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Des défis financiers mondiaux pour 200
Dans son rapport sur la stabilité financière mondiale, publié hier, le Fonds monétaire international (FMI) juge les risques pesant sur l’économie mondiale toujours modérés mais prévient que “plusieurs défis cycliques s’annoncent à l’horizon”. L’organisation internationale préfère en conséquence “nuancer les perspectives financières pour le reste de 2006 et au-delà”.
“La hausse des taux d’intérêt (liée à l’inflation) et des changements dans le cycle du crédit tant pour les entreprises que les ménages” figurent au premier rang des inquiétudes exprimées par les membres du conseil d’administration du FMI. “Le risque est toutefois atténué par le fait que la majorité des prêts hypothécaires sont à taux fixes et à long terme”, ajoute le rapport.
Le directeur du département des marchés de capitaux du FMI, Gerd Häusler, n’a pas contesté cependant la politique de taux d’intérêt des banques centrales, estimant que des hausses “sur lesquelles on communique convenablement ne perturbent pas le marché et, au contraire, réfrènent les prises de risques excessives des investisseurs”.
<B>“Un cocktail explosif”</B>
Gerd Häusler a aussi mis en garde contre le “pacte avec le diable implicite” consistant à encourager des ménages, mal informés des risques, à jouer sur les marchés financiers. “Une faible culture financière, alliée à une considérable prise de risques, est politiquement un cocktail explosif”, a-t-il estimé. Le Fonds ajoute dans son rapport les risques de guerre, d’attentats terroristes ou bien de forte baisse de l’offre de pétrole ou de gaz naturel, ainsi que le renforcement des tendances protectionnistes, aux facteurs négatifs. Le rapport souligne cependant que de “telles incertitudes sont difficiles, voire impossibles à quantifier”.
“Le déclenchement d’une épidémie de grippe aviaire, tout aussi impossible à quantifier, aurait des effets similaires”, précise l’organisation. Concernant les pays émergents, le FMI estime que “l’augmentation rapide de l’offre de crédit aux ménages dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, surtout pour les prêts hypothécaires” ainsi que le développement de la vente aux particuliers de produits financiers complexes représentent des sujets d'inquiétude. Le poids des crédits non performants dans le bilan des banques publiques chinoises et le manque de transparence dans l’octroi des prêts aux entreprises en Chine et en Inde sont également préoccupants, indique le rapport.
Dans le cas des économies émergentes d’Europe, “la croissance rapide du crédit, surtout en Europe de l’Est, sur fond d’expansion des banques étrangères qui se livrent à la concurrence pour acquérir des parts de marché représente le risque principal”, selon le FMI. “Les autorités ont pris des mesures comme l’augmentation des réserves obligatoires et des règles prudentielles plus sévères pour ralentir la croissance du crédit mais avec des résultats mitigés”, constate le rapport.
“Au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique, les prix élevés des matières premières sont le principal facteur” d’évolution avec notamment la hausse des prix du pétrole entraînant “une solide activité économique et une inflation du prix des actifs” dans les pays producteurs. “Une inversion de la tendance à la hausse des prix du pétrole pourrait avoir des conséquences négatives sur les systèmes financiers de certains de ces pays”, souligne le FMI.
© 2006 Le Monde –
(Distribué par The New York Times Syndicate)</B>
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