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Des pensionnés attendent toujours leurs allocations
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Des pensionnés attendent toujours leurs allocations
?Misie nou nepli ena cas pou manze?, affirmait hier un couple de vieux qui a eu la désagréable surprise de constater en début de semaine que ni pension ni boni n?ont été versés à la poste à leur nom. Les personnes âgées affirment avoir dû emprunter de l?argent pour payer leur ticket d?autobus et se rendre au bureau de Rose-Hill.
Bien d?autres se disent dans la même situation et ont demandé ?enn ti transpor pou rencontrer? les fonctionnaires des différents bureaux. D?autres encore se laissent gagner par la nervosité et élèvent la voix.
Une pagaille qui fait suite à la mise en application, à partir du 1er décembre, de la formule de pension de vieillesse payée uniquement aux vieux qui n?ont pas des revenus dépassant Rs 20 000 par mois. Les 120 000 bénéficiaires de cette pension ont été priés de remplir des formulaires pour indiquer leurs revenus. Et tous ceux qui ne l?ont pas fait ont été considérés comme ayant des revenus dépassant Rs 20 000 mensuellement. Leurs pensions ont ainsi été automatiquement supprimées par le logiciel du ministère.
Problème informatique
Conséquence : des milliers de vieilles personnes sans ressources (4 500 selon le commissaire de la Sécurité sociale et 8 000 selon des techniciens) seront privées de pension et de boni pour la Noël. Et ils sont en ce moment des centaines à se rendre à ces bureaux pour réclamer leur dû. De son côté, le ministre de la Sécurité sociale, Samioullah Lauthan, confirme que les pensionnés recevront leur dû avant la fin de l?année, et que si retard il y a, ce sera uniquement le fait d?un goulet d?étranglement au niveau de la poste.
Depuis le début de l?exercice de ?targeting?, des milliers de formulaires ont été retournés au ministère, la poste n?ayant pu retracer les vieilles personnes concernées aux adresses indiquées.
D?autre part, un problème de compréhension a aussi joué en leur défaveur. ?Certains vieux, n?y comprenant rien, n?ont carrément pas rempli les formulaires reçus. D?autres ont ajouté deux zéros pour indiquer des sous sur les formulaires. Ainsi, ceux qui ont des revenus de Rs 800 mensuellement ont écrit en fait Rs 8 000.00 et entré dans l?ordinateur, le chiffre équivaut à Rs 80 000?, expliquait hier le commissaire de la Sécurité sociale, Anirood Gopaul.
Des techniciens du ministère dénoncent pour leur part l?amateurisme avec lequel les entrées ont été effectuées dans l?ordinateur. ?Ce sont des typists (dactylos) qui ont fait les entrées. Ils ne comprennent pas grand chose au système et les entrées faites n?ont jamais été vérifiées par des techniciens. Ainsi, des erreurs énormes sont passées inaperçues?, explique un technicien travaillant dans ce bureau.
Le commissaire Anirood Gopaul nie l?allégation. Questionné sur le fait que le logiciel utilisé refuse d?accepter des corrections sur les entrées après la protestation des pensionnés, Anirood Gopaul affirmait que ce renseignement est ?faux?. Et pressé de vérifier ces faits, il aurait appris d?un fonctionnaire que le problème a surgi ?hier?.
Or, selon nos recoupements d?informations, le problème informatique ne date pas ?d?hier?. Car depuis la semaine dernière, les fonctionnaires responsables de gérer la situation se seraient affairés à limiter les dégâts.
?Les fonctionnaires ne peuvent faire autrement qu?accepter les corrections demandées et de donner des instructions pour que des chèques soient émis. Même ceux qui ont vraiment des revenus dépassant les Rs 20 000 se sont mis de la partie et demandent que leurs formulaires soient corrigés. On le fait sans vérification aucune. Des chèques sont émis quelques jours après et expédiés par voie postale express delivery.?
Les cas à traiter sont nombreux et les problèmes informatiques ne font qu?aggraver la situation. Et certains fêteront Noël sans un sou en poche.
?Ceux qui viennent au bureau de la Sécurité sociale sont ceux qui se sont rendus à la Poste ou à la banque la semaine dernière ou la semaine d?avant et qui ont appris que leur argent n?a pas été versé. Ce paiement se fait par ordre alphabétique et plusieurs vieux se rendent le plus tard possible aux guichets pour éviter les queues. Ceux qui s?y rendent cette semaine et dont la pension a été injustement supprimée ne peuvent espérer obtenir un chèque avant la fin de l?année?, affirme un technicien.
Au bureau de Rose-Hill, des fonctionnaires dénoncent l?amateurisme avec lequel l?opération a été menée. Le personnel étant ?mal formé? et ?pressé par le temps?. En colère, un technicien du ministère réagit. ?C?est maintenant qu?on conclut que bon nombre de vieux ne sont pas en mesure de remplir ces formulaires. On leur donne l?aide d?un fonctionnaire pour le faire. Mais c?est trop tard. Ces vieilles personnes se sentent profondément humiliées et s?en prennent aux petits fonctionnaires.?
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