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Des militaires français dans de sales draps
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Des militaires français dans de sales draps
Quatre soldats français, dont un colonel, Éric Burgaud, ont été mis en examen, le 30 novembre, par la juge d?instruction du tribunal aux armées de Paris (TAP) dans l?enquête sur la mort, en mai 2005, de l?Ivoirien Firmin Mahé qui avait été arrêté par l?armée française en Côte d?Ivoire. Recherché pour de multiples meurtres et viols, ce dernier avait été légèrement blessé à la jambe le 13 mai 2005 par des soldats français, puis avait été « tué par étouffement par des militaires français dans un véhicule blindé » un peu plus tard dans la journée, selon le rapport d?enquête.
Un adjudant-chef, qui a reconnu être l?un des auteurs de l?homicide, ainsi qu?un militaire du rang qui se trouvait à l?arrière du véhicule, ont été mis en examen par la juge d?instruction du TAP, Brigitte Raynaud, pour « homicide volontaire », avant d?être placés en détention provisoire. Le colonel Burgaud, chef de corps du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA) de Cham-béry, et un quatrième militaire, le chauffeur du véhicule, sont poursuivis pour « complicité d?homicide volontaire » et ont été laissés libres.
Un ordre « venu de plus haut »
À la fin de sa garde à vue, le colonel aurait évoqué un ordre « venu de plus haut » dans la chaîne de commandement, a indiqué l?une de ces sources. Les déclarations de l?adjudant-chef, qui affirme avoir agi « sur instruction », désignent le colonel comme étant à l?origine de l?ordre de tuer Firmin Mahé, ce que l?officier conteste. Or, les enquêteurs ont pu démontrer que l?officier était en liaison téléphonique avec son sous-officier pendant tout le déroulement de l?opération.
Après ces premières mises en causes judiciaires, l?enquête pourrait s?orienter prochainement vers le général de corps d?armée Henri Poncet qui commandait la Force Licorne au moment des faits, ont indiqué plusieurs sources proches du dossier. À la suite de la révélation de cette affaire le 17 octobre, des militaires, parmi lesquels le général Poncet, avaient été suspendus.
La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, avait infligé un blâme au général Poncet, et à son adjoint, le général de Malaussène. Selon un rapport d?enquête remis début novembre au ministère de la Défense français, le général Poncet « a été informé des faits, mais ne les a pas porté à la connaissance de ses autorités hiérarchiques ».
@ 2 005 Le Monde ? Avec afp et REUTERS ? Distribué par The New York Times Syndicate
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