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?Des leurres pour calmer la masse?
Lundi 20 août ? midi ? auditorium Octave Wiehe : le vice-chancelier, accompagné de ses collègues, accède à notre requête en acceptant de nous rencontrer et vient nous exposer la situation face à face. L?exposé sert surtout à énoncer et défendre les mesures récemment préconisées. Pour ceux ayant déjà lu l?entrevue accordée à ?l?express? et publiée dimanche dernier, réalisée avec le Professeur à ce sujet, la rencontre n?aura apporté aucune information supplémentaire sinon démontré que les étudiants de l?université de Maurice (UOM) sont perçus comme des moutons faciles à mettre en rang et à manipuler: notre droit à l?expression et à réagir nous est reproché et nos actions sont tournées en dérision. Interrogé sur les réels motifs des décisions prises, le Professeur Fagoonee ne répondra que par ?Très beau plaidoyer !?
Comme pour beaucoup d?autres, mon statut d?étudiante à l?UoM a jusqu?ici toujours été arboré avec fierté car, connaissant la valeur de l?éducation pour le peuple mauricien et la prestigieuse réputation de l?UoM, cette institution m?est toujours apparue comme la meilleure pour entamer mes études supérieures. Toutefois, sous tout cela est dissimulée une réalité face à laquelle beaucoup se voilent la face, expliquant le malaise qu?elle provoque lorsqu?elle est étalée au grand jour.
Une dissertation qui devra se faire à plusieurs, des cours qui se tiendront en dehors des locaux de l?université en groupes pouvant aller jusqu?à 250 ?
De nouvelles mesures qui semblent faire réagir tout le monde sauf la majorité de ceux concernés. Cependant, l?UoM possède fort heureusement un syndicat qui a pu se faire entendre et qui travaille de son mieux vers une solution. La réunion organisée avec le ministre de l?Education dans l?après-midi de ce lundi 20 août en témoigne. Toutefois, les décisions qui en sont ressorties apparaissent comme des leurres ayant pour principal objectif de calmer la masse - ce qui a, a priori, abouti. Si on est honnête envers soi-même, l?on se rend compte qu?aucune solution, en tant que telle, n?a été apportée réellement. Une rentrée renvoyée et des décisions majeures communiquées quelques jours avant la reprise attendue des cours, sans qu?il ait été jugé utile de consulter étudiants et/ou lecturers, sont des faits suffisants pour illustrer les soucis existant au sein de l?UoM. Concernant la dissertation, l?argument sur le côté positif du travail en groupe n?est en aucune manière remis en question. C?est la contradiction entre le but et le mode proposé pour le faire qui l?est : une analyse aussi approfondie représente l?aboutissement tangible du programme d?étude que chaque étudiant à décider de poursuivre à l?UoM et ce texte, une fois fini, fait quelque part partie de lui car il aura donné de sa personne pour le rédiger. Avoir à le faire avec deux autres camarades de classe ramène l?exercice à un travail pratique plus ou moins similaire à celui qu?il aura fait à multiples reprises au cours de ses années d?études. Si le ministre a affirmé que la dissertation en groupe ne serait pas imposée, qui dit que l?an prochain le même problème ne surgira pas encore ?La réalité parle d?elle-même - nous faisons face à beaucoup de problèmes. Toutefois, certains ne se sentent toujours pas concernés par ceux-là et attendent de voir ce qui va se passer en espérant que quelqu?un, ici-bas, pourra faire bouger les choses.Un ?sit-in? a été annoncé depuis une semaine et pourtant, lundi dernier la majorité feignait de ne rien savoir et ne voulait rien comprendre.
Qu?en sera-t-il du ?sit-in? prévu lundi prochain ?
Anaïs VEERAPATREN Etudiante en BA (Hons) Law and Management (3e année)
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