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Des inspecteurs sanitaires accusés de laxisme
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Des inspecteurs sanitaires accusés de laxisme
L?inspectorat sanitaire et le contrôle qu?il doit exercer auprès des commerçants suscitent des interrogations. Au ministère de la Santé, comme pour certains responsables de bureaux sanitaires, c?est la colère.
Les récentes découvertes de colorants pour vêtements dans les aliments ont relancé le débat sur ce qu?au ministère l?on qualifie de «laxisme». Les résultats d?analyse de certains aliments (épices, «bonbons lapins», pistaches) qui ont fait l?objet d?enquêtes seront connus aujourd?hui.
Une tournée à la gare Victoria à Port-Louis, ou à proximité de la gare routière de Curepipe, démontre en effet ce «laxisme» : l?absence de conditions d?hygiène pour la vente d?aliments est flagrante.
Un haut cadre sanitaire à la retraite et un haut fonctionnaire à la Santé lèvent le voile sur les contraintes. L?ex-cadre sanitaire avait même porté à la connaissance du défunt Economic Crime Office certaines pratiques d?inspecteurs sanitaires.
<B>Volailles en cadeau</B>
Le haut fonctionnaire exaspéré crie sa frustration : «Comment voulez-vous que le dossier de la santé publique progresse quand, lorsque vous demandez à un de vos subordonnés d?aller dresser une contravention, il prévient le marchand avant d?aller sur les lieux ?» Ainsi, à l?arrivée de l?inspecteur, les produits frauduleux ont disparu. «En contrepartie, le subordonné a touché un pot-de-vin», ajoute le fonctionnaire.
Il fait aussi état du cas de ceux qui opèrent sans permis : à titre d?exemple, l?éleveur de poulet sans autorisation se contente de remettre quelques volailles en cadeau à l?inspecteur et l?affaire s?arrête là. Dans un cas, un haut cadre actuel a été sanctionné d?une suspension de trente mois. Un tôlier de Curepipe avait détecté un corps étranger dans une bouteille de jus. Il a porté plainte au bureau sanitaire mais des fonctionnaires ont négocié avec le fabricant et ont été payés en nature.
Ces pratiques ont toujours irrité l?ancien haut cadre sanitaire qui a été un des rédacteurs du Food Act : «En rédigeant la loi, la philosophie était de durcir la ligne et de mettre de l?ordre. Mais aujourd?hui, c?est une farce.» Il ajoute que même quand les inspecteurs sanitaires dressent des contraventions, il n?y a jamais de volonté politique pour aller jusqu?au bout : «Les pressions sont fortes. Du coup, les inspecteurs qui veulent mener un vrai combat doivent à chaque fois faire marche arrière.»
En juin dernier, avant l?affaire des «bonbons lapins», des sucreries ont été saisies. Des enfants de Flacq avaient été hospitalisés après en avoir consommé. Les analyses effectuées révèlent un taux élevé d?acidité, mais dans les normes. Toutefois, l?étiquette de la friandise est contraire à la loi.
Les informations qu?elles contiennent ne sont ni en anglais, ni en français, mais en une langue asiatique. Malgré cela, tous les bonbons saisis ont été rendus aux commerçants.
<B>«Faire des tests»</B>
Le haut cadre à la Santé s?insurge : «Alors que tous les pays ont banni l?importation et ont saisi tous les produits, nous ne faisons que bloquer les produits à la douane. Qu?en est-il de tous ces biscuits, bonbons ou chocolats fabriqués à partir de lait chinois ?»
Malgré ce contexte peu reluisant, Sylvio Tang, ministre de la Protection des consommateurs, se veut rassurant : «Nous ne voulons pas créer de psychose. Il y a un problème et pour ne pas céder à la panique générale, nous préférons faire des tests avant de nous prononcer.»
Des articles de presse ont mis en cause les chocolats Cadbury qui auraient été fabriqués à partir de lait chinois. Le ministre en a rencontré les importateurs qui ont donné l?assurance que ces produits sont fabriqués en Afrique du Sud. Le lait chinois n?a pas été utilisé pour la fabrication, ont-ils déclaré.
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