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Des dérapages du MMM au condamné à mort de Jésus
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Des dérapages du MMM au condamné à mort de Jésus
Il y a 25 ans, les lecteurs de l’express n’ont pas dû croire leurs yeux. Leur journal préféré titre en une : Bérenger l’avoue ! Des remous, des dérapages, des divisions, existent au sein du MMM, à la suite des événements d’août 1979. Pas possible ! Et pourtant les autres titres le confirment. Il y a même des dérapages à droite et des dérapages à gauche, des dérapages ultra-révolutionnaires suivis d’autres ultra- réactionnaires, pour ne pas dire anti-trotskistes. Preuve s’il en faut une que le vocabulaire de mai 1968 a toujours cours. Des tracts révolutionnaires circulent exigeant un débat sérieux à l’intérieur des instances mauves. A la violence de l’Etat veut répondre une violence révolutionnaire. Dans le Sud, des militants adoptent même un langage patronal, sans toutefois se faire les chantres de la bonne gouvernance. Heureusement que le Parti a déjà adopté une nouvelle constitution, permettant de “décourager les actes d’indiscipline et d’organiser des débats sans tomber dans l’hystérie, dans le clash des personnalités, dans l’insulte”. Et cela a dû chauffer dans certaines cellules.
Henri Souchon n’avoue aucune souchonnerie. Cela ne l’empêche pas d’être pris à partie. Son dernier flagrant délit : à la suite de la mutinerie à la prison de Beau-Bassin et de la brutale répression manu militari qui s’ensuivit, le curé de l’Immaculée Conception invite quatre anciens pensionnaires de la prison centrale, dont Mario Flore (détenu politique), et leur demande de témoigner des conditions carcérales avant d’inviter la congrégation à prier pour tous les hommes ayant besoin du réconfort divin, prisonniers compris. Les réactions ne manquent pas sans tomber dans les dérapages verbaux militants. Un détracteur s’écrie même : Tuez, violez, volez, et le Royaume de Souchon sera à vous ! La réponse chazalienne ne tarde guère. Les prisonniers gênent la bonne société. Elle les relègue dans un coin carcéral. Un coin pour les prostitués. Un coin pour les lépreux. Un coin pour les malades mentaux. Un coin donc pour les prisonniers. Un coin pour qu’on les oublie. Les vieux n’apprécient guère qu’on dérange leur berline, leur whisky, leur maîtresse. Les jeunes disent : pas touche à ma moto, à mon disco, à mon porno ! Henri cesse de mettre en scène des taulards ! Mais, répond-il, mon Maître fut aussi un prisonnier. On l’a même condamné à mort et exécuté entre deux récidivistes endurcis.
Henri Souchon a d’autant raison que l’actualité accorde une large place à Serge Victorine, un détenu retrouvé mort dans sa cellule. “Banne-là ine trop batte li !” disent les méchantes langues. Il est même question d’une exhumation afin de faire, enfin, une autopsie. Le premier d’une longue série. Le premier d’un douloureux martyrologe.
Pas de dérapage non plus au niveau de la balance commerciale mais il devient urgent de rétablir son équilibre. On ne badine pas, en 1979, avec ce déséquilibre ni avec l’épuisement des réserves en devises étrangères. Il est même question de rationnement de l’essence, de restriction à l’importation du textile (Rs 291m en 1978) et de pouvoirs accrus du ministère des Prix. Des quotas frappent déjà l’importation des voitures (Rs 162 millions en 1978), de l’électroménager, de l’audiovisuel. Ils seront maintenus. Les voyageurs auront droit à une allocation (chèques de voyage) de £400 tous les deux ans. Le prix du gallon d’essence pourrait passer de Rs 15 à Rs 18.40. Du même coup, on combat le parking sauvage. On demande au parquet s’il est permis de remorquer les véhicules mal garés aux Casernes centrales.
Pas de dérapage dans le port mais le torchon brûle toujours entre les employeurs et Hurryparsad Ramnarain, président de la Marine Authority. Ce dernier n’hésite pas à critiquer la productivité patronale. Les employeurs donnent un sévère avertissement et menacent de remettre en cause la garantie d’un salaire mensuel si la productivité des employés ne s’améliore pas sur le champ.
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