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Des prisonniers mettent le feu à leur cellule à La Bastille
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Des prisonniers mettent le feu à leur cellule à La Bastille
Mercredi à la prison de haute sécurité, connue comme La Bastille. Ils sont quatre officiers de différents grades et cinq membres de la Prison Supporting Squad (PSS) à être de service. Le moral n?y est pas. Ils se préparent à la visite du commissaire des prisons, Bill Duff. Ce dernier fait son entrée vers 11 heures et visite les prisonniers. Il enregistre quelques doléances : les prisonniers de la prison de Phoenix se plaignent de la nourriture.
Le commissaire reparti, le calme revient. Les officiers en charge de La Bastille sont dans la control room. Il est environ 15 heures. Soudain l?alerte est donnée : il y a le feu au bloc B. Et c?est la panique. Les officiers se ruent au bloc concerné? et c?est la consternation. Du jamais vu à la prison de Phoenix : deux détenus Moussa et Modarbauccus, aussi connu comme Monstre, ont mis le feu à un matelas dans une cellule.
Aucun renfort envoyé
Mais les gardes-chiourme ne peuvent entrer dans le bloc : par une manigance quelconque, les deux détenus sont parvenus à forcer la grille qui mène à leur bloc et menacent les officiers, qui essaient d?y entrer. Car, non contents, d?avoir mis le feu à un matelas, les deux compères se sont mis à briser un tube et l?un des deux, infecté du virus du Sida, se blesse et? montre son sang aux officiers. ?Vini, mo met sida ar zot, rentre zot gete?, auraient été les propos lancés.
Paniqués, l?officier en charge aurait contacté l?administration à Beau-Bassin. Et aucun renfort n?est envoyé. En désespoir de cause, les officiers de la prison? vont consigner une déposition à au poste de police de Vacoas. Toujours sans résultat.
Les autres détenus, excités par le vacarme et ravis que leurs confrères aient eu le dernier mot, se mettent à crier et à lancer des injures aux officiers de la prison. Et les officiers restent impuissants : les deux malfrats passeront la nuit hors de leur cellule puisque ni les gardes-chiourme ni aux PSS n?ont pu pénétrer dans le bloc B.
Hier matin, la décision est prise. Deux des officiers en faction à de la Bastille auraient pris un congé de maladie. Des sources affirment que ?ces officiers qui ont de longues années de service en ont marre. Ils font un travail ingrat, on leur envoie les pires bandits et on les laisse se débrouiller sans renfort?.
Sollicité, le commissaire, Bill Duff, confirme les incidents mais affirme que ?tout est rentré dans l?ordre?. Une affirmation qui met un garde-chiourme, qui refuse d?être nommé, hors de lui : ?C?est facile de dire que tout est rentré dans l?ordre. Comment est-ce que l?on peut ignorer tous ces problèmes ? Petit à petit, les prisonniers sont en train de prendre le contrôle. C?est ainsi qu?une mutinerie commence.?
Pour un autre officier, de la prison de Beau-Bassin cette fois, ?ce problème n?est pas exceptionnel. Bien sûr, il n?a jamais pris cette ampleur ? depuis la mutinerie de 1979, je ne pense pas qu?un prisonier soit allé aussi loin, mais c?est une preuve que les prisonniers font ce qu?ils veulent et ça, c?est un fait?. Du côté de l?administration, l?on minimise tant bien que mal l?incident. ?Oui, c?est arrivé mais c?est un incident isolé??
Prisonniers dangereux
Ils sont 21 détenus actuellement à Phoenix, centre carcéral de haute sécurité avec une capacité d?accueil de 24. Une dizaine de ces pensionnaires sont des sidéens qui ont été transférés de la New Wing après des incidents violents. Par définition, ce sont les prisonniers considérés comme dangereux qui séjournent à Phoenix. ?Et maintenant ils passent leur journée à narguer les officiers, à menacer de nous transmettre le virus. Et personne ne prendra le risque de se faire contaminer?, déclare un officier de la prison.
?Le problème c?est qu?à chaque fois qu?un officier baisse les bras, c?est une victoire pour les prisonniers. C?est aussi un pas en avant vers un contrôle partiel de la prison?, affirme un autre officier.
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