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Des méthodes musclées

15 novembre 2003, 20:00

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Certains policiers rivalisent d?ingéniosité et font preuve d?imagination pour forcer leur victime à avouer. Le palmarès revient à la Criminal Investigation Division de Curepipe. En 2001, le député Ivan Collendavelloo attirait l?attention de la Chambre sur 36 plaintes qui avaient été enregistrées contre cette unité entre septembre 2000 à avril 2001. « Il est évident qu?il y a un problème flagrant à la CID de Curepipe », fait-il remarquer.

Selon l?avocat Jean-Claude Bibi, de l?association Justice, la gifle reste le moyen le plus fréquent pour intimider les prévenus. « C?est devenu si commun que les gens croient que c?est tout à fait normal et légal pour un policier de distribuer des claques à la ronde. »

L?agression verbale vient ensuite. « Certains ont l?art d?insulter et de dénigrer les gens », assure Jean-Claude Bibi. « Il y a également cette façon particulière de tutoyer qui fait que les gens se sentent rabaisser. »

Les paroles insultantes, les propos orduriers semblent réserver à une classe sociale. « Les petites gens sans défense se font plus insulter que ceux qui viennent de milieux plus élevés », explique Me Dick Ng Sui Wa. « Le policier a une drôle de mentalité : il est condescendant devant les puissants, mais il est d?une cruauté incroyable envers les petits. »

Les agressions verbales vont jusqu?au chantage émotionnel, l?intimidation psychologique et le harcèlement. « Une façon de faire pression sur un prévenu, c?est de lui dire qu?on va arrêter sa femme ou ses enfants s?il n?avoue pas ce qu?on lui demande », explique Jean-Claude Bibi.

Au-delà des mots, il y a les sévices physiques. Tous les coups sont permis. Pour brouiller les pistes, on s?arrange pour que personne ne sache où se trouve le prévenu. C?est ainsi que soupçonné d?un délit commis à Grand-Baie, un prévenu se retrouvera dans une cellule de la station de Midlands. L?arrestation est souvent effectuée le vendredi après-midi, après l?heure de fermeture des caisses des tribunaux. Histoire de prolonger la garde à vue jusqu?au lundi.

C?est là, loin des regards indiscrets que commencent les choses sérieuses.

« Ce sont souvent des coups de règle sur la plante des pieds », raconte Jean-Claude Bibi. Les sévices prennent parfois un caractère sexuel. Cehl Meeah et Jean Nicolas St Marie, affirment avoir fait la triste expérience. « Mon client a eu des problèmes pour uriner », écrit Rama Valayden.

Un prévenu a été obligé de s?asseoir sur un bloc de glace. « Imaginer la douleur ressentie par la morsure du froid. »

Le livre Police Brutality in Southern Africa, publié par le Inter-African Network for Human Rights and Development mentionne le cas d?un constable et de l?État mauricien condamnés par la Cour suprême à payer des dommages à un prévenu en 1987. Six ans plus tôt, le constable avait emmené le prévenu au Police Dog Compound où il avait lâché son chien Othello sur lui.

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