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Des Réunionnais montrent la voie de la réinsertion
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Des Réunionnais montrent la voie de la réinsertion
Aumônier protestant des prisons à la Réunion, à Paris mais aussi à Maurice et aux Seychelles, Bernard Bancala a pu se rendre compte à quel point la situation des détenus, mineurs ou majeurs, était différente d’un pays à l’autre.
Constatant l’absence d’action pour la réinsertion sociale des prisonniers à Maurice, il a eu l’idée d’y exporter un peu du savoir-faire réunionnais en la matière. Il s’est rapproché de la Fedar (Fédération des associations rurales), réputée pour son militantisme au sein du mouvement d’éducation populaire, et a organisé à la fin de l’année dernière une première visite à la prison d’adolescents de l’île Maurice.
En novembre, sept animateurs réunionnais ont ainsi offert un peu d’animation (sport, danse et musique) à la soixantaine de pensionnaires du Centre de réhabilitation de Beau-Bassin : 39 filles et 19 garçons âgés de 13 à 17 ans.
L’expérience a séduit le personnel encadrant du centre de réhabilitation et l’autorité de tutelle, Samioullah Lauthan, ministre de la Sécurité sociale. Ce qui a permis de mettre sur pied un projet encore plus novateur : un échange entre de jeunes Réunionnais en difficulté et les jeunes “détenus” mauriciens.
Dans un premier temps à la Réunion, la Fedar s’est appuyée sur l’expérience d’éducateurs de quartier pour sélectionner une vingtaine de jeunes de Bellepierre. “Nous leur avons exposé le projet pour leur expliquer que ce ne sera pas un simple voyage mais qu’il y aura un échange pour mieux connaître Maurice et les Mauriciens. Nous voulions leur faire découvrir la réalité mauricienne qui est très difficile car Maurice, ce n’est pas seulement les belles plages. Et ils ont accepté. Tous ceux qui sont venus étaient volontaires”, explique Muriel Izard l’une des quatre personnes qui ont encadré le groupe.
<B>Une discipline britannique</B>
Le projet a pu voir le jour grâce à l’aide financière du Conseil général, de l’Oresse, de l’association “Allons Bouger Bellepierre”, de la mairie annexe de Bellepierre, de la Caf… et de la participation des parents des jeunes Réunionnais. A Maurice, le gouvernement a mis des véhicules à la disposition du groupe qui a débarqué à Plaisance le dimanche 8 mai.
Accompagnés de quatre animateurs, les sept garçons et onze filles de Bellepierre ont logé dans des bungalows de Pointe-aux-Piments où ils ont dû vivre en autonomie. Une occasion pour eux de gérer un budget “nourriture”, de convertir leurs euros en roupie, d’assurer les tâches ménagères : de ces saines activités qui forgent un groupe et vous apprennent le sens des responsabilités.
Dès le premier pas dans l’enceinte du centre de réhabilitation de Beau-Bassin, les Réunionnais ont pu mesurer l’écart qui les sépare de leurs hôtes mauriciens. “Le premier jour, il n’était pas question de mélanger les garçons et les filles. Nous avons donc dû nous séparer en deux groupes pour proposer quelques jeux collectifs : le jeu du béret, le ballon-touché, ne surtout pas dire “ballon-prisonnier”, le cavalier en selle, etc.
“Les jeunes Mauriciens n’avaient jamais bénéficié de ce genre d’animation”, raconte Sandra Taochy, animatrice réunionnaise. Loïc Poleya, adolescent de Bellepierre de 16 ans, n’en revenait pas : “c’est très sévère là-bas, on les enferme pour rien du tout”.
“Le système mauricien s’inspire de la discipline britannique. Ils se réveillent à 5 heures du matin pour se coucher à 20 heures et passent la journée à faire des travaux”, explique Bernard Bancala. “La réinsertion sociale est un concept qui n’existe pas à Maurice”, poursuit-il. Les responsables des prisons mauriciennes sont cependant conscients des limites d’un système “tout répressif”. C’est donc avec intérêt que les fonctionnaires des ministères de la Jeunesse et des Sports, de la Femme et de la Sécurité sociale ont accueilli l’expérience réunionnaise.
<B>Recherche de financements</B>
“Le ministre Samioullah Lauthan reconnaît que Maurice a d’énormes besoins pour soutenir les jeunes qui sont sur la mauvaise pente. Il était émerveillé par notre approche. Mais il n’y a pas de formation pour les travailleurs sociaux qui ne peuvent compter que sur leur bonne volonté”, remarque Muriel Izard. “On ne compte qu’une quinzaine d’éducateurs pour toute l’île”, renchérit Eddy Leperlier, quatrième accompagnateur du groupe réunionnais.
Au fil des jours, les jeunes détenus mauriciens et leurs surveillants ont fait tomber quelques interdits. Les groupes des garçons et de filles se sont mélangés. Ils se sont même “évadés” du centre pour se rendre dans les bungalows loués par les Réunionnais et même… à la plage de Flic-en-Flac. “Notre échange a décoincé pas mal de choses”, analyse Eddy Leperlier. “Les officiers et les éducateurs mauriciens ont pu s’impliquer au-delà de leur seule mission de surveillance. Ce sont des gens qui aiment les enfants dont ils ont la charge et ils veulent les aider davantage”, poursuit-il.
Les adolescents réunionnais et mauriciens se sont séparés avec les larmes aux yeux tant cette semaine d’échanges leur a ouvert d’autres horizons. Cette nouvelle expérience ne restera pas sans suite. Le gouvernement mauricien a exprimé une forte demande de formation pour ses éducateurs. D’autres séjours devraient être organisés. “On espère même que les pensionnaires du Centre de réhabilitation pourront un jour venir à la Réunion”, lâche Bernard Bancala.
“On sait qu’un pensionnaire sur deux du Centre de Beau-Bassin se retrouve ensuite dans la prison pour adultes”, déplore Muriel Izard. “En novembre dernier, nous avions rencontré le jeune Eshan. Aujourd’hui il est sorti du centre et il dort sous les ponts. Il n’a pas eu d’éducation et n’a pas de parents pour l’accueillir. Quel est son avenir ?”
Aux yeux de Muriel comme à ceux de tous les adultes qui s’intéressent au sort des jeunes Mauriciens en difficultés, il est évident que le système mauricien doit évoluer. “Tout le monde est conscient des besoins. Il existe beaucoup de conventions de coopération mais il est très difficile de trouver des financements”, regrette l’éducatrice.
<B>Franck CELLIER</B>
● <B>Université de la communication. Construire le futur.</B> La 10e édition de l’université de la communication de l’océan Indien (UCOI) se tiendra du 7 au 10 juin 2005 à la Saline Les Bains. Le titre retenu cette année est : “les i-visionnaires”. Les débats porteront sur la thématique générale “Imaginons ensemble la construction de notre futur”.
Organisé par Echanges Communications Informations (ECI), cette 10e édition de l’UCOI invite les participants à réfléchir collectivement sur les thèmes qui touchent au devenir de nos sociétés. Les débats seront axés entre autres sur : les moyens de bâtir un monde avec un socle commun qui respecte la diversité culturelle ; les ressources que pourraient apporter les technologies de l’information et de la communication à la lutte contre l’illétrisme ; une meilleure appropriation de l’Internet 3ème génération ; et enfin, la création de nouveaux médias pour créer une masse critique d’informations sur les réseaux.
Par ailleurs, des rencontres stratégiques sont prévues entre les représentants des technopoles, des incubateurs et business parks de la zone océan Indien. L’objectif est d’établir une cartographie géographique, disciplinaire et sectorielle des technopoles de l’océan Indien.
Comme les années précédentes, des intervenants de Maurice, de Madagascar, d’Inde et d’Afrique du Sud, ainsi que de la Réunion, seront invités à ces quatre journées de réflexion.
Les débats se dérouleront au village des Argonautes, à la Saline Les Bains.
Pour plus de détails sur le programme : www.eci-ucoi.com
● <B>Economie : Maurice pour la coopération régionale.</B> Une rencontre économique entre les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de la Réunion (CCIR) et ceux du Joint Economic Council (JEC) a eu lieu la semaine dernière à Saint-Denis. Raj Makoond, président du JEC a d’abord évoqué le contexte économique actuel de Maurice, qui est “difficile” en raison de problèmes d’ordre structurel. Les piliers économiques classiques de l’île (le sucre et le textile) a-t-il rappelé, sont en décroissance. Le produit intérieur brut affiche un taux de croissance de 4 % alors qu’en 1985, ce taux était de l’ordre de 6,6 %. Le taux d’investissement s’élevait à 27 % en 1985, contre 22.5 % aujourd’hui. De 1985 à 2005, le taux du chômage a progressé de 6,2 % et s’élève donc aujourd’hui à 9,7 %. Pour la même période, les dépenses sociales sont passées de 10, 1 % à 15,7 %.
L’objectif est donc de faire de Maurice, une plateforme de services pour donner un nouveau souffle à son économie. D’où le concept de Duty Free Island. à cet effet, Maurice, a-t-il ajouté, entend revoir sa stratégie de télécommunications pour devenir une cyber île. Elle compte également axer ses efforts sur la formation, les services de santé et le tourisme. Maurice doit, selon Raj Makoond, atteindre un équilibre entre un tourisme haut de gamme et un meilleur rapport qualité/prix et adopter une meilleure politique d’accès aérien. “Pour cela, il nous est impossible de travailler seul. Il faudrait au plus vite établir une plateforme de coopération plus large dans la région, sinon, c’est toute l’Afrique sub-saharienne qui risque d’être marginalisée”.
Marday Venkatasamy, vice-président de la JEC a pour sa part demandé à Eric Magamootoo, président de la CCIR, d’œuvrer en faveur de meilleures facilités d’accès pour les hommes d’affaires mauriciens sur le territoire réunionnais. Il a souhaité que les procédures d’octroi de visa soient assouplies en faveur des Mauriciens.
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