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Des milliers d?Irakiens aux obsèques de l?ayatollah Hakim
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Des milliers d?Irakiens aux obsèques de l?ayatollah Hakim
Des milliers d?Irakiens sont descendus hier dans les rues du nord de Bagdad pour suivre le cortège funèbre de l?ayatollah Mohamed Bakr al-Hakim, haut dignitaire chiite tué dans un attentat à la bombe, vendredi, dans la ville sainte de Nadjaf.
Un haut responsable du Conseil suprême pour la révolution islamique en Irak (CSRII), que dirigeait Hakim, a estimé que les Américains, qui n?ont selon lui pas pris les mesures de sécurité nécessaires, ont leur part de responsabilité dans l?attentat.
Cet acte a relancé le débat sur la capacité des forces d?occupation en Irak à pacifier ce pays, en proie au chaos depuis la guerre du printemps dernier et le départ du président Saddam Hussein.
La Russie a annoncé ce week-end qu?elle apporterait son soutien à une force internationale en Irak sous commandement américain, à condition que cela soit approuvé par les Nations unies.
A Bagdad dimanche, la foule en deuil, parmi laquelle des femmes en noir, s?est massée dans les rues autour de la mosquée Moussa al-Kadhim, où a reposé la dépouille de Hakim pendant la nuit.
Des milliers de personnes ont scandé et se sont frappé la poitrine lorsque le cercueil, enveloppé d?un linceul noir, a été transporté à travers la foule et placé à bord d?un camion protégé par des hommes en armes.
La dépouille de l?ayatollah devait être conduite dans plusieurs lieux saints chiites, jusqu?à mardi, jour où il sera inhumé à Nadjaf, au sud de Bagdad.
Considéré comme un modéré, Hakim avait recommandé aux chiites, qui représentent 60 % de la population en Irak, de suivre une politique de coopération prudente avec les autorités d?occupation dirigées par les Américains.
Responsabilité américaine
Des responsables médicaux ont déclaré samedi que le bilan de l?attentat à la voiture piégée, commis juste après les grandes prières hebdomadaires, devant la mosquée de l?Imam Ali, l?un des plus importants sanctuaires du chiisme, s?élevait désormais à au moins 95 morts.
Une partie des chiites attribuent l?attentat à des partisans de Saddam Hussein, musulman sunnite qui avait opprimé les chiites durant ses années au pouvoir. De l?avis de certains analystes, il pourrait aussi s?agir de factions chiites politiquement en décaccord avec Hakim.
Les Etats-Unis n?ont fait aucun commentaire quant aux auteurs de l?attentat. Ils avaient toutefois désigné des extrémistes islamistes comme les éventuels responsables d?actions similaires commises ce mois-ci contre le quartier général de l?Onu et l?ambassade de Jordanie à Bagdad.
Quel que soit le coupable, les chiites reprochent aux Américains de n?avoir pu empêcher cet attentat, dans la mesure où la sécurité du pays est entre leurs mains.
?Nous pensons que les Américains ont une responsbilité?, a déclaré Adel Abdoul Mahdi, un porte-parole du CSRII. ?Ils sont restés en dehors de Nadjaf mais ils n?ont pas autorisé les Irakiens à remplir le (vide) sécuritaire, alors il n?y avait pas vraiment de sécurité.?
Manque de sécurité
Le haut responsable religieux chiite Mohamed Bahr al-Ouloum a décidé de se retirer du Conseil du gouvernement (CIG), une instance mise en place par les Américains, pour protester contre l?assassinat d?Hakim.
Il existe ?un dangereux vide sécuritaire en Irak, en particulier à Nadjaf?, écrit-il dans un communiqué. L?administration intérimaire sous contrôle américain a expliqué que l?équilibre était difficile à trouver, les forces de l?ordre ne souhaitant pas faire de provocation en se déployant trop près des sites sacrés musulmans.
Les forces anglo-américaines sont victimes de violences quotidiennes en Irak. Depuis la fin de la guerre, décrétée le 1er mai, 65 soldats américains et 11 militaires britanniques ont trouvé la mort dans ce pays, selon les chiffres officiels des armées.
Andrew Gray
Terrorisme
Arrestation au Pakistan d?un Irakien qui serait lié à Al Qaïda
Des forces paramilitaires pakistanaises opérant à la frontière avec l?Afghanistan ont arrêté un Irakien soupçonné d?avoir des liens avec le réseau Al Qaïda, a déclaré hier un haut responsable des services de sécurité pakistanais.
Cet Irakien, Djassim Ibn-e-Hatim Baki, a été arrêté vendredi alors qu?il tentait d?entrer au Pakistan par le poste-frontière de Chaman, dans le sud-ouest du pays, a précisé à Reuters le commandant des paramilitaires, Fazal Bari.
L?homme a été transféré à Quetta, capitale de la province pakistanaise du Baloutchistan.
Vendredi, 26 membres présumés de la milice afghane des taliban ont été arrêtés dans un séminaire musulman dans un village frontalier.
Les autorités pakistanaises ont arrêté des centaines de membres présumés des taliban et d?Al Qaïda depuis la chute du régime taliban en Afghanistan à la fin 2001.
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