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Destitution du maire Ameerally de BBRH
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Destitution du maire Ameerally de BBRH
Le couperet tombe après avoir longtemps oscillé sur la tête de l?éphémère premier magistrat de Beau-Bassin-Rose-Hill. Une motion du conseiller Robert Rey entraîne, le 18 décembre 1979, la destitution du maire S. Ameerally que la police interroge toujours. Une motion supplémentaire de Jean Claude de l?Estrac réclame que le nom d?Ameerally ne soit pas inscrit au tableau d?honneur des maires des villes s?urs. M. Robert Rey suggère que cette proposition soit examinée à la lumière des conclusions de la commission d?enquête, réclamée par le conseil municipal. Il explique que l?objectif de sa motion est de dissocier le conseil municipal de tout ce qui pourrait paraître louche et même malhonnête dans les transactions que la police reproche à l?ancien maire. Cette motion n?a pas grand intérêt à la veille de l?élection du maire pour l?année 1980, reconnaît-il. Il veut surtout que ceux, qui s?intéresseront à l?avenir à l?histoire de BBRH, sachent qu?en décembre 1979, le conseil municipal s?est dissocié des reproches adressés à l?ancien maire Ameerally. L?arrestation de ce dernier et sa libération provisoire sous caution ne font guère honneur aux villes s?urs.
De l?Estrac pense qu?il est difficile de dissocier le maire de son administration. Le maire ne peut non plus être le seul fautif dans cette affaire. D?autres allégations, faites à l?encontre de la nouvelle majorité municipale aux villes s?urs, n?ont pas encore été réfutées, rappelle-t-il. Il ne peut non plus oublier que des fonctionnaires municipaux refusent de travailler sous les ordres du maire Ameerally. C?est ce qui explique les appels de la majorité pour que la minorité se rallie à la motion de destitution. Notons que les conseillers Mootoo Pavaday et Gyan Geetoo s?opposent à la destitution du maire Ameerally.
Au cours des débats, il y eut une prise de bec entre Jean Claude de l?Estrac et le conseiller majoritaire Mukesh Balgobin. N?était-ce la prompte intervention du sergent Jacquin, les deux protagonistes en seraient venus aux mains. A la sortie des conseillers, un autre incident oppose le même conseiller Balgobin à des partisans du MMM. Ce dernier lui reprochent d?avoir fait, dans sa voiture, marche arrière d?une façon dangereuse dans leur direction. Il leur reproche d?avoir donné des coups de poing et de pied sur sa voiture et de l?avoir lapidée alors qu?il démarrait pour rentrer chez lui.
Jean Claude de l?Estrac fait aussi savoir que les conseillers municipaux MMM de BBRH, comme ceux des autres municipalités, démissionneront le 20 décembre, date d?expiration de leur mandat.
Il n?y a pas que les conseillers municipaux du MMM à démissionner. Gaëtan Duval en fait de même après avoir été maire de Curepipe de 1977 à 1979. Il passe le collier du maire à Pierre Simonet qui hérite par la même occasion de l?épineuse affaire des parcmètres. G. Duval veut se consacrer désormais à la relance du PMSD. Il compte se mettre en campagne dans les villes pour dénoncer les méfaits du MMM, conscientiser l?opinion publique sur la nécessité d?avoir un gouvernement central fort et capable de redresser la situation économique du pays. Non seulement il n?abandonne pas la scène politique mais il compte bien présenter sa candidature aux prochaines législatives. Il choisit cependant de se retirer des activités municipales. Il ne compte donc pas se porter candidat à la présidence de la commission administrative, devant remplacer le conseil municipal à majorité mauve démissionnaire à Port-Louis.
Il songe à une concertation des forces vives politiques et économiques pour redresser la situation comme en 1970. ?Si le gouvernement Ramgoolam ne veut pas paupériser la population, il doit commencer l?année et la décennie 1980 avec un nouveau programme d?action. Il faut qu?une usine démarre, qu?un projet d?envergure voit le jour, sinon ce sera du temps perdu pour les honnêtes citoyens et du temps gagné pour les corrompus?. Les politiciens ne peuvent assumer seuls la responsabilité du développement économique du pays. Le mot politicien est devenu une insulte. Des individus ne se joignent à un parti que pour avoir un ticket et être élu. Le ticket électoral compte plus que le programme gouvernemental ou les idées prônées par le parti. Satcam Boolell, Harold Walter, Anerood Jugnauth sont plus proches des idées défendues par le PMSD que de celles prônées par le tandem Jagatsingh-David au PTr ou par Bérenger et Bizlall au MMM. Appliquer une discipline de parti c?est exiger de certains députés qu?ils votent contre leurs conscience. La Pax Ringadoo n?est qu?un cessez-le-feu. Dès janvier, le gouvernement se retrouvera avec une fonction publique et une force policière en grogne et démotivées. Sa tâche sera encore plus difficile qu?en août et octobre 1979.
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