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Deux ans de prison à un receveur pédophile
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Deux ans de prison à un receveur pédophile
Ses larmes ont parlé là où la parole lui a fait défaut. Le témoignage émouvant de cette fille de six ans, à l?allure frêle et timide, a suffi pour conduire le concubin de sa mère en prison. Meherra Mungar, un receveur d?autobus, était accusé d?attentat à la pudeur sur la fillette. Cet habitant de Plaine-Magnien a été condamné à deux ans de prison hier par la cour intermédiaire. Il avait lui même assuré sa défense, son avocat s?étant retiré au dernier moment.
Meherra Mungar vivait chez sa concubine, Sourekha. Celle-ci habitait une modeste demeure avec son fils et sa fille, nés d?une précédente union. La vie n?était guère facile pour cette mère de 30 ans. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle se levait très tôt pour aller travailler dans les champs de cannes. Son absence le matin n?était jusque-là pas un problème puisque ses enfants se préparaient eux-mêmes pour l?école.
Mais le 16 juin 2005, sa vie et celle de ces enfants vont être bouleversées à jamais. En rentrant de l?école l?après-midi, la petite raconte son traumatisme à sa mère. Ses révélations sont accablantes. Elle allègue que Meherra Mungar l?a emmenée dans sa chambre le matin alors qu?elle était toujours dans un état de somnolence. Il lui aurait alors enlevé ses sous-vêtements avant d?en faire de même.
La victime était hésitante à relater sa mésaventure en cour dans un premier temps. Elle a même fondu en larmes à plusieurs reprises. Elle devait simplement dire que l?accusé avait fait quelque chose qu?il n?aurait pas dû. Mais le peu de détails qu?elle a donnés a été suffisant pour convaincre la cour. «Je ne pense pas que c?est le comportement d?une enfant qui ment ou qui a été entraînée par sa mère. Elle n?a rien appris par c?ur mais était réellement peinée par ce qui s?est passé», a souligné le magistrat dans son jugement.
Mais à son frère aîné, la petite fille a tout dit. Et cela, juste après sa mésaventure. Le frère n?a pas dénoncé Meherra Mungar immédiatement mais a attendu que sa s?ur rentre de l?école. Irresponsabilité ou indifférence? Rien de tout cela. Il avait peur.
En cour, il a, en effet, révélé que Meherra Mungar le frappait et l?obligeait à dormir dans la salle de bains. C?est pour cela, dit-il qu?il avait peur de le dénoncer. Il n?en est pas moins que c?est lui qui a été le catalyseur dans la dénonciation de Meherra Mungar. Selon Sourekha, c?est son fils qui lui a dit que sa fille avait quelque chose à dire.
Ce que lui a raconté sa fille était vague. Son innocence et sa pudeur la plongeaient dans l?embarras et la faisaient balbutier. Mais quand elle a parlé de «poum» et de «chose», tout est devenu plus explicite. C?était suffisamment clair pour que Sourekha comprenne ce qui s?était réellement passé ce matin-là.
Meherra Mungar a subi un revers important lors de son procès, son avocat s?étant retiré à la dernière minute. Il s?est alors mis à se défendre lui-même. Il n?a cessé de clamer son innocence tout au long du procès. Selon lui, sa concubine a ourdi un complot contre lui, visant à l?expulser de sa maison. Dans une déposition à la police en juin 2005, il avait déclaré qu?il s?était réveillé à 9 h 30 le 16 juin mais qu?il ne se souvenait pas de ce qui s?est passé ce jour-là car il avait trop bu la veille. «L?accusé a essayé de tout mettre sur le compte de son ébriété. Mais il n?est pas crédible», a décidé la cour.
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