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Des héros humbles et généreux
«Premie zafer mo pou fer kan mo rant Maurice se manz enn bon minn frir! », déclare Jonathan Chimier en s’esclaffant, vendredi. Au village des jeux d’Athènes, il savoure le bonheur d’être le premier Mauricien à s’être classé 10e à la finale du saut en longueur.
On le sent euphorique, planant encore sur un petit nuage. Ses pensées s’envolent vers ses compatriotes : « La prochaine fois, si Dieu le veut, je comblerai leur désir. » Il est comme ça, le sauteur de Tranquebar, généreux, sensible et surtout persévérant. «Zame li pa finn les lantrenman tonbe », confirme Ketty Paul, une ancienne athlète.
L’ambiance est électrique, ce jeudi, sur le terrain de basket de l’école Guy- Rozemont, où les habitants de Tranquebar se sont réunis pour regarder la compétition sur écran géant. Dans la foule, ses amis d’enfance se souviennent de leur « héros ». Jean-Noël Mandarin raconte les interminables parties de bille avec Jonathan, où ce dernier partait toujours fâché. Alors, pour prendre sa revanche, il le défiait à la course à pied qu’il remportait aisément. Plus tard, au collège Bhujoharry, il était connu comme « l’homme à la Bible ». « C’était le plus croyant du bahut», raconte un autre.
Jonathan a toujours eu le goût des défis, lance Pascale Christome, sa cousine. « Un jour, il a voulu parier qu’il pouvait fixer le soleil. Il l’a fait jusqu’à ce que les larmes lui viennent aux yeux… »
Générosité et simplicité. Ce sont, pour les habitants de Cité Mangalkhan, les principales qualités de Stéphan Buckland, finaliste au 200 mètres. Quand il est à Maurice, la maison déborde de visiteurs qui viennent le saluer. « Il nous le rend bien», affirme Nicolas Baungally. L’athlète est, en effet, très actif au sein de la cité où il souhaite créer une école d’athlétisme. Les jeunes l’adorent. « Pour eux, c’est un exemple. » Il veut aussi redorer le blason du Club de Mangalkhan, laissé à l’abandon ces derniers temps. « Nous le soutenons pour cela, pour tout ce qu’il fait pour nous. »
Thérèse Hypolite, sa grand-mère traduit bien le sentiment des habitants. « Mem si li pann gagn meday, nou fier nou Téfan. »
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