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Des ?ufs pour Hurnam, élections obligent

18 octobre 2003, 20:00

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« Qui arrivé. Pas éna walk-out ? », lance Paul Bérenger, d?un air narquois, au moment où Dev Hurnam appelle la première question inscrite à son nom. L?opposition ne bronche pas. Les parlementaires de la majorité rient sous cape. Élection partielle oblige, le Parti travailliste évite cette fois de quitter l?hémicycle. Les députés du parti

travailliste, Madun Dulloo et Xavier-Luc Duval, encaissent tranquillement le pied de nez du Premier ministre.

Ils avaient pourtant effectué deux walk-out successifs, les 12 et 19 août, en protestant contre la présence du bouillant député de Triolet-Pamplemousses, récemment condamné à trois mois de prison.

L?opposition reste donc impassible. Elle est parfaitement consciente de l?enjeu du scrutin du 21 décembre à Piton-Rivière-du-Rempart et sait qu?il ne faut à aucun prix froisser certaines susceptibilités. Ses dirigeants savent pertinemment bien que toute manifestation excessive contre la présence de Dev Hurnam dans l?hémicycle risque d?être mal interprétée et pourrait peser lourd lors d?un scrutin où il est essentiel de grappiller le moindre vote.

Il faut dire que Paul Bérenger gère très bien l?ouverture de la séance. Il répond posément aux questions supplémentaires découlant de la Private Notice Question (PNQ). Le thème est pourtant sensible. Il s?agit en effet de la situation dans la prison, du traitement accordé aux détenus porteurs du virus HIV, du nombre et de l?état des prisonniers blessés lors de l?intervention musclée des éléments de la Prison Security Squad dans la nuit du 26 au 27 septembre.

On sent que le Premier ministre veut à tout prix éviter de fournir un prétexte à un nouveau walk-out de l?opposition avant que l?on n?atteigne la question déposée par Dev Hurnam. Il dose prudemment ses répliques, laisse entendre qu?il n?est pas « totally satisfied with the way the prisoners have been treated », avoue qu?il y a toujours moyen d?améliorer, met en garde contre toute tentation de « make angels of all sentenced detainees » ou de casser le moral de l?administration pénitentiaire.

Devant le ton si conciliant de Paul Bérenger, l?opposition a du mal à man?uvrer. Navin Ramgoolam est obligé de marcher sur des ?ufs.

Il finit par concéder que le fauteuil de Premier ministre n?est pas de tout repos. « It?s a beginning, you will learn how difficult it is », dit-il à son vis-à-vis.

De telles civilités ne laissent pas la présidence indifférente. Généralement très pointilleux sur le temps imparti à la PNQ, Dev Ramnah se montre cette fois très flexible. Il négocie presque avec le leader de l?opposition au point de lui accorder deux prolongations de cinq minutes chacune.

Et à 12 h 10 lorsque Dev Hurnam se met debout pour donner le coup d?envoi aux questions adressées au Premier ministre par des députés, l?opposition est toujours là. Elle enfonce sa tête dans le fauteuil, feint de ne pas avoir entendu la malicieuse remarque de Paul Bérenger. Fini le temps des walk-out, du moins contre Dev Hurnam, jusqu?à la prochaine élection partielle.

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