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Deux bébés brûlés vifs à Roche-Bois

25 octobre 2003, 20:00

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Tout le monde se presse pour venir aux nouvelles, route Abattoir, à Roche-Bois. En face du grossiste Chan Tai Kong, Bruno Léopold doit régulièrement cesser de balayer les résidus carbonisés sur l?escalier menant à la maison sinistrée des Sonahi et des Nanon pour répondre aux questions des badauds. « Ici fine arrive sa ? Ene drame sa, pane kapav fer narien pou sa deux piti là ? » demande un habitant du quartier qui vient d?apprendre à la radio le décès tragique de Julio et de Julien Sonahi, âgés de deux et un an.

Les deux enfants dormaient à poings fermés lorsque la frêle case en bois et en tôle de leurs parents est partie en fumée vendredi soir. Ils n?ont pu être sauvés à temps, prisonniers du brasier.

« Il était aux alentours de minuit lorsque j?ai entendu des cris : Zenfant pé mort endan? La mère, Michelaine, a pu s?échapper avec son dernier, Guilano, âgé de six mois, dans les bras, tout comme le grand-père et la grand-mère, Ivy Nanon. Le père, Emmanuel, a été brûlé sur différentes parties du corps. Nous autres les voisins on n?a rien pu faire pour sauver les gosses. On aurait pu empêcher l?incendie de se propager mais l?eau avait cessé de couler depuis 20h30? On ne pouvait pénétrer dans la maison car le brasier était trop important. Les pompiers ne sont arrivés que vingt minutes plus tard. Malhéré tou létan gagne bézé », lâche laconiquement un voisin.

Il semble encore une fois que c?est le mode de vie précaire des parents des victimes qui a provoqué ce drame. N?ayant pas l?électricité, la famille Sonahi s?éclairait avec des bougies depuis dix-huit mois. Le feu se serait déclaré à partir d?une bougie, selon la police qui attend le rapport des pompiers pour connaître l?origine exacte du drame. Les flammes ont dû se propager rapidement étant donné que la maison était très vieille et que le grand-père, menuisier, y stockait du bois.

Il ne reste plus rien de la maison que louaient les familles. Les lits en métal se sont tordus sous l?effet de la chaleur, la cuisinière a littéralement explosé, une bonbonne de gaz gît entre les décombres telle une bombe à retardement et un gros tas de charbon délimite l?emplacement où les deux enfants ont péri.

Gravement brûlés, Emmanuel, 25 ans, et son fils Guilano, sont actuellement au service des grands brûlés de l?hôpital Candos. La grand-mère, Ivy, 54 ans, moins atteinte, est sous observation à l?hôpital Jeetoo, à Port-Louis. Après avoir perdu ses deux enfants et son toit, Michelaine, 22 ans, est écrasée par le chagrin. Tétanisée, son regard fixe les deux sacs en plastique placés dans les deux cercueils alignés dans le salon d?un proche à Roche-Bois. « Kifer bondié? » , murmure-t-elle.

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