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Des masques à l?école de l?éveil

6 juillet 2003, 20:00

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Les élèves de Michèle Guérandel, du Centre d?Education préscolaire de Quatre-Bornes, à l?image de leur maîtresse, n?ont pas froid aux yeux. Si l?an dernier ils ont exposé leurs livres-objets à la galerie Max Boullé, cette année, c?est Le Musée des masques du Domaine Les Pailles qui les aura accueillis avec leurs propres masques, 115 au total, les 4 et 5 juillet 2003.

Michèle Guérandel a, on le sait, à c?ur la valorisation de l?enfant, en lui donnant la possibilité de savoir qu?il existe. Lui procurer l?espace, le temps, et une aptitude à l?autonomie, sont aussi des facettes essentielles de sa démarche.

Le rôle de l?école est aussi de mettre en exergue ?la formation esthétique et culturelle de l?enfant?, maillon essentiel de la dynamique de son développement holistique; de lui donner l?opportunité d?étendre ses possibilités d?imagination; de décupler son expressivité, et sa capacité à s?ouvrir au monde, cela, dans le plaisir.

Des enfants de deux ans et demi à six ans se sont donc laissés apprivoiser par le monde des masques, avec l?objectif bien défini d?en fabriquer un chacun, au bout du parcours d?initiation. ?L?exposition s?impose alors, dira Michèle Guérandel, comme conclusion d?une activité.?

Ce qui implique une longue recherche préalable, pour inculquer à l?enfant l?aspect culturel de l?objet. Il apprend qu?un masque a bien des objectifs, tels que dissimuler sa propre identité, se transformer en ce que l?on voudrait être, optimiser sa parure, se divertir, et bien d?autres. Michèle Guérandel lui donne les premières notions de la sculpture aujourd?hui, qui est aussi adjoindre, accumuler?

Il sait qu?un objet peut ?donner lieu à transformation?, de par sa couleur, sa forme, sa réalité, son volume. Ainsi armés, les enfants ont vi-sité Le Musée des masques. Ce qui leur permet, leurs sens toujours en éveil, d?ancrer tactilement en eux ce qu?ils auront intériorisé durant la période d?initiation.

Ils découvrent l?étendue et la diversité des créations par rapport aux terres représentées : Afrique, Inde, Chine, Papouasie? Au retour à l?école, ils passent à l?action. Ils accumulent des pièces de récupération.

Ici, les parents sont mis à contribution. Suit le triage. C?est-à-dire rassembler tout matériau qui pourrait servir de visage, d?yeux, de nez, de bouches, et autres traits.

Un masque pour faire peur à papa

L?exposition est à la fois un moyen d?informer les parents des activités scolaires de leurs enfants. Et un intermédiaire subtil vers une meilleure compréhension de l?approche de l?école, comme de leurs enfants. Ils appréhendent autrement certaines activités. Ce qui leur donne un plus grand bonheur, face aux capacités d?expression des leurs.

Des 115 masques exposés, il y a ceux qui traitent de Bugs Bunny, de Spider man, et autres personnages de films, ou de dessins animés. C?est l??uvre des plus âgés. En revanche, l?expressivité des plus jeunes est saisissante de vérité, souvent surprenante, parfois déconcertante.

Elle interpelle. Certains attestent de l?heureuse insouciance de l?enfance : ?Je veux être un c?ur, pour danser et chanter avec mes amis; un pommier qui donne des pommes; une maman qui aime; un papa qui fait des bisous.?

D?autres dévoilent un univers de peur : ?Je suis un masque qui fait peur; je suis le fantôme qui fait peur à maman; je veux être mon papa pour faire peur à papa; je fais peur comme papa.?

A bon entendeur, salut !

Jeanne GERVAL-AROUFF

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