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des femmes et des battantes
Les filles réussissent mieux à l?école mais, paradoxalement elles ont encore beaucoup de mal à s?imposer dans les hautes sphères de décision. Le dernier rapport de PricewaterhouseCoopers intitulé Women at executive level in Mauritius vient faire le point sur la situation. Le constat qui s?impose, c?est que les femmes restent souvent cantonnées à des postes de Clerks ou à des niveaux de Plant & Machine Operators. Si 30 % des femmes qui travaillent dans la fonction publique sont postées à un senior staff level, dans le privé on n?en dénombre que 5 %. Comment expliquer cette disproportion ? Où sont les femmes ?
Le débat sur la parité date de longtemps. « L?histoire du travail des femmes est faite d?avancées et de retours en arrière, de contradictions et d?incohérence » affirmait une sociologue française. Anushka Virahsawmy-Coy, Tutor à l?IVTB, considère qu?il n?est pas facile de bousculer l?establishment masculin. «Les hommes ont pris tellement de place qu?on doit se battre beaucoup pour les faire bouger et se frayer un chemin. » Elle ajoute néanmoins qu?il y a là aussi un effet de génération : « Les femmes sont entrées dans le monde du travail beaucoup plus tard que les hommes. »
Les réflexions de Sheila Bapoo, ancien ministre des Droits de la femme, vont dans le même sens. Elle a d?ailleurs mené en personne plusieurs campagnes de sensibilisation pour que le potentiel des femmes soit reconnu. « Il ne suffit pas de mettre des lois noir sur blanc, il faut une action de longue haleine pour changer les mentalités, car même si tout le monde reconnaît que la femme a sa place dans la société, cette dernière est restée très machiste. »
Dépasser le concept de domination des mâles
Vandana Nathoo, boursière d?État et Manager Main Branch de la HSBC, croit en l?avenir. « Chez nous sur un total de onze, on compte neuf femmes Branch Managers. C?est vrai que dans le Top Management, il n?y a pas de femmes. Mais ça viendra avec le temps. Ce qui compte, c?est que les compagnies embauchent les employés en fonction des compétences. »
Raj Mathur, professeur à l?université de Maurice, avance de son côté que pour qu?il y ait un changement de mentalité, il faudrait d?abord que notre parlement serve de modèle. « Tout doit commencer par la politique. Pour un pays démocratique, ça fait tache de n?avoir que quatre femmes sur 70 parlementaires. » Il conteste par ailleurs toutes les lois qui veulent établir une discrimination positive envers les femmes. Il est d?avis que les femmes et les associations féminines doivent se battre pour améliorer leur statut dans la société. « C?est la mentalité qu?il faut changer. Il y a des femmes extrêmement compétentes qui peuvent même accéder au poste de Premier ministre. Il faut dépasser ce concept de domination des mâles. »
Par ailleurs, on sait qu?il y a beaucoup de femmes qui ont préféré lancer leur propre entreprise. D?autres sont à la tête de grosses boîtes et elles n?ont pas eu à dépendre de qui que ce soit pour gravir les échelons. Elles galèrent, mais elles ont l?occasion de faire leurs preuves.
Il faut donc beaucoup de Jeanne d?Arc pour démocratiser les sphères masculines et les femmes ont encore du chemin à parcourir pour faire valoir leurs droits.
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