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Des réajustements aux craintes
Ça y est, nous sommes passés à l?heure d?été. Si pour certains, avancer leurs montres d?une heure n?a été qu?un geste anodin, pour d?autres, cela a été une tout autre paire de manches.
A commencer par cette grande entreprise. Dès demain, six informaticiens seront sur le front pour réajuster 250 ordinateurs. Et cela prendra une dizaine de minutes par poste? On peut donc imaginer l?ampleur du travail que devront abattre ces informaticiens.
Mais pour d?autres, l?heure d?été entraîne des craintes réelles et sur le long terme. Notamment du côté des centres d?appels travaillant principalement avec les pays européens ou encore les compagnies offshore. Certains craignent premièrement des coûts supplémentaires. « Avec le changement d?heure, tous devront rallonger leurs heures de travail afin de s?aligner sur les horaires de nos clients. Finir tard signifie utiliser plus l?ordinateur et consommer plus d?électricité. Je ne vois pas où on fera des économies », s?interroge Raj Singh Gopaul, CEO d?une agence consultante. De plus, certaines compagnies vont devoir fournir à leurs employés, qui finiront plus tard, un transport ou une allocation pour le taxi. Ce qui rime avec des coûts supplémentaires pour les entreprises.
Autre problème : certains employés ont déjà manifesté leur désir de démissionner, car leur vie familiale et sociale risque d?en pâtir. « Des mères de famille finissaient à 22 heures et rentraient ensuite chez elle dans le Sud. Avec l?heure d?été, elles vont finir à minuit. Et après il faut compter une heure et demie de route pour qu?elles regagnent leur domicile. C?est tout simplement inhumain », déplore Thomas Buffard, directeur général d?un centre d?appels de la capitale.
Toutefois, pour éviter un exode du personnel, certaines compagnies ont dû trouver un compromis. « Certes, nous allons avoir un manque à gagner, mais nous avons décidé de finir plus tôt afin de garder nos agents. » Mise en pratique la semaine dernière, cette mesure est bien accueillie tant par les employés que les clients.
Mais subir des coûts additionnels, des pressions des clients à l?heure d?une crise financière, contribue à « nous distancer de nos clients du vieux continent et des Etats-Unis », constate avec pessimisme Vidia Mooneegan, président de l?Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM).
C?est pourquoi l?OTAM, qui compte 35 membres et qui représente plus de 50 % du secteur d?externalisation, a décidé de soumettre tous les mois un rapport basé sur plusieurs indicateurs au Joint Economic Council. Le but étant de voir l?impact que le passage à l?heure d?été a en termes économiques.
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