parier que ces sans-logis interpelleront le ministre Duval sur les intentions du gouvernement à leur propos. Il y a deux jours, son collègue du Logement, Asraf Dulull, qui était sollicité pour la même chose, avait placé la responsabilité sur les épaules du Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups et sur celles de l?Eglise catholique.

Cette dernière ne l?entend pas de cette oreille. Le vicaire général, Jean-Maurice Labour, a fait de l?accompagnement avec les sans-logis de Camp-Levieux et de Chebel jeudi soir jusqu?à trois heures du matin et est à même d?affirmer que «90 % d?entre eux sont en situation de détresse réelle». Mais, précise-t-il, «l?Eglise ne va pas remplacer l?Etat dans sa responsabilité de trouver les moyens de procurer un logement aux citoyens mauriciens. Pourquoi l?Etat n?utilise pas ses centres municipaux pour héberger ces sans-logis? Quand cela arrange les gens, on demande à l?Eglise d?intervenir. Et quand celle-ci le fait avec sa liberté d?expression, on demande aux prêtres de retourner à leurs sacristies».

Enquêtes sociales bientôt bouclées

Le vicaire général ajoute que l?Eglise continuera son travail d?accompagnement. Ce matin, les religieuses franciscaines emmèneront les enfants souffrant de fièvre et de conjonctivite à l?hôpital. Il est aussi attendu des chrétiens qu?ils récupèrent les vêtements sales des sans-logis, les lavent et les leur restituent et que les scouts désinfectent les lieux et trouvent d?autres endroits alternatifs de sanitaires.

Jean-Maurice Labour estime qu?il faut une gestion à long terme pour le problème des sans-logis, qui ne date pas d?hier. Selon lui, pour qu?il y ait un tri entre les cas réels et les profiteurs, il faut qu?un comité national réunissant la NHDC, le ministère de la Sécurité sociale, le Trust Fund et un avocat représentant ces sans-logis, examine et gère chacun de leurs dossiers «dans la transparence».

De son côté, Shyam Hurbenz, Programme Coordinator du Trust Fund, explique qu?il a été demandé aux 571 sans logis qui se sont fait enregistrer auprès des Citizens? Advice Bureaux de regagner leurs anciennes maisons pour faciliter les enquêtes sociales du Trust Fund qui démarrent lundi. «Celles-ci seront bouclées dans une semaine et nous permettront de dresser leur profil. Nous établirons alors une liste de priorités et des urgences et celle-ci sera soumise au ministère du Logement qui devra prendre une décision de concert avec la NHDC. Notre rôle s?arrête là.»

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