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Des mesures pour améliorer les services de santé
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Des mesures pour améliorer les services de santé
Après la polémique portant sur deux cas de négligence médicale la semaine dernière, les autorités se devaient de réagir de toute urgence. Le ministre de la Santé, Satish Faugoo, a rencontré, hier, son état-major pour faire le point sur les récents événements et pour annoncer une série de mesures destinées à améliorer les services dans les institutions publiques de santé.
Tout d?abord, c?est la situation des spécialistes qui sera revue : une circulaire a été envoyée aux administrateurs des hôpitaux, exigeant qu?il n?y ait désormais plus de consultations au téléphone avec les spécialistes. Ainsi, à chaque fois qu?ils sont sollicités par les généralistes, ils devront se rendre sur leur lieu de travail. Auparavant, le spécialiste de garde traitait avec le généraliste par téléphone, en émettant des opinions ou en lui indiquant les médicaments à prescrire. Il ne se déplaçait que dans des cas extrêmement urgents.
Dans les milieux hospitaliers, l?on explique que si cette mesure est dans l?intérêt du patient, elle risque d?être quelque peu difficile à appliquer, surtout pour ceux qui habitent loin de l?hôpital. A charge pour les administrateurs des hôpitaux de régler le problème, répond-on au ministère.
?Nous ne cherchons pas à mettre à dos quiconque. Nous avons la mission d?offrir un service de qualité et il nous faudra nous donner des moyens de le faire. Cependant, nous comprenons dans quelles conditions, souvent difficiles, ces médecins sont appelés à travailler. Mais il faut un effort de tous pour que plus jamais ces situations ne se répètent?, soutient le ministre Faugoo.
Le ministre avait même envisagé à un moment de demander aux spécialistes de garde de rester à l?hôpital. Mais cette décision n?a pu être mise en pratique, vu le manque de médecins dans le service. En effet, un spécialiste peut être de garde tous les quatre jours, et encore, cela dépend du nombre de spécialistes dans chaque département.
Cette mesure concernant les spécialistes s?est avérée nécessaire, car l?on indique que dans le cas de Nazima Goburdhun, la jeune femme décédée après avoir accouché, le gynécologue de garde n?était pas au chevet de la patiente au moment des complications. C?est un médecin généraliste qui s?était occupé d?elle.
Chez les médecins spécialistes, la nouvelle mesure n?est pas bien accueillie : ?Nous sommes bien disposés à venir quand le généraliste le réclame. Mais c?e n?est pas possible, que comme l?exige la circulaire, nous devons venir, à chaque fois que le généraliste appelle. Cela ne se fait dans aucun pays au monde. Nous protestons vivement et entendons bien réagir?, soutient le secrétaire de la Government medical and dental officers Association, le Dr Baboo Servansingh.
Ils se réunissent d?urgence demain en assemblée générale à l?hôpital Victoria, pour décider de la marche à suivre. De plus, ils ont réclamé une réunion avec le ministère de la Santé pour discuter des modalités pratiques de cette mesure.
"Les médecins ne sont qu?un maillon?
Le ministère, pour sa part, ne compte pas limiter les changements aux médecins. ?Si nous voulons apporter des changements au système, les médecins, ne sont qu?un maillon. Il s?agit aussi de revoir le fonctionnement du personnel paramédical. Nous allons annoncer d?autres changements?, affirme Satish Faugoo.
La situation des jeunes médecins, qui travaillent de manière autonome, une fois leur internat terminé, sera aussi revue. Bien qu?actuellement il est question qu?ils travaillent sous la supervision d?un médecin ayant une plus grande expérience, les autorités souhaitent davantage de coordination avec ces derniers surtout dans des cas difficiles.
La question de formation sera aussi abordée prochainement, avec les amendements au Medical Council Act, à la rentrée parlementaire. Cela aidera à rehausser davantage la qualité des services offerts dans les hôpitaux, assurent les autorités.
Autre décision : la semaine prochaine, le ministère de la Santé dépêchera dans un hôpital une équipe de techniciens. Elle sera chargée d?étudier le fonctionnement de certains services dans le but d?y déceler des failles.
C?est probablement à l?hôpital Victoria, où il y a un grand nombre de patients, que se fera ce premier constat. Et cela, sur une durée d?une semaine. Un premier rapport de cet audit est attendu à la Santé, peu après cette visite. ?A la lumière de ces conclusions, d?autres changements devraient être apportés au système?, dit Satish Faugoo.
Les décès de Nazima Goburdhun et d?Annecy Clency, huit mois, morte d?une gastroentérite, relancent aussi les discussions autour des protocoles. Mais là encore, si le ministère explique qu?il s?apprête à réviser les protocoles existants à l?intention des services de pédiatrie et de gynécologie, le représentant syndical des médecins généralistes, le Dr Ashok Raghubur, de son côté, insiste qu?il n?y a aucun protocole pour ces deux départements.
Un médecin, travaillant à l?hôpital Jeetoo soutient du reste que ?c?est souvent dans ces deux secteurs que nous avons eu le plus grand nombre de négligences, compte tenu de la nature des maladies. Il est impératif de rendre les procédures plus élaborées?. Une première réunion a déjà eu lieu vendredi avec les consultants sur la question?
RÉACTION MINISTERIELLE
?Pas question de porter préjudice à quiconque?
■ Evoquant la décision du cabinet de vendredi de réintégrer des médecins qui avaient été contraints à la démission, le ministre de tutelle, Satish Faugoo, affirme que ?la décision du Conseil des ministres nous permet surtout de mener une enquête indépendante sur ces deux décès troublants. C?est une excellente chose et il n?était pas question de porter préjudice à quiconque. Sauf que l?option de démission était en leur faveur, étant donné leurs conditions temporaires de travail. Si l?enquête les blanchit, ces jeunes médecins seront les bienvenus dans le service.?
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