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Des infirmières mutilées dans un asile de Pau

20 décembre 2004, 00:00

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Cinq personnes étaient en garde à vue hier matin à Pau après la découverte des corps mutilés de deux infirmières dans une unité psychiatrique de l?hôpital de la ville, a-t-on appris de source proche de l?enquête.

Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, qui a rencontré samedi le personnel du Centre hospitalier des Pyrénées ainsi que les familles des deux victimes, a présidé hier après-midi une réunion de crise au ministère. Il a précisé avoir téléphoné au ministre de l?Intérieur, Dominique de Villepin, pour ?poser le problème de la sécurité que nous pouvons avoir (...) dans les hôpitaux psychiatriques?.

Quatre hommes âgés de trente à quarante ans ont été interpellés rapidement après la découverte des corps, samedi matin. Un cinquième a été arrêté et placé en garde à vue samedi soir, a-t-on précisé de source proche de l?enquête. ?Il n?a rien à voir avec les autres. C?est le personnel de l?hôpital qui l?a signalé à la police?, a-t-on ajouté de même source.

Les quatre premiers interpellés sont des marginaux, connus de services de police pour des ?faits d?alcoolisme?. Ils avaient été arrêtés à la suite de plusieurs appels téléphoniques anonymes alors qu?ils se trouvaient tous les quatre dans un appartement de Pau, a-t-on précisé de source judiciaire.

?Nous n?excluons aucune hypothèse, nous procédons à toutes les vérifications. Rien ne permet en l?état de dire que ces personnes sont en relation directe avec les faits?, a expliqué le procureur de la République de Pau, Eric Maurel, lors d?une conférence de presse samedi.

Les corps des deux femmes ont été retrouvés samedi matin, l?un décapité, l?autre poignardé au cou, dans un pavillon du Centre hospitalier des Pyrénées, spécialisé en psychiatrie. L?équipe médicale qui venait prendre la relève samedi matin a constaté des traces d?effraction et de sang sur une fenêtre du pavillon accueillant une vingtaine de malades âgés. Le personnel a appelé la police qui a découvert la macabre mise en scène dans une salle de détente du pavillon et dans un couloir.

Selon une source médicale, l?une des infirmières a été décapitée. Sa tête avait été posée sur un poste de télévision. L?autre corps a été découvert un peu plus loin. Il portait les traces de nombreux coups d?arme blanche dans le cou.

Philippe Douste-Blazy s?est longuement entretenu avec les familles des victimes au centre hospitalier en milieu d?après-midi. Auparavant, Il avait rencontré une centaine de membres du personnel sous le choc. ?Ce qui s?est passé ici est à la fois inqualifiable, scandaleux, horrible?, a-t-il déclaré à la presse. Il s?agit ?certainement? de l?acte de quelqu?un «de très malade?.

Dans un communiqué, l?Association des médecins urgentistes de France (AMUF) se dit ?révulsés par l?horreur des faits qui se sont produits à Pau? et affirme qu?elle ?ne laissera pas les gens qui se dévouent dans leurs métiers de soignants, sanitaires et sociales, mourir dans l?indifférence?.

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