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Des marins prennent en otages des employés d?ibl
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Des marins prennent en otages des employés d?ibl
Vingt-cinq membres d?équipage d?un bateau de pêche prennent en otages une dizaine d?employés d? Ireland Fraser Co Ltd, une compagnie faisant partie du groupe IBL (Ireland Blyth Ltd). Cela se passe un lundi après-midi, à la fin d?avril 1981, au rez-de-chaussée d?un bâtiment séculaire, devenu le siège social de ce groupe. Une énergique intervention de la ?Riot Unit? parvient, après plusieurs heures de séquestration, à ramener à la raison ces? pêcheurs d?hommes.
Le bateau de pêche incriminé, le ?Kwang Yung?, avec à son bord 90 tonnes de poisson, arrive à Maurice à la fin de février 1981. Cette cargaison n?est toutefois pas destinée à la consommation mauricienne. Les armateurs du navire contactent Ireland Fraser pour les représenter au Port Louis mais sans leur donner les instructions voulues pour remettre de l?argent au commandant du bateau. Celui-ci multiplie les visites et requêtes à Ireland Fraser qui répond inlassablement ne pas être en mesure de lui remettre les fonds réclamés, sans instruction des armateurs concernés.
De requête en requête et de refus en refus, on arrive à ce dernier lundi d?avril. Le capitaine s?amène une énième fois mais accompagné, cette fois, de 25 marins. Ils s?enferment dans un bureau avec dix employés d? Ireland Fraser.
Prévenue, la police envoie? deux pandores qui ne peuvent rien faire sinon repartir chercher du renfort. Ils reviennent à huit et, c?est à prévoir, nouvel échec. A l?intérieur, les négociations se poursuivent toujours fébrilement. Compréhensifs, les preneurs d?otages consentent à laisser partir mais, pas avant 16 heures, deux employées mères de famille.
La ?Riot Unit? parvient à pénétrer à l?intérieur des lieux et à ramener à la raison les preneurs d?otages. Elle doit quand même employer la manière forte pour convaincre les plus récalcitrants. Fin de bordée. Tout l?équipage retourne à bord du ?Kwang Yung?. C?est alors que les armateurs commencent les démarches pour envoyer les fonds nécessaires au commandant de ce navire, via Ireland Fraser.
Avril 1981 est décidément un mois chaud dans notre histoire maritime. Pendant que la ?Riot Unit? multiplie les efforts pour convaincre des marins du ?Kwang Yung? qu?ils feraient mieux de retourner à bord de leur navire plutôt que d?empêcher des employés d? Ireland Fraser de rentrer chez eux, une bagarre sanglante oppose, dans un night-club de? Pointe-aux-Sables, des marins taïwanais à un groupe de Rosehilliens.
Le compte-rendu de l?express du 29 avril 1981 comporte quelques zones d?ombre regrettables. A l?origine de la bagarre, il y a un incident antérieur au cours duquel des Mauriciens assaillent des Taïwanais. Ceux-ci décident de revenir en force et se mettent à la recherche de leurs agresseurs locaux. Arrivés dans ledit night-club, ils se mettent à bousculer et à frapper les Mauriciens présents. Ils n?hésitent pas à dégainer des armes tranchantes ou de s?armer de tessons de bouteille, faisant comprendre qu?ils n?ont guère envie de plaisanter. Mandée sur les lieux, la ?Riot Unit? s?amène et parvient à rétablir le calme au bout de deux heures.
Un Rosehillien raconte, de son côté, à l?express que tout commence quand il heurte par mégarde un des marins taiwanais courant à l?intérieur du night-club. Furieux, ce dernier s?empare d?une bouteille et lui assène un coup violent à la tête. Il riposte. Des Taïwanais se portent aux secours de leur compatriote. Les Rosehilliens en font de même. La mêlée devient générale au préjudice du mobilier de l?établissement. Des chauffeurs de taxi conduisent les blessés locaux à la police de la localité. De là, ils sont transférés à l?hôpital civil où le personnel soignant effectue une grève du zèle, faute de pouvoir convaincre le ministère de la Santé du bien-fondé de leurs doléances médicales et hospitalières. On peut s?interroger sur le pourquoi de ce recours à des taxis alors que la « Riot Unit » est sur place. Aux dernières nouvelles, la police n?a pas arrêté aucun agresseur taiwanais. Pas bête notre force constabulaire et surtout hyper prudente. Parce que des marins taïwanais agoraphobes, détenus même provisoirement dans une cellule policière, ça s?agite beaucoup.
De Pointe-aux-Sables, rendons-nous à Mahébourg qui ne sait pas, en ce premier trimestre 1981, qu?elle a 175 ans d?âge. Pour ce faire, empruntons les recherches concernant un projet de nouvelle route Phoenix-Mahébourg, recherches devant durer six à huit mois. A ce train, il ne faut pas prévoir le premier coup de pioche avant 1983-84. L?on sait que le laps de temps entre le premier et le second coup de pioche peut être supérieur à celui séparant la suggestion initiale et le coup de pioche inaugural, avec dévoilement de plaque du même nom, si le ministre concerné est disponible. Pour ne pas changer, la France finance le coût de cette étude détaillée. L?on prévoit déjà l?aberration d?aménager seulement la double voie descendante, dans un premier temps, tout en respectant à la lettre la multiplication des courbes élégamment dessinées par les ingénieurs chargés, à la mi-XIXe siècle, de la voie ferrée La Vigie-Mahébourg. On attend toujours, 25 ans après, l?aménagement du 4e et dernier tronçon de cette autoroute du Sud, devant relier la Plaine-Magnien au Bourg Mahé. Mais tout vient à qui sait attendre. Et ce ne sont pas les preneurs d?otages du ?Kwang Yung? qui nous contrediront. Patience et longueur de temps?
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