Publicité

Deux géants s?affrontent sur le marché du livre scolaire

9 janvier 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La queue devant leurs librairies a de quoi rendre le sourire aux libraires. Les parents se bousculent pour acheter des livres de classe. Le marché est restreint mais il se porte bien. Il y a une quarantaine de vendeurs de manuels scolaires mais le marché est dominé par Les Editions de l?océan Indien (EOI) et Les Editions Le Printemps (ELP). Ils se targuent d?ailleurs, chacun, de leur chiffre d?affaires. « Nous tournons autour de Rs 90 millions par an », déclare Ahmad Sulliman, directeur général d?ELP. «Notre chiffre d?affaires est de Rs 70 m », indique Sunil Kundun, le Marketing Manager d?EOI.

Alors que les « petites » librairies profitent de cette période faste pour faire rentrer des sous dans leur caisse, ELP et EOI, comme à chaque rentrée scolaire, se livrent à des attaques mutuelles. Chacune essaie de consolider ses assises sur le marché comprenant des livres imprimés localement et importés. La première est une entreprise privée alors que la seconde est une compagnie appartenant à l?Etat.

«C?est la même chose chaque année avec EOI. À cause de leur manque de professionnalisme, certains manuels ne sont pas disponibles sur le marché.» Le ton hargneux du directeur d?ELP à l?égard d?EOI en dit long sur les relations entre les deux concurrents. Il faut souligner que le marché des manuels scolaires concerne surtout le secondaire car au primaire les livres sont distribués gratuitement aux enfants par l?État.

Si la librairie de Vacoas tempête chaque année, c?est parce qu?elle est mécontente du monopole de son concurrent sur la publication et la distribution des manuels de Form I à III. « Il faut libéraliser ce marché et tout le monde sera gagnant », réclame son directeur, Ahmad Sulliman.

Si le gouvernement garde jalousement la fourniture des manuels du « lower secondary » sous le contrôle d?EOI c?est pour s?assurer du contenu, de la qualité de l?impression et du prix de ces manuels. « EOI a été créée pour ça. Les prix auxquels les parents achètent nos livres sont très raisonnables», souligne le Marketing Manager de la maison d?édition.

C?est ainsi qu?EOI publie les manuels prescrits par le ministère pour les Form I à III qu?elle fournit aux libraires. Au total, 36 titres. Le directeur d?ELP est d?avis que le public aurait eu un produit de meilleure qualité sans ce monopole. « Jusqu?ici le gouvernement est satisfait du rôle d?EOI dans ce secteur », réplique le Marketing Manager.

Les opinions divergent parmi les libraires sur la disponibilité de ces livres sur le marché. « EOI n?a pas pu honorer son engagement envers le public. Il manque encore une vingtaine de livres sur le marché pour les Form I à III», affirme le directeur d?ELP en nous montrant la liste des livres concernés.

Des parents à la sortie de certaines librairies de la capitale disent qu?ils n?ont pu faire l?acquisition de tous les livres. En revanche, la directrice d?une librairie de Rose-Hill est d?un avis contraire : «La situation n?est pas catastrophique. Plus de 80 % des livres du secondaire sont là.» A EOI le Marketing Manager soutient qu?à ce jour, seuls deux titres destinés à la Form II ne sont pas arrivés chez les libraires, notamment le manuel de Science (new ed.) et Introductory Computer Studies (new ed). «Tous les autres livres sont disponibles dans les succursales d?EOI », dit-il.

Si les prix des manuels des Form I à III sont plus ou moins accessibles, en revanche, ceux des classes supérieures ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Les parents d?un élève de Form IV, par exemple, devront réunir en moyenne Rs 1 700 pour l?acquisition de ses livres et il faut un budget de Rs 2 000 pour un élève de HSC.

Il ne faut pas s?étonner que certains parents privilégient les livres de seconde main. D?autant que ces manuels trouvés chez les « spécialistes de seconde main» sont en très bon état.

VENDEURS SAISONNIERS

Rs 400 pour un manuel de français de Form IV, Rs 800 pour un livre de biologie, les librairies feraient-ils alors de bonnes affaires sur le dos de la population ? « Pas du tout », réplique la libraire de Rose-Hill. «Les petites librairies ne font que couvrir leurs frais. Si c?était le cas, beaucoup n?auraient pas abandonné les affaires ces dernières années ».

C?est vrai que bon nombre de ceux actifs dans la vente des manuels en début d?année sont en fait des « saisonniers ». Ils se recyclent dans des d?activités plus lucratives à la fin du premier trimestre. Ils se transforment en agents immobiliers ou courtiers pour vendre des terrains.

Mais ce n?est pas le cas d?ELP et d?EOI qui ont une santé resplendissante. « Nous ne faisons pas de pertes et nous ne faisons pas non plus de profits anormaux », dit Sunil Kundun d?EOI. Chacun des deux concurrents se fait fort de dire qu?il contrôle plus de la moitié du marché. « Nous sommes la plus grande surface du livre », se flatte pour sa part A. Sulliman.

Retard dans la distribution au primaire

La distribution des manuels au primaire accuse un petit retard. Un retard imputé à

T-Printers, aux Editions le Printemps (ELP) et aux Editions de l?océan Indien (EOI), qui ont obtenu le contrat pour la fourniture de ces manuels. Les trois fournisseurs n?ont livré jusqu?ici qu?une partie de la commande. Les responsables d?EOI affirment avoir déjà remis au gouvernement 80% de la commande et qu?ils livreront aujourd?hui ce qui reste. Du côté d?ELP, on explique que le retard a été causé par le passage de Darius qui aurait empêché le débarquement dans le port de la cargaison de livres. « À cause du cyclone, le bateau qui transportait les livres est reparti », affirme Ahmad Sulliman. « Les conteneurs arrivent cet après-midi

(NdlR : hier) et nous livreront les livres à partir de mardi. » Le ministère dit que la « situation est sous contrôle » et rassure les parents que, d?ici le 20 janvier, tous les livres auront été distribués aux élèves. Il mène aussi une enquête sur une éventuelle pénurie de livres au secondaire.

Publicité