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Des tourterelles voraces
Rajesh Seechurn, leader du club des jeunes fermiers de Lesur, à Sébastopol, ne cultive pas directement les semences de légumes dans sa plantation. Il les sème dans des centaines de sachets en plastique contenant du compost, communément appelés ?bottes?.
En l?espace de quinze jours, ces plantes potagères atteignent cinq centimètres de haut et peuvent être transplantées. ?C?est une méthode toute simple pour les protéger de la boulimie des tourterelles. Des plantes de cette taille ne seront pas la cible des oiseaux, qui recherchent plutôt les semences?, explique-t-il.
Meilleur rendement
Cependant, cette méthode exige une certaine préparation, bien à l?avance. En effet, un mois avant de planter ses légumes, le jeune fermier fabrique un compost à base de déchets ménagers, de la litière de poulet ou de bouse de vache. Il place le mélange dans les sachets en plastique, posés à même le sol dans un coin de sa cour. Les semences sont ensuite mises dans les bottes. ?De temps à autre, j?improvise un genre de pépinière dans ma cour. De ce fait, je n?ai pas besoin d?avoir recours à d?autres méthodes plus compliquées pour chasser ces oiseaux ou les empoisonner comme le font d?autres planteurs de la région?, confie-t-il.
Vishnu Ramanjooloo, conseiller technique et Field Officer du National Young Farmers Club, estime que c?est une méthode simple et écologique. ?Les légumes cultivés selon cette méthode sont prêts avant ceux d?autres plantations. De plus, le compost donne un meilleur rendement sans causer de tort à l?environnement?, soutient-il.
Autre avantage du système, les jeunes pousses ne sont pas détruites par les vers ou les escargots. Rajesh cultive la pomme d?amour, le lalo, le melon d?eau, la calebasse, entre autres, sur une superficie totale de dix arpents, toujours en ayant recours à cette méthode. Rajesh a formé le club des jeunes fermiers de Lesur en 1987. Il travaillait alors comme laboureur à la sucrerie Deep-River-Beau-Champ. Père de trois enfants âgés de 14, 11 et 8 ans, il arrivait difficilement à joindre les deux bouts. Il a démissionné en 1992, pour se consacrer entièrement à la culure des légumes. ?Comme jeune fermier, j?ai pu louer un terrain pour planter les légumes. Comme je viens d?une famille de planteurs, je suis passionné par le travail de la terre et ce depuis mon enfance. Donc, il n?était pas du tout difficile pour moi de passer à la culture légumière?, explique-t-il.
Rajesh transporte et vend lui-même ses légumes, à l?encan, à Port-Louis et à la foire de Montagne-Blanche. ? Au départ, je devais louer un camion pour transporter mes légumes, mais aujourd?hui j?ai pu acheter mon propre camion. J?emploie aussi des laboureurs à temps partiel?, dit-il.
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