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Des grincements de dents se font entendre

11 juin 2004, 20:00

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«Le budget ne contient pas suffisamment d?incitations aux secteurs productifs traditionnels pour dynamiser l?emploi et l?investissement. Mais en même temps il y a eu beaucoup d?efforts en faveur des petites et moyennes entreprises (PME)», constate Ariff Currimjee, président du JEC. L?état-major des organisations du secteur privé réuni hier soir à la Plantation House à Port-Louis dissimulait mal son inconfort par rapport à certaines mesures clés du budget. Les divers représentants s?étaient donné rendez-vous pour un premier commentaire sur le budget.

On comprend bien que l?introduction d?une Alternative Minimum Tax (AMT), soit mal digérée par les grosses sociétés en particulier. L?objectif du gouvernement est de frapper au moyen de cette nouvelle taxe les entreprises profitables qui, aux yeux du gouvernement, ne réinvestissement pas suffisamment leurs bénéfices. «Il s?agit là d?un mauvais signal. Cela va à l?encontre de la volonté du gouvernement de promouvoir l?entrepreneuriat», constate Ariff Currimjee.

De son côté, le directeur du JEC, Raj Makoond, trouve que cette nouvelle politique de la taxe corporative ne va pas dans le sens d?une intégration et d?une harmonisation de la fiscalité directe frappant les compagnies.

La décision d?imposer une charge aux touristes qui débarquent à Maurice (Tourist Arrival Fee) est également décriée. Le ministre des Finances propose des frais de 20 euros pour les adultes et de 10 euros pour les enfants âgés de moins de 12 ans. Pour Arnaud Martin, président de l?Association des hôteliers et des restaurateurs de l?île Maurice (Ahrim), cette mesure intervient à un moment très inopportun. «Nous sommes dans une situation de zéro croissance, et voilà que l?on nous impose une taxe, dit-il. Le gouvernement ne se donne pas les moyens de ses ambitions. Le budget de promotion n?est pas suffisant. L?offre des chambres va connaître une hausse de 8 à 10 %. On ne se donne pas les moyens de dynamiser le tourisme.»

Le JEC s?inquiète beaucoup de la situation budgétaire. « Il y a des méthodes pour mieux gérer les dépenses, tel le Medium term expenditure framework. Toutefois, les dépenses restent élevées», affirme Raj Makoond.

Autre grief des représentants du monde des affaires, le « renforcement des contrôles en général sur les entreprises ». Certaines prérogatives accordées au ministère du Commerce dans le budget ne sont pas au goût du JEC.

Cependant, l?organisation du secteur privé a trouvé très positive l?impulsion aux PME. Le JEC a longtemps plaidé en faveur des initiatives plus audacieuses en faveur de cette catégorie d?opérateurs, qui emploient 40 % de la main-d??uvre locale.

D?autre part, les business leaders se réjouissent de la volonté renouvelée du gouvernement de déclarer la guerre aux tracasseries administratives. La simplification des procédures pour l?obtention des différents permis et la refonte du Board of Investment devraient contribuer à améliorer le climat des affaires dans le pays.

Le JEC juge aussi favorables les premiers pas en faveur de la réforme de la pension de vieillesse. « Ce budget contient un élément social très fort. Il est très justifié de protéger les groupes les plus vulnérables de la société », commente Ariff Currimjee.

<B> «PRENDRE AUX RICHES?» </B>

Des cabinets-conseil ont également livré hier soir des commentaires sur le discours du budget. Les consultants de KPMG estiment que l?exercice budgétaire de cette année vise à amener plus d?équité dans la distribution de la richesse. Ils mettent l?accent sur l?aspect « prendre aux riches pour donner aux pauvres » du budget. Parmi les moyens pour parvenir à cet objectif, KPMG note que le gouvernement utilise la fiscalité directe, l?actionnariat populaire, dont les plans d?employee share ownership pour toutes les catégories d?employés.

Le cabinet accueille avec satisfaction les réformes institutionnelles et la politique de formation. Il estime que les fondamentaux de l?économie sont appelés à s?améliorer avec des indicateurs macroéconomiques qui sont au vert : réduction du déficit budgétaire, l?inflation en baisse, surplus du compte courant de la balance des paiements?

<I>«Nous sommes dans une situation de zéro croissance, et voilà que l?on nous impose une taxe. Le gouvernement ne se donne pas les moyens de ses ambitions. Le budget de promotion n?est pas suffisant.»</I>

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